O Canada!

Canada_flag_halifax_9_-04J’étais en train de regarder un de ces bons vieux films à la sauce américaine, un peu romantico-sympatique et surtout pas fatiguant. Et puis j’ai décidé d’arrêter un moment le film pour vous écrire dessus. Ça raconte l’histoire d’un gars qui se fait virer de sa job, et qui se retrouve plus ou moins à la rue. Motif : il n’a pas fait d’études, et ne pourra jamais monter dans la hiérarchie de sa boîte. Du coup, on le vire direct, ni plus, ni moins. Alors il décide d’aller à la fac, pour se mettre à la page et rattraper un peu le temps perdu.

 

Voilà 3 ans que j’ai quitté le Québec. Il me semble que cela fait tellement plus, avec tout ce que j’ai vécu en concentré de vie depuis… Mais ce film me rappelle une époque parmi les plus heureuses que j’ai pu vivre, lorsque j’étais étudiante à l’université McGill. Je me rappelle les rapports simples et francs avec des professeurs disponibles, les contacts chaleureux avec les étudiants, même si j’avais 10, parfois 15 ans de plus qu’eux, et flanquée de 3 marmots alors qu’ils n’étaient même pas encore mariés…

Je me souviens du pragmatisme des gens de l’université, des examens qui étaient si « fair » (quand je vois la nature des exams que Ben doit passer, et leur injustice, leur bêtise humiliante pour une partie d’entre eux, j’ai envie de hurler) avec des profs qui nous poussaient à nous dépasser, qui croyaient en nous…

Je retrouve aussi dans le film cette capacité à rebondir si caractéristique des nord américains, et de ceux qui y ont émigré… Cette qualité qui les pousse à changer quand la vie les fouette au visage, à dépasser le stade de victime pour atteindre de nouveaux objectifs, cette faculté de résilience qui leur fait fondre le plomb pour en faire de l’or. Je vais au-delà des clichés, car je l’ai vérifié maintes fois, et j’en ai appris beaucoup sur mes forces en fréquentant des personnes semblables. C’est d’ailleurs une des plus belles leçons que l’on m’ait enseigné lors de mes études d’infirmière : « Focus on strengths » : mise toujours sur les forces de tes patients, soutiens-les dans la reconnaissance de ce qu’ils ont en eux.

Au Canada, les gens que j’ai rencontrés avaient pour la plupart adopté cette philosophie de la survie par le changement. C’est ce qui symbolise le « tu mues, ou tu meurs ». Et pas besoin d’être enterré, pour mourir. Il suffit de résister à toutes forces au changement. Il suffit de se mettre la tête sous la terre, en bonne autruche, et de prétendre que l’on ne peut rien changer à cette existence qui est la nôtre, ou aux tuiles qui nous tombent dessus en pluie. Il suffit de se dresser en victime perpétuelle de l’existence, des autres, et se laisser tomber sur le bord de la route, las des efforts accomplis, dubitatif sur l’efficacité de ceux qu’il faudrait faire pour s’en sortir.

Je sais, le règne du « yakafokon » a encore de beaux jours devant lui. Mais personnellement, je suis adepte du fait de retrousser ses manches pour obtenir ce que l’on souhaite. Et si d’aventure on n’y arrive pas, il faut savoir changer de stratégie ou, en bout de ligne, changer de souhaits ! Voilà ce que m’auront appris 12 années au Canada. Et je remercie dans ces lignes toutes les personnes qui ont été des preuves vivantes de cette philosophie de la résilience et qui me l’ont enseigné, le plus souvent à leur insu. Je suis fière d’être Canadienne. I am proud to be a Canadian.

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