Quelques trucs en vrac pour éduquer les enfants

Voilà bien longtemps que je voulais aborder le sujet. Ce thème, épineux s’il en est, est celui de l’éducation des marmots. Nos petits mioches (enfin… petits… mon plus grand me mange allègrement la soupe sur la tête !) nous donnent du fil à retordre, parfois. Quand par exemple il leur prend l’envie de nous faire tourner en bourrique parce que Môssieur a décidé de ne pas finir son plat, de ne pas rentrer à l’heure convenue, de ne pas ranger sa chambre ou de fiche un bazar pas possible dans la maison parce qu’il a décidé de faire une bringue d’enfer pour célébrer son permis de conduire… Tous ces petits amusements que vous aurez à l’ado, mais pas que ! Sissi ! Car dès l’âge honorable de 2 petites années, nos affreux ont une faculté à nous pousser à bout qui nous fait parfois reluquer du côté des orphelinats… Trêve de solution horrible, il est possible de se passer de ces manifestations désagréables qui soulignent des relations qui peuvent être compliquées avec notre progéniture.

Avec mes 16 petites années d’expérience en la matière, je voulais partager avec vous quelques trucs, pour ceux qui sont dans les couches, ou dans les bagnoles (rapport au permis sus mentionné) selon les cas. Outre l’expérience, c’est aussi une formation que nous avions faite à l’école internationale qu’avaient fréquentée nos marmots à Montréal (voir la référence sur Brigitte Racine, citée ci-dessous) que je dois quelques trucs intéressants concernant l’éducation. Et puis aussi quelques lectures sur ce sujet brûlant.

 

LES 20 MINUTES MAGIQUES !

Ce concept des 20 minutes nous a tout de suite captivés (voir le livre de Brigitte Racine à ce sujet : http://www.editions-chu-sainte-justine.org/livres/discipline-jeu-enfant-90.html). Car il partait d’un principe tout bête, et pourtant si réaliste. Prenez un loupiot qui multiplie les bêtises. Ou bien qui s’exprime en criant (OK, il peut s’agir d’un futur chanteur, ou d’un politicien en herbe… mais sans brimer sa carrière, mettons qu’à l’âge de 5 ans, c’est vite fatigant…). Ou encore d’un petit infatigable qui court partout et vous harcèle de questions à tout bout de champ. Eh bien si vous préférez surfer sur internet pour savoir, comme il vient de vous le demander, pourquoi les chenilles processionnaires font des nids dans les arbres, libre à vous ! De notre côté, on a appris que des comportements estampillés comme « négatifs » car frustrants, agaçants, irritants… étaient le résultat d’un objectif poursuivi par le marmot : la quête d’attention. L’enfant qui n’a pas l’attention dont il a besoin va la rechercher par divers moyens. Cela peut se caractériser par des notes topissimes à l’école, un comportement d’enfant sage et modèle, mais aussi par des manifestations bruyantes de vie, tel que décrites précédemment. C’est nettement plus dérangeant que les stratégies moins démonstratives, mais qui justifient tout autant l’attention que nous ne donnons pas toujours à nos enfants. En fait, l’enfant est le premier à pouvoir définir son besoin d’attention, et des comportements non adaptés peuvent souligner qu’il en manque. A nous de saisir la perche, et de savoir ce que nous décidons d’en faire. C’est ici qu’intervient l’exercice que je vous propose, et qui nous a maintes fois prouvé son efficacité !

            20 minutes, 3 fois par semaine : c’est le défi à relever. Il s’agit d’accorder à marmouset son quota d’attention hebdomadaire. 20 minutes qu’on lui consacre à un moment déterminé avec lui à l’avance. Et durant ce temps sacré, pas de téléphone, pas d’ordinateur pour détourner notre attention, ni même un repas à surveiller ou un truc à faire en même temps. Du temps de qualité, du vrai, du bon et du pas cher : on joue avec l’enfant au jeu qu’il décide, et selon les règles qu’il choisit (et tant pis si cela consiste à recevoir 4000$ à chaque passage sur la case départ au Monopoly au lieu des 200$ réglementaires : arrangez-vous pour survivre à cela, ça lui fait tellement plaisir!). Au bout de quelques semaines, vous devriez développer une belle complicité. Et lui, l’enfant, il a l’assurance de vous avoir pour lui tout seul pendant ces moments magiques ! Au cas où vous ne pouvez honorer (exceptionnellement) le moment convenu, il faudra bien sûr négocier pour redéfinir un autre temps de jeu. Et puis n’oubliez pas le chrono : c’est 20 minutes, pas une de moins, pas une de plus ! La rigueur est la garantie d’une recette qui fonctionne.

Cette formule toute bête est extrêmement efficace, et vous permettra de passer du temps de qualité avec votre crapaud. Mais il est aussi facile, quand ils grandissent et sont moins intéressés par les legos et autres jeux qui vous ennuient, de négocier des temps de jeu un peu plus souples et qui vous font plaisir à vous aussi ! Je suis ainsi devenue imbattable à la crapette et je me fais en revanche battre régulièrement aux dames chinoises par mon petit dernier ! Mais quel plaisir ! Et puis l’enfant apprend à respecter des règles, à perdre et à gagner, ce qui n’est pas négligeable en terme d’apprentissage.

 

LES VOYAGES RITUELS

On passe à travers la vie dans un train lancé à grande vitesse qu’on ne sait plus arrêter, le plus souvent. Je vous propose de faire un arrêt sur image, histoire de voir ce qui se passe à l’adolescence. De nombreux changements physiques, émotionnels et psychologiques se déroulent en un temps record. L’enfant qui hier encore nous faisait des bisous avant de dormir s’est mué en géant aux épaules baraquées qui doit se plier en deux pour vous embrasser le soir en rentrant du lycée… Mais comment l’aider à faire face à tous ces changements qui ne manquent pas d’être déstabilisants… Là aussi, le temps passé est important, pour autant qu’il soit de qualité. Chez nous, c’est souper en famille tous les soirs, et chacun raconte ses histoires, rit, développe, questionne, ce qui fait réagir les autres. Mais il y a d’autres moyens. Certains couples se relaient pour passer un moment avec un des enfants chaque semaine ou mois. Pour autant que nous puissions prendre le pouls de cette enfance qui s’évade, avant que la vie d’adulte n’ait pris ses quartiers… Il reste que tout cela passe bien vite, et que l’enfant a besoin de définir ce nouveau « moi » qui émerge tout doucement du corps transformé par les hormones.

Pour l’y aider, nous avons instauré un petit système assez sympathique. A chaque âge correspond un petit rituel que nous mettons au point avec chaque enfant. Quand arrive le début de l’ado, nous commençons à organiser un voyage. L’idée est d’en faire un moment de complicité avec le parent du même sexe (en l’occurrence le papa, chez nous !). Un voyage qui mobilisera chez l’enfant des ressources physiques, mentales et permettra d’aborder des sujets importants : les addictions/drogues (incluant le tabac et l’alcool), le sexe (délicat à aborder avec le parent du sexe opposé…), la spiritualité, la gestion des émotions, etc. Pour faire un peu le liant, j’ai écrit un texte pour chacun où j’aborde ces thèmes en apportant quelques idées. Du coup, notre aîné a fait une traversée de l’Atlantique en bateau avec son père, son oncle et un ami. Bon, il était un peu jeune (9 ans et demi) mais garde des souvenirs magiques de ces moments uniques. Il s’est construit avec cette histoire dans la besace et, croyez moi, ça vous pose un bonhomme ! Sacha a quant à lui fait la Loire à vélo avec Ben durant 5 jours, de Tours jusqu’à la côte Atlantique, avec des étapes allant jusqu’à 90 km dans la même journée. Une épreuve sportive, et aussi une occasion de créer un lien particulier avec le papa. Car cela prend parfois du temps pour qu’un ado se confie ou se mette à parler de lui, et ce temps est plus facile à trouver lorsqu’on est ensemble plusieurs jours de suite. Il y a des messages qui passent aussi, du parent à l’enfant. Comme des mises en évidence de comportements qu’il pourrait faire évoluer, ou des remarques l’aideront à prendre du recul. Pour Laé, c’était l’année dernière : il a marché durant 5 jours dans le sud de la France, réalisant notamment une étape de 30 km sous un soleil de plomb dont il n’est pas peu fier !

Mais j’étais un peu jalouse, je l’avoue, de ne pas pouvoir partager de moments privilégiés avec mes gars, alors j’ai poursuivi l’expérience. C’est ainsi que j’ai emmené Théo cette année faire une semaine dans un centre bouddhiste pour apprendre la méditation. Sceptique au départ, il a finalement adoré l’expérience, et il s’est mis à méditer régulièrement depuis… C’est ma petite contribution à leur entrée future dans la vie d’adulte, où ils auront bien besoin d’avoir un équilibre intérieur à toute épreuve. Et puis ils apprennent à se connaître, et ça, ça n’a pas de prix !

 

Bon, je n’en ai pas fini sur le sujet, mais je vais conclure pour aujourd’hui. J’aimerais bien savoir en revanche quels sont vos trucs à vous pour l’éducation : c’est un sujet qui se nourrit de partages !