La source des choses qui te sont nécessaires

J’ignore s’il vous est déjà arrivé dans votre vie d’avoir un jour une phrase qui s’impose à vous. Une phrase venue de nulle part, et qui se répète en boucle sans qu’on sache pourquoi. Je dirais que cet assemblage de mots provient en fait de quelque part dans le ciel. Cela peut sembler bien ésotérique, mais c’est un peu ma croyance. Et pour ma part, j’ai déjà fait une telle expérience. Je ne me souviens pas du contexte. J’étais adolescente, je crois. Et cette phrase est tombée du ciel pour se déposer dans ma tête. Je ne l’ai pas comprise. « Je suis la source des choses qui te sont nécessaires ». Elle revient parfois me visiter, comme une vieille amie dont je ne me rappellerais jamais le nom. Et ce matin, en ouvrant le livre d’Eckhart Tolle, Le pouvoir du moment présent, elle est revenue se déposer dans mon esprit. Ce n’est pas un hasard. Je n’ai jamais vraiment cru à ce que l’on nomme hasard.

En réalité, je suis venue étudier le shiatsu par instinct, davantage que par réflexion. Une force me poussait à choisir cette voie pour pouvoir, comme j’avais besoin de le faire, accompagner les gens qui luttaient pour leur santé. C’est une approche par le toucher, qui me semblait indispensable. Lorsque j’ai fait du bénévolat en soins palliatifs, à l’hôpital de Maisonneuve de Montréal, j’avais alors décidé de devenir infirmière, tout en estimant que je ne pourrais y arriver que si je n’avais pas une peur panique de la mort. Il me fallait savoir si la mort, je pouvais l’affronter avec le malade. Accompagner ce dernier signifiait en effet pour moi aller au bout de ce qui l’attendait, en restant à ses côtés sans peur. Et je me souviendrai toujours de ce moment incroyable où je me suis posée à côté d’une femme qui devait mourir quelques heures plus tard. Spontanément, j’ai glissé ma main dans la sienne. Elle était allongée, les yeux fermés, sans plus de force pour les ouvrir ou pour communiquer. Et moi, debout près d’elle, lui tenant la main comme si c’était alors la chose la plus importante au monde. Après un long moment en silence, j’ai voulu partir, lâcher sa main. Elle m’a demandé de rester. Pas par la voix, elle n’en avait plus l’énergie. Mais elle m’a supplié du bout de ses doigts amaigris par la maladie. Une supplique silencieuse qui m’a fait rester un peu plus longtemps. Pour simplement être présente à ses côtés à ce moment là. J’en ai gardé la conviction que quelque chose se joue par le toucher, qui dépasse de loin les frontières du physique. Que le simple fait de toucher une personne permet d’accéder à une part invisible d’elle. Dès lors, devenue infirmière en réanimation, j’avais pris cette habitude de garder dans ma main celle de mon patient lorsqu’il devait subir une intervention douloureuse, pour l’encourager. C’était mon moyen de l’accompagner dans la souffrance. Les patients comateux, je leur parlais, et je les touchais pour qu’ils sachent que, même du fond de cette inconscience éloignée de tout, j’étais là.

Si bien que lorsque le shiatsu m’a tendu les bras, je m’y suis lovée avec la conscience que je rentrais à la maison. C’était logique, évident, imparable. De fait, en 2017, je venais d’apprendre vaguement en quoi consistait cette discipline. Mais mon idée était faite : ce serait le shiatsu, rien d’autre. Et au fil de mon apprentissage, je réalise combien cette approche est riche d’un enseignement qui semble encore totalement abscond. C’est en effet une mise en lumière de ces forces invisibles qui se jouent dans chaque contact à travers les champs magnétiques, les liens spirituels avec la terre. Cela peut vite ressembler à des théories un peu folles mais lorsqu’on en fait l’expérience, la vie prend un autre éclairage. Je ne cherche à convaincre personne. Je sais seulement que mon intention, lorsque je cherche à soulager quelqu’un d’une douleur, joue un rôle aussi important que la façon dont je pose mes mains sur lui. De la même façon, entrer dans le champ énergétique d’une personne mal intentionnée me donne aujourd’hui des sensations physiques très frappantes. C’est une chose dont, pendant longtemps, je n’ai pas su me protéger, faute d’arriver à décrypter ces signaux. A présent, je fuis ces personnes et dernièrement, alors que je faisais des shiatsus à la Foire de Sainté, j’ai ainsi réalisé un shiatsu en 5 minutes à une personne chez qui je sentais des énergies malsaines, pour pouvoir écourter au maximum ce contact. Un jour peut-être, je serai même capable de dire non !

Je constate aussi le pouvoir du mental sur l’expérience. D’anticiper négativement ou positivement un événement va influer sur l’expérience qu’on en aura, et même sur son déroulement. C’est la raison pour laquelle j’ai souvent invité mes enfants, lorsqu’ils appréhendaient un moment à venir, à imaginer le « scénario idéal », afin d’aligner des énergies dans un sens positif. Une partie du monde visible nous échappe. Quelle est cette force mystérieuse qui m’a soufflé un jour « Je suis la source des choses qui te sont nécessaires ? ». Je l’ignore, mais je commence à comprendre d’où elle vient. Je sais que des choses inexpliquées interviennent parfois. Une histoire émouvante m’est arrivée, que je raconterai un autre jour, auprès d’une amie dans le coma. Nos paroles, nos pensées ont le pouvoir de transformer le monde. Il n’y a qu’à voir les effets d’une Greta Thornberg sur toute une génération, sur les dirigeants du monde. Elle se fait l’écho d’une vision du monde, d’une volonté de changement qui résonne chez beaucoup d’entre nous. Les mots ont de l’importance. L’énergie que l’on utilise ou que l’on dépense aussi. Il est crucial de le réaliser aujourd’hui, pour pouvoir enfin prendre la mesure de notre pouvoir sur le monde. Il est temps d’utiliser cela pour le changer et en faire un endroit où chacun aura sa place. Je vous laisse, il faut que j’aille travailler 😉

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