Le point de vue de la nana qui a un mec étudiant, une veille de concours

La lumière au bout du chemin !

Il reste une petite semaine avant le début du concours… Et la vie de la famille est transformée par cette perspective, au point que je me pose quelques questions… Que faire en effet quand :

– j’arrive dans ma chambre à toute heure du jour et (presque) de la nuit et que j’entends une mélopée interminable décrivant des noms de pathologies barbares, avec leurs symptômes réjouissants et les traitements ad hoc,

– je prépare des repas veggie et que soudain déboule dans ma cuisine l’étudiant qui réclame repas cochons et greasy food pour soulager ses neurones en implosion,

– cela fait 3 mois que j’achète du café et que mon étudiant le boit en déclarant, matin après matin, qu’il faut vraiment qu’il arrête et arrive à se sevrer de sa petite drogue parce que sinon, cata le jour de l’examen, il risque de finir scotché aux toilettes

– je prévois des fruits pour le dessert, et il se jette sur les crèmes glacées

– il allume le chauffage parce qu’il fait 15 degrés dehors, et se mettrait presque la tête dans le frigo pour apprendre ses cours dès que le thermomètre dépasse les 25°C

– en guise de préliminaires, j’ai droit à une petite conférence en ligne on the bed sur les troubles de l’érection ou le cancer des voies urinaires…

– je le vois barrer chaque jour sur son mur les jours qui le séparent de son examen comme le prisonnier avant sa libération

– il ne répond plus qu’aux sms portant des questions existentielles telles que : «c’est quoi le putain de nom de l’anticorps monoclonal qu’on utilise pour le cancer du sein ?? »

– il vous prend dans ses bras, vous embrasse tendrement, puis vous regarde dans les yeux, rêveur, avant de hurler : « trastuzumab ! Evidemment ! » (réponse à la question précédente…) grrrr…

– il caresse son chien en se répétant les effets secondaires des antipsychotiques et se met à faire pareil sur le chat, qui, le chanceux, a quant à lui droit aux signes associés à l’apparition des mycoses vaginales

– il se réveille en sursaut la nuit parce qu’il vient de rêver qu’il arrivait à l’examen en retard et qu’on fermait les portes de l’amphi devant lui (et de pousser un hurlement de loup garou un soir de pleine lune)

– les réveils sont de plus en plus compliqués : il se réveillait d’un bond à 6h il y a 2 mois, le mois dernier, on a sorti une poulie pour le tirer du lit, et depuis quelques jours, j’hésite à louer la grue…

Vous l’aurez compris, l’étudiant en médecine à la veille de passer le concours de l’ECN n’est pas dans son état normal, et il est très légèrement obsédé par cette perspective rieuse et transcendante… Au point que les symptômes qu’il exhibe (petits tics nerveux semblables à des TOC, potomanie, addiction à la caféine et à la bouffe grasse et sucrée, petites sautes d’humeur, comportements hypomaniaques précédant des phases de déprime) peuvent me faire penser qu’il pourrait bien finir sous calmants sous peu ! Alors je le soigne à coups de bisous et on attend que ça lui passe en croisant les doigts pour qu’il finisse, comme il en a fait son défi personnel, premier dans sa catégorie d’âge, et surtout finaliste dans la première moitié de tous ceux qui feront le concours !

 

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