Comme un air de changement…

Depuis quelques semaines, une chose m’intrigue. Au travail, je vois des salariés qui s’enfoncent dans une dynamique qui les mène droit vers des problèmes de santé, des soucis familiaux, sans qu’ils semblent rien pouvoir faire pour arrêter le train qui les emporte. On dirait qu’ils sont prisonniers de leur propre logique, et que, même conscients de se faire une vie où ils ne respirent plus, ils éprouvent le besoin de poursuivre malgré tout. Cela en dépit de toute logique apparente. J’ai observé le même phénomène chez moi. Addict que je suis à l’activité, je remplissais ces derniers temps mes heures de tâches et de rendez-vous, tout en me plaignant du peu de temps qu’il me restait avec moi-même. Surtout, je m’étais mise à faire des shiatsus autant que je le pouvais, estimant que je devais m’entraîner. Mais par dessus tout, convaincue que cette pratique apporte bien être et soulagement, j’ai voulu accompagner des personnes proches de ces gestes qui libèrent et défont les nœuds que les émotions inscrivent dans le corps. Ce faisant, j’ai vécu un phénomène de vases communiquants que je n’avais pas anticipé ! Je donnais mon énergie, que je n’avais pourtant pas en quantités illimitées, à ces personnes qui vivaient des moments difficiles et chargés en émotions négatives. Chaque fois, je me suis retrouvée exsangue, avec des pensées pesantes et dénuées d’entrain. Que se passait-il donc ? Mon prof de shiatsu me l’a expliqué : j’avais absorbé toutes ces énergies, faute de savoir m’en protéger. Je vais donc apprendre à le faire, pour éviter de me retrouver épuisée ainsi. Mais ce que je retiens surtout, c’est cette nécessité que j’avais de changer de comportement, et le constat de ma propre incapacité à le faire. Mon corps me disait de me reposer et de me recharger en énergie, mais je continuais à disperser celle-ci pour faire perdurer ma petite logique mortifère !

Finalement, je crois qu’on a tous une appétence plus ou moins consciente pour des schémas parfois négatifs, mais rassurants car connus. Changer demande de secouer le filet des habitudes pour en voir sortir un « moi » différent, avec lequel on n’est pas sûr de vouloir s’accoquiner ! Changer signifie que l’on accepte, par ailleurs de reconnaître qu’on a peut-être tort de faire ce que l’on fait, et qu’il faut se mettre davantage en lien avec notre corps et ses besoins. Une preuve qu’on n’a pas fait ce qu’il fallait, et qu’il est important de redresser la barre, sous peine d’avoir un petit retour de réel 😉 La vie nous rattrape toujours, et ce qu’on lui impose, elle finit toujours par le tordre et nous le mettre sous le nez. Elle nous force à y voir plus clair. Libre à nous, ensuite, de changer… ou pas ! Dans mon cas, j’ai décidé d’écouter les signaux de plus en plus fort que mon corps envoyait. J’ai dit non à certains engagements, j’ai reporté ce qui pouvait l’être et priorisé différemment mes activités. J’ai remis au centre de mon temps les choses qui étaient les plus importantes à mes yeux, et j’ai tâché de me créer un environnement où je me sens bien.

La vérité, c’est que ces petites stratégies fonctionnent plutôt bien ! Ce qui coûte le plus, en définitive, c’est la résistance au changement. Mais s’en rendre compte implique un certain recul, que nous ne nous autorisons pas toujours à avoir…

Julia’s secret

Ce n’est pas de Victoria, qu’il s’agit! C’est de Julia ! On quitte la lingerie, je vous emmène dans les bouquins. C’est mon petit jardin, mon domaine, mon royaume. Julia, c’est bien sûr mon amie invisible: Julia Cameron. Elle qui m’accompagne en écriture chaque fois que je pars en voyage au pays des mots. Vingt ans que l’on se fréquente, par livre interposé ! Dès que j’ai un coup de Trafalgar, que le doute m’étouffe, que la vie se met à avancer de traviole, la voilà qui débarque, avec ses encouragements et sa boîte à outils. J’ai plusieurs livres d’elle, en anglais ou en français selon qu’une traduction était disponible ou pas. Je me vautre dans ses phrases comme on se couche sur un canapé moelleux, une tasse de thé japonais à portée de bouche. Avec elle, pas besoin d’être maquillée, de paraître plus belle qu’on est, de prétendre être ce qu’on n’est pas. Je me contente de lire les mots et de reconnaître ce que j’ai besoin d’y voir. C’est aussi bête que ces phrases où elle fustige notre besoin de toujours mettre l’écriture sur un piédestal. Un excellent moyen, en vérité, de s’arrêter d’écrire ! Car la plume doit pouvoir traverser tous les temps, un peu comme le pèlerin sur le chemin. Elle doit arriver à se traîner sur la page par toutes les humeurs, tous les styles, tous les échecs. Écrire, comme une façon de respirer. C’est comme ça que je considère la chose. C’est pour cela que je monterai mon premier atelier d’écriture bientôt : pour faire circuler cette idée qu’écrire peut être un moyen d’exister, tout simplement. On écrit comme on se lave les dents ou comme on fait l’amour. C’est une forme de routine de l’esprit, d’apprentissage du cœur, qui se nourrit de mots, un jour après l’autre. Point besoin d’être un grand écrivain pour écrire. Juste le goût de se trouver au détour d’une phrase, d’un point virgule…

J’aime par dessus tout l’idée qu’écrire chaque jour revient à installer une hygiène personnelle pour soigner son âme. J’écris pour ne pas avoir à pleurer, ou alors pour pleurer en présence d’une compagnie bienveillante : celle de la page qui reçoit les mots. J’écris pour crier, hurler et insulter ce gars qui m’a mise en colère, des mots de silence que j’envoie en l’air pour envoyer un uppercut invisible à l’impudent. J’écris pour regarder passer le quotidien sous mes yeux, comme une musique sans notes et qui s’émerveille d’un pelage de chat ou d’une lumière sur les roses près de moi. Et chaque jour où je n’écris pas (même s’ils sont rares), quelque chose manque, une bougie ne s’est pas allumée quand il aurait fallu, une partie de moi reste endormie.

J’ai grand besoin de partager cet émerveillement quotidien. De proclamer haut et fort qu’écrire n’a rien de sorcier et peut changer une vie. J’ai toujours le cœur qui se serre un peu lorsque je rencontre des écrivains qui se galvanisent de « savoir » écrire. Comment peut-on ainsi se vanter de faire quelque chose qui est à la portée de chacun ? Car je trouve que, dès lors qu’on peut tenir un stylo, on « sait » écrire. Et encore, il est même arrivé que des personnes (comme Jean-Dominique Bauby, auteur du livre magnifique Le Scaphandre et le Papillon), atteintes du Locked In Syndrome, dictent des livres avec les paupières ! Un écrivain est juste quelqu’un qui écrit. Et cela ne lui donne qu’un droit : celui de se dire dans les mots. L’auteur est celui qui publie, quelles que peuvent être les raisons qui mènent l’éditeur à le publier, et parfois même indépendamment de son talent supposé.

Dans les ateliers d’écriture que je compte animer, chacun sera égal à son voisin sur la partition de l’écriture. Chaque note apportera le son requis au morceau écrit par le groupe. Simplement, on apprendra à mettre l’écriture à sa place : au centre de la vie, et non dans celui d’un ego ou sur un bureau d’éditeur. Il me ferait plaisir d’ouvrir ainsi quelques fenêtres à ceux qui pensent qu’ils n’ont le droit écrire que des chefs d’œuvre, ou bien ne pas écrire du tout.  Adopter l’écriture comme une petite habitude de plus et qui apportera tellement au quotidien, voilà qui pourrait tout changer. Voilà ce que je me propose d’aider un groupe à découvrir. Pour qu’écrire devienne une respiration, un mouvement qui ne demande rien à personne mais qui constitue un moyen de vivre autrement. Plus heureux.

 

Plus que 2 jours !

Profitez du lancement de Tricots, Flingues et Bras Cassés: vous avez jusqu’à vendredi pour l’obtenir gratuitement en format électronique !!! Un bon moyen de passer l’été en riant un peu, sous les parasols ou les cocotiers 😉

Et la version brochée sortira dans les prochains jours, pour ceux qui préfèrent feuilleter les bouquins plutôt que les lire sur une liseuse. 

Bonne lecture!

Nouveau né à l’horizon !

Grande nouvelle à tous ceux qui ont suivi les péripéties de mon dernier roman, et à tous ceux qui aimeraient le lire ! J’ai décidé de publier Tricots, Flingues et Bras cassés d’ici quelques semaines sur Kindle. Un choix qui me permettra peut-être d’avoir la satisfaction de faire marrer des lecteurs ! Je vous tiens au jus, et vous souhaite un joyeux premier mai !

PS je vous promets une 1ère de couv à tomber par terre, grâce au talent de l’illustratrice qui s’est chargée de faire les dessins de mon bébé: Félicie Krikler !

Salon des Curieux Voyageurs

Bonjour à tous ! Pour ceux qui sont dans la région de Saint Etienne, je serai au salon des Curieux Voyageurs qui s’y tiendra du 9 au 11 mars prochain, au stand de la Librairie de Paris. Ce sera l’occasion de signer quelques bouquins, mais surtout de rencontrer ceux d’entre vous qui ont des projets de voyage 😉

Au plaisir de vous voir à cette occasion !

merci

Merci à cette personne des éditions Grrr…Art qui m’a écrit ce petit mot manuscrit si encourageant sur le roman que je lui avais envoyé. C’est un baume sur mon coeur, après des mois de réponses négatives. Et même s’il ne peut pas le publier, ce livre, il m’a donné de l’énergie pour terminer celui que je suis en train d’écrire. Et puis un 2ème merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour leur retour extra et Ô combien constructif et positif, ce sont des plumes supplémentaires sur mes ailes de vent !

Questions/réponses

Bonjour à tous ! 

Etant donné les nombreuses questions que l’on me pose lorsque je rencontre des lecteurs de mon dernier livre sur la voile, j’ai ajouté une rubrique Questions/Réponses dans l’onglet Rubrique Livres. L’idée est que vous partagiez vos questions, et aussi vos expériences concernant la vie en mer, la navigation, mais aussi les voyages que vous comptez faire ou que vous avez faits: sur mer, sur terre et même dans les airs ! 

N’hésitez pas à me faire parvenir le tout dans un commentaire sur un article, et je me ferai un plaisir d’alimenter la rubrique !

Ce que le yoga m’a enseigné

Cela fait des années que je le pratique. Et long a été le chemin qui m’a amené à comprendre tous les bienfaits du yoga. Il y a toujours la théorie, celle qui est dispensée par les professeurs ou dans les livres. Mais rien ne remplace la réalisation physique de ce qui est donné.

Yoga signifie « union » en sanskrit. Union du soleil et de la lune. Du corps et de l’esprit. C’est le souffle qui réalise ce lien entre le corps et l’esprit.

Par le yoga, le corps aide l’esprit. J’arrive devant le tapis émotionnellement épuisée ou physiquement éprouvée. J’éprouve d’ailleurs une résistance terrible à me mettre à faire les postures, à dégager ce temps hors du flot des tâches quotidiennes, des moments passés avec ma famille. Mais je me pousse à le faire car je sais ce que je viens chercher là. Je débute ma séance, l’adapte à mes capacités du moment. Souvent, les gens pensent que l’enchaînement des postures, la façon de faire sont immuables. Mais le yoga est vivant, il s’adapte à ce qui lui est proposé. J’arrive sur le tapis exsangue, alors je décide d’aller lentement, de tenir les postures avec distance et douceur. Et lorsque à l’inverse j’ai l’énergie qui semble vouloir sortir des pores de ma peau, j’enchaîne les postures rapidement, en me réjouissant du mouvement qui accompagne si bien mon état d’esprit. Doucement, chaque fois, mon attitude change. Les idées noires s’éclaircissent pour laisser la place à de la détente, à la sensation de joie vibrante d’être en vie, sans douleur, avec une respiration qui fonctionne sans peine. Chaque fois, c’est un peu une renaissance, je reprends contact avec ce moi distendu, tordu par la vie et qui reprend sa forme.

Par le yoga, l’esprit aide le corps. Tenir une posture est un exercice parfois complexe. Il faut créer des étirements sans aller jusqu’à la douleur. C’est parfois inconfortable. On utilise alors la respiration pour aller détendre, tranquillement, des zones du corps qui ne demanderaient qu’à se contracter au risque de provoquer la douleur. Mais non. Je lance un souffle à la fois, histoire d’aller chercher la détente dans chaque partie sollicitée. J’y vois une belle métaphore de ce qui fait notre vie au jour le jour. Elle qui apporte son lot d’obstacles, de contraintes, de problèmes à gérer, de souffrances à affronter. La bonne attitude, c’est celle de Sirsasana : la posture sur la tête. C’est la posture de la peur, car elle oblige le yogi à faire reposer son corps sur sa tête et ses coudes. La maîtriser, c’est apprendre à voir la vie à l’envers, et surtout à faire face à ces difficultés qui ne manquent jamais de s’élever. Alors le souffle vient pacifier tout cela, lui qui enseigne au corps à ne pas se tendre quand la posture devient plus difficile. Apprendre à relâcher les tensions lorsque gronde la tempête, c’est se laisser respirer au cœur de la tourmente. C’est aider le corps grâce au travail de l’esprit. Et soutenir l’esprit par le relâchement du corps, c’est aussi ainsi qu’une femme qui accouche peut arriver à maîtriser, par elle-même et sans médicaments, la douleur de l’enfantement. L’esprit qui soutient le corps.

C’est finalement la plus jolie leçon de cette pratique: la force que l’on tire de soi lorsque l’on est confronté à des épreuves, elle existe bel et bien. Et il est possible de la mobiliser dans le sens qui nous permettra de surmonter ce qui arrive. Tout en douceur, en relâchement et en exigence par rapport à notre corps et notre esprit. Un souffle à la fois.

 

 

 

Salon nautique de Paris

chers amis lecteurs,

J’aurais eu beaucoup de plaisir à vous retrouver au salon nautique de Paris… Malheureusement, l’éditeur ne sera pas présent sur place et malgré mes efforts, je n’ai pas trouvé un stand pour m’accueillir. Vous pouvez cependant prendre contact avec moi en tout temps sur ce  blog si vous avez des questions et je vous souhaite des fêtes de fin d’année magiques!