Un ange passe…

Le soleil s’invite dans le jardin, et les mots de Grand Corps Malade sur ma page. Je me laisse happer par le flot des événements qui débarquent dans l’existence sans que le temps les arrête. J’ai envie de calme, de repos, de paix. C’est fou comme on se fait envahir par les successions de moments sans toujours savoir calmer cette incessante cascade. Le temps coule entre nos mains jointes, dans le geste dérisoire qui nous pousse à le retenir. Je me dis que cette volonté que nous avons, et qui trop souvent se heurte à des habitudes trop bien ancrées, la maladie vient parfois y mettre bon ordre. Car nous avons quelquefois trop peur de chambouler ce que l’on connaît, et seul, le mal a dit qu’il était temps de s’arrêter. Comme si c’était la seule solution. Il faut alors prendre le message, et si ce qui nous tombe dessus nous plaque dans le quotidien d’une chambre, d’une maison ou d’un appartement, c’est que le repos nécessaire vient de loin, et qu’il a attendu longtemps pour s’inviter chez nous… Il est possible de faire autrement. De ralentir sciemment, même si l’exercice est celui du funambule sur son fil, qui requiert concentration et volonté, audace et courage, et puis aussi un poil d’inconscience. Les miracle morning sont là pour ça, mais eux-mêmes sont par moment trop lourds à suivre, matin après matin. Il faudrait simplement s’autoriser à s’agenouiller devant une fourmi qui s’active, prendre vingt minutes pour regarder la mésange qui fait son nid, se promener sans jeter l’œil sur la montre… Cela paraît si simple, et c’est pourtant un véritable travail, une bataille sans merci contre la course du temps qui s’affole. Aux armes, citoyens ! Battez-vous pour préserver les moments suspendus, ceux où la vie respire sans même se soucier de survivre, les temps où la nature sourit et le corps s’étire.

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