Ce que le yoga m’a enseigné

Cela fait des années que je le pratique. Et long a été le chemin qui m’a amené à comprendre tous les bienfaits du yoga. Il y a toujours la théorie, celle qui est dispensée par les professeurs ou dans les livres. Mais rien ne remplace la réalisation physique de ce qui est donné.

Yoga signifie « union » en sanskrit. Union du soleil et de la lune. Du corps et de l’esprit. C’est le souffle qui réalise ce lien entre le corps et l’esprit.

Par le yoga, le corps aide l’esprit. J’arrive devant le tapis émotionnellement épuisée ou physiquement éprouvée. J’éprouve d’ailleurs une résistance terrible à me mettre à faire les postures, à dégager ce temps hors du flot des tâches quotidiennes, des moments passés avec ma famille. Mais je me pousse à le faire car je sais ce que je viens chercher là. Je débute ma séance, l’adapte à mes capacités du moment. Souvent, les gens pensent que l’enchaînement des postures, la façon de faire sont immuables. Mais le yoga est vivant, il s’adapte à ce qui lui est proposé. J’arrive sur le tapis exsangue, alors je décide d’aller lentement, de tenir les postures avec distance et douceur. Et lorsque à l’inverse j’ai l’énergie qui semble vouloir sortir des pores de ma peau, j’enchaîne les postures rapidement, en me réjouissant du mouvement qui accompagne si bien mon état d’esprit. Doucement, chaque fois, mon attitude change. Les idées noires s’éclaircissent pour laisser la place à de la détente, à la sensation de joie vibrante d’être en vie, sans douleur, avec une respiration qui fonctionne sans peine. Chaque fois, c’est un peu une renaissance, je reprends contact avec ce moi distendu, tordu par la vie et qui reprend sa forme.

Par le yoga, l’esprit aide le corps. Tenir une posture est un exercice parfois complexe. Il faut créer des étirements sans aller jusqu’à la douleur. C’est parfois inconfortable. On utilise alors la respiration pour aller détendre, tranquillement, des zones du corps qui ne demanderaient qu’à se contracter au risque de provoquer la douleur. Mais non. Je lance un souffle à la fois, histoire d’aller chercher la détente dans chaque partie sollicitée. J’y vois une belle métaphore de ce qui fait notre vie au jour le jour. Elle qui apporte son lot d’obstacles, de contraintes, de problèmes à gérer, de souffrances à affronter. La bonne attitude, c’est celle de Sirsasana : la posture sur la tête. C’est la posture de la peur, car elle oblige le yogi à faire reposer son corps sur sa tête et ses coudes. La maîtriser, c’est apprendre à voir la vie à l’envers, et surtout à faire face à ces difficultés qui ne manquent jamais de s’élever. Alors le souffle vient pacifier tout cela, lui qui enseigne au corps à ne pas se tendre quand la posture devient plus difficile. Apprendre à relâcher les tensions lorsque gronde la tempête, c’est se laisser respirer au cœur de la tourmente. C’est aider le corps grâce au travail de l’esprit. Et soutenir l’esprit par le relâchement du corps, c’est aussi ainsi qu’une femme qui accouche peut arriver à maîtriser, par elle-même et sans médicaments, la douleur de l’enfantement. L’esprit qui soutient le corps.

C’est finalement la plus jolie leçon de cette pratique: la force que l’on tire de soi lorsque l’on est confronté à des épreuves, elle existe bel et bien. Et il est possible de la mobiliser dans le sens qui nous permettra de surmonter ce qui arrive. Tout en douceur, en relâchement et en exigence par rapport à notre corps et notre esprit. Un souffle à la fois.

 

 

 

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