Émeraudes et courants à Compass Cay

Compass Cay. Une horreur de chemin à faire entre les hauts fonds, navigation à vue sous peine de s’échouer sur les bancs de sable (ce qui nous avions recommencé hier et le matin même !). En fin de compte, on se trouve un mouillage près de la marina de Compass Cay, un endroit désert avec en toile de fond un bleu turquoise à perte de vue, coupé par le blanc crémeux des bancs de sable qui l’agrémente de nuances délicates. Camaïeu de saphirs, cyan, et émeraudes éclatants. L’endroit est à couper le souffle. Mais on se rend vite compte qu’un tel mouillage se mérite, entre hauts fonds, rochers et courant, et on s’y reprendra à trois fois pour l’ancrage, puisque le courant nous déportait plus encore que le vent ! À terre, la marina, toute petite, accueille des gros bateaux à moteur qui sont amarrés aux traditionnels pontons en bois entre les poutres hautes. Dans l’eau, on aperçoit des requins. Ici, ils sont les gardiens du coin, presque apprivoisés. Moyennant une somme de 8$ par tête de pipe, on peut se baigner avec ces prédateurs impressionnants, marcher sur l’île pour aller sur la magnifique plage en arrière, ou accéder à des bains à bulle naturels sur la pointe de l’île. Vu l’heure avancée, on se contente d’observer nos amis les ‘nurse sharks’ (requins infirmière, fallait l’inventer !) qui tournent autour du ponton d’où un local découpe des poissons pour les vider, nourrissant du même coup les requins. On fait aussi un tour à la plage qui débouche côté Atlantique. Splendide, recueillant les rouleaux de houle de l’océan dans lesquels les enfants se baignent avec délectation, et dotée d’un sable d’une finesse que je n’avais encore jamais touchée ailleurs. Un sable si doux qu’on dirait de la farine, et d’une blancheur de robe de mariée. L’endroit est très poétique, sous la lueur crépusculaire un peu laiteuse qui jette un voile pastel sur les choses et les gens.

Côté vie à bord, Anne semble apprécier le bateau, même si l’idée de se baigner dans une mer qui abrite raies pastenagues au dard méchant, ou requins dormeurs qui ne le font peut-être que d’un œil (dormir, bien sûr !), ça la fait un peu freaker out ! Mais elle tient bon et s’est mise à cuisiner avec bonheur des pains délicieux ! Les enfants quant à eux ne sont pas en reste, entre les cochons à câliner et les requins à redouter autant qu’à admirer… de loin ! Ils se sont récemment livrés à un mouchicide en règle à bord de Lam, le bateau étant infesté de ces bestioles volantes horripilantes. Alors ils ont choisi un moyen à leur portée : les pistolets à ventouse… Contre cette arme fatale, les mouches n’ont aucune chance ! Et Laé de venir benoîtement m’expliquer que « moi, j’ai tué deux mouches qui faisaient l’amour et qui faisaient des œufs ! Et même qu’après ça faisait du sang partout ! ». Joyeux programme, espérons seulement qu’ils s’en tiendront au meurtre de mouches harceleuses…

 

 

 

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Une réflexion au sujet de « Émeraudes et courants à Compass Cay »

  1. On croirait lire un roman…. mais c’est le vôtre!
    C’est bien, le temps d’une lecture, je voyage et rêvasse….
    Merci de partager ça avec nous.

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