S’improviser prof en mer…

Laé en pleine action...

Voilà presque un an que nous vivons sur l’eau. Et force est de constater que la tâche qui consiste à faire les cours aux enfants n’a rien d’une sinécure. Nous avons fait le choix d’organiser nous-mêmes les cours aux enfants. D’abord pour des questions d’organisation, car le CNED imposait (d’après l’expérience de 100% des familles de marins rencontrées) des journées de travail trop intenses et trop peu conformes à un rythme décousu comme celui qu’on trouve en mer. Sans parler de l’accès internet obligatoire pour renvoyer les devoirs ou suivre certains cours, ce qui sur l’eau tient de la gageure… Nous avions donc récupéré les livres que notre amie Vanessa avait bien voulu nous envoyer, avec des cours pour chaque niveau. Le problème, c’est qu’une fois les cours débutés, il faut se faire aux méthodes françaises, établir un horaire, un calendrier, des exercices, des contrôles, élaborer des cours et se retenir de balancer le môme à la flotte si par malheur il ne comprend rien à vos explications! Ben, qui gère les maths, s’en sort à merveille et adore le rôle. Il remonte bien les bretelles de quelques réticents de la cocologie à l’occasion, mais globalement, ça roule vite et bien. Pour ce qui est de ma matière, le français, j’avoue m’arracher parfois les cheveux. Il faut d’emblée gérer 4 matières en une : grammaire, conjugaison, orthographe et vocabulaire. Et puis remettre à niveau les mousses qui se sont toujours familiarisés jusque là aux notions apprises au Québec, qui diffèrent de celles que l’on apprend au même âge en France…

Il faut aussi aller au rythme lent du plus petit, qui apprend à reconnaître un verbe (mais oui, au fait, comment on le retrouve, ce fichu verbe, dans une phrase???), et qui prend volontiers le mot “tordre” pour un article… Pas moyen, dans ces conditions, de passer outre et de faire comme si c’était acquis. Dans ces conditions, il faut ralentir et prendre le temps, ce qui exclut ce petit encart que l’on voulait faire sur une autre notion. Par contre, là où les choses sont très positives dans ce voyage, c’est que Laé s’est fait contaminé par ses frères, de cette maladie dévorante qu’on appelle l’amour des livres! Il aligne donc des bouquins qui comptent à présent plus volontiers une cinquantaine de pages et semble y prendre un plaisir croissant. Voilà qui devrait améliorer son français à coup sûr! De leur côté, les frangins ne sont pas en reste. Théo, qui vient de terminer le Comte de Monte Christo, vient de démarrer Vendredi ou la vie sauvage. Et Sacha, après avoir entamé la série des Chevaliers d’Émeraude (on ne l’a pas vu pendant plusieurs jours!), a commencé Bilbot Le Hobbit avec la ferme intention de s’avaler tout Tolkien d’ici quelques temps. Bref, s’ils avaient quelque chose à gagner à la vie en mer, c’était au moins le goût de lire! Ils s’y attachent avec une application et un bonheur qui font plaisir à voir, et on essaie tant que faire se peut d’agrandir la bibliothèque pour leur donner des munitions régulièrement.

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Une réflexion au sujet de « S’improviser prof en mer… »

  1. Merci pour ces renseignements. Nous projetons partir l’été prochain et l’avenue du CNED nous semblait super en formule libre, je suis contente d’avoir l’opinion de québécois!

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