L’île aux cochons nageurs!

Aujourd’hui, navigation plus tranquille jusqu’à Staniel Cay. En route, nous pêchons deux barracudas. Le premier s’échappe (on a décidément pas encore le coup de main). Le deuxième se fait remonter, il fait un bon mètre de long, mais on lui ôte l’hameçon du bec, à cause du risque de ciguatera, la fameuse toxine que les gros prédateurs comme notre ami à écaille accumulent et qui peut avoir des répercussions malheureuses sur le système neurologique des piscivores ! Bref, chou blanc, mais on est pas mal fiers d’arriver enfin à pêcher !

Staniel Cay. Premier échouage sur un banc de sable, petit stress, mais on s’en sort en utilisant le génois pour se bouger de l’endroit. La marina est adorable, entourée de pontons surélevés sur des poutres qui doivent absorber la montée des eaux lors des ouragans. Petites maisons en bois de couleurs vives au bord de l’eau. À terre, d’autres maisonnettes proprettes en bois peint, ça sent la richesse tranquille, de petites pancartes peintes nous indiquent directions et commerces. C’est joli, la mer au loin a des teintes improbables de bleu saphir et de turquoise clair sous le soleil. On a encore froid en raison du vent, mais l’endroit est si beau… On se dépêche d’aller au supermarché local faire quelques emplettes. En guise de grand magasin, on se retrouve dans une pièce de taille modeste, avec quelques étagères où s’empilent des denrées en nombre limité et à prix d’or… On se ruine donc, sous l’œil indifférent d’une madame locale d’un âge certain qui ne s’émeut pas de nous entendre pousser des cris d’indignation en voyant le litre de lait à 5$ ! Petite escale heureuse au yacht club de l’île, dont le resto nous sert des hamburgers délicieux que nous dévorons voracement : il est quand même plus de 15h et nous n’avons rien mangé à midi ! Le soir, nous filons à l’île aux cochons pour une surprise de taille. Là-bas, nous avait-on dit, vous verrez des cochons nageurs ! Allons-y donc !

Les cochons nageurs étaient cachés, lorsque nous sommes allés nous amarrer au bord de la plage. Qu’à cela ne tienne, les enfants ont tôt fait d’embarquer sur le kayak avec quelques vieux morceaux de pain en guise de présent. On les suit de près, sur le dinghy. À peine ont-ils mis le pied à terre qu’une armée de cochons sauvages, d’une taille honorable pour certains, se précipite sur nos moussaillons ! On débarque rapidement pour les aider à se débattre contre les groins affamés qui les assaillent littéralement avec des gémissements et des cris de frustration des petites et grosses bestioles. On sort les pains, qu’ils avaient déjà senti depuis un bout, et ils se jettent dessus comme la misère sur le pauvre monde ! On rit, les cochons sont vraiment jolis, les enfants sont comme des fous, et Ben manque de se faire mordre par un cochon entreprenant… Après quelques minutes, quand ils s’aperçoivent qu’on a plus rien à leur donner, ils se mettent à trottiner vers leur abri favori, ou bien se mettent à marcher à droite à gauche. Des bébés arrivent, adorables petits babes qu’on fusille de photos, avec leur petite queue en tire-bouchon et leur poil rêche qu’on essaie de caresser. Finalement, au soleil couchant, on assiste à la touchante scène qui réunit ces énormes bêtes, avachies sur le sable, et les petites mains de nos enfants, agenouillés auprès d’elles, et qui caressent avec bonheur l’épiderme épais de ces bestioles pacifiques. C’est tellement adorable, les enfants sont parvenus à émouvoir ces animaux qui semblaient si agressifs à notre arrivée, et qui semblent à présent totalement domestiqués !

Le lendemain matin, dès la première heure, Laé passe la tête par la porte de notre cabine : « Les parents, dites, est-ce que je peux prendre le kayak pour aller voir les cochons ??? ». Et les voilà repartis tous les trois pour aller retrouver ceux qu’ils ont désormais baptisés « Capucine, Pepsi, Capuce noir, Capoin» et tous les autres. Chacun s’en est trouvé un préféré et lui colle aux sabots ! Plus tard dans la matinée, alors que les mousses prennent leur petit déjeuner, un bateau rempli d’américains en vacance nous dépasse. Ils nous demandent où sont les cochons, on leur indique donc la plage, et ils mouillent juste à côté. Sur un kayak, ils vont voir de plus près nos nouveaux amis mais, surpris par les ébats pré-repas de ces animaux énormes, ils font demi-tour en vitesse à coup de pagaie effrayés! Les enfants rient en les voyant, et ne tardent pas à retourner voir leurs amis à poils. Un peu par bravade, histoire de montrer à ces touristes qu’ils n’en ont pas peur, eux, des cochons nageurs ! Comme de fait, les américains, rendus en sécurité sur leur gros bateau, regardent aux jumelles les enfants faire des mamours aux animaux qui viennent de leur fiche une grande frousse et ils rient comme des fous de leur réaction, admirent peut-être aussi un peu le culot de cette bande d’enfants qui ont apprivoisé les grosses bébêtes ! Juste avant que nous repartions pour la prochaine île, d’autres touristes sont arrivés en bateau et se sont arrêtés à quelques dizaines de mètres de la plage. Les cochons sont alors allés les rejoindre en nageant ! Ils sont venus quémander la nourriture, concurrencés par les sternes habiles qui volaient autour du bateau pour aller choper en vol les morceaux de pain que les gens jetaient aux cochons. Deux cochons sont allés jusqu’à nager vers Lam, à notre grand étonnement, compte tenu de la distance couverte ! Ça nage drôlement bien, un cochon !

 

Puis nous profitons du beau soleil pour aller faire du snorkeling a Thunderball cave, la grotte qui a servi de décor au James Bond du même nom. Un super souvenir pour enfants et parents que de plonger dans le tunnel pour ressortir dans la grotte, illuminée de puits de lumière, une eau d’un bleu incroyable. Et des milliers de poissons qui nagent dans le courant et se promènent d’un rayon de lumière a un autre. Au final, un spectacle de toute beauté. Avec Staniel Cay, notre excursion dans les Bahamas trouvent leur justification. OK, par rapport au Caraïbes on trouve l’eau un peu froide (24 degrés au lieu de 28), mais les paysages sont vraiment différents et le dépaysement total.

 

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