Questions/réponses

Bonjour à tous ! 

Etant donné les nombreuses questions que l’on me pose lorsque je rencontre des lecteurs de mon dernier livre sur la voile, j’ai ajouté une rubrique Questions/Réponses dans l’onglet Rubrique Livres. L’idée est que vous partagiez vos questions, et aussi vos expériences concernant la vie en mer, la navigation, mais aussi les voyages que vous comptez faire ou que vous avez faits: sur mer, sur terre et même dans les airs ! 

N’hésitez pas à me faire parvenir le tout dans un commentaire sur un article, et je me ferai un plaisir d’alimenter la rubrique !

Ce que le yoga m’a enseigné

Cela fait des années que je le pratique. Et long a été le chemin qui m’a amené à comprendre tous les bienfaits du yoga. Il y a toujours la théorie, celle qui est dispensée par les professeurs ou dans les livres. Mais rien ne remplace la réalisation physique de ce qui est donné.

Yoga signifie « union » en sanskrit. Union du soleil et de la lune. Du corps et de l’esprit. C’est le souffle qui réalise ce lien entre le corps et l’esprit.

Par le yoga, le corps aide l’esprit. J’arrive devant le tapis émotionnellement épuisée ou physiquement éprouvée. J’éprouve d’ailleurs une résistance terrible à me mettre à faire les postures, à dégager ce temps hors du flot des tâches quotidiennes, des moments passés avec ma famille. Mais je me pousse à le faire car je sais ce que je viens chercher là. Je débute ma séance, l’adapte à mes capacités du moment. Souvent, les gens pensent que l’enchaînement des postures, la façon de faire sont immuables. Mais le yoga est vivant, il s’adapte à ce qui lui est proposé. J’arrive sur le tapis exsangue, alors je décide d’aller lentement, de tenir les postures avec distance et douceur. Et lorsque à l’inverse j’ai l’énergie qui semble vouloir sortir des pores de ma peau, j’enchaîne les postures rapidement, en me réjouissant du mouvement qui accompagne si bien mon état d’esprit. Doucement, chaque fois, mon attitude change. Les idées noires s’éclaircissent pour laisser la place à de la détente, à la sensation de joie vibrante d’être en vie, sans douleur, avec une respiration qui fonctionne sans peine. Chaque fois, c’est un peu une renaissance, je reprends contact avec ce moi distendu, tordu par la vie et qui reprend sa forme.

Par le yoga, l’esprit aide le corps. Tenir une posture est un exercice parfois complexe. Il faut créer des étirements sans aller jusqu’à la douleur. C’est parfois inconfortable. On utilise alors la respiration pour aller détendre, tranquillement, des zones du corps qui ne demanderaient qu’à se contracter au risque de provoquer la douleur. Mais non. Je lance un souffle à la fois, histoire d’aller chercher la détente dans chaque partie sollicitée. J’y vois une belle métaphore de ce qui fait notre vie au jour le jour. Elle qui apporte son lot d’obstacles, de contraintes, de problèmes à gérer, de souffrances à affronter. La bonne attitude, c’est celle de Sirsasana : la posture sur la tête. C’est la posture de la peur, car elle oblige le yogi à faire reposer son corps sur sa tête et ses coudes. La maîtriser, c’est apprendre à voir la vie à l’envers, et surtout à faire face à ces difficultés qui ne manquent jamais de s’élever. Alors le souffle vient pacifier tout cela, lui qui enseigne au corps à ne pas se tendre quand la posture devient plus difficile. Apprendre à relâcher les tensions lorsque gronde la tempête, c’est se laisser respirer au cœur de la tourmente. C’est aider le corps grâce au travail de l’esprit. Et soutenir l’esprit par le relâchement du corps, c’est aussi ainsi qu’une femme qui accouche peut arriver à maîtriser, par elle-même et sans médicaments, la douleur de l’enfantement. L’esprit qui soutient le corps.

C’est finalement la plus jolie leçon de cette pratique: la force que l’on tire de soi lorsque l’on est confronté à des épreuves, elle existe bel et bien. Et il est possible de la mobiliser dans le sens qui nous permettra de surmonter ce qui arrive. Tout en douceur, en relâchement et en exigence par rapport à notre corps et notre esprit. Un souffle à la fois.

 

 

 

Au secours ! Mon chat est un PN !

J’ai récemment fait une découverte intéressante. En effet, j’ai réalisé il y a peu que notre famille abritait ce qu’il est convenu d’appeler un pervers narcissique. Un PN, pour les intimes. Ce trouble de la personnalité est défini dans le DSM IV, pour ceux qui connaissent cet ouvrage qui répertorie les maladies psychiatriques. Nous avons ainsi adopté Domino, dit « Domi », beau chat mâle, à notre arrivée en France. Je l’ai observé grandir, et développer ces caractéristiques que je vous décris ici, et qui résument bien les stratégies du PN.

Pour rappel, les 3 armes principales du PN tiennent dans ces mots : séduction, culpabilisation et victimisation. Le PN qui se respecte peut utiliser successivement ou de manière simultanée ces stratégies, mais l’objectif reste le même. Car le PN a pour but d’asseoir son autorité, son pouvoir sur l’autre. Pour cela, il est prêt à le manipuler, l’asservir et parfois même, dans les cas les plus graves, à provoquer sa destruction… Ce qui, dans le cas d’un chat, est d’une violence toute relative, je vous l’accorde…

Dans le cas de Domi, les comportements de séduction sont assez évidents. Il met le paquet pour obtenir ce qu’il recherche : ronronnements intempestifs, qu’il garde cependant discrets et exclusivement associés à l’attention qu’on peut lui porter. Il distribue ainsi au compte goutte ses marques d’affection, qui restent factices et étudiées. Car le PN n’aime personne, en dehors de lui-même (et encore, même pas toujours…).

Imperméable à l’empathie, il n’est pas capable de percevoir les sentiments d’autrui, ou alors s’il y arrive, c’est pour s’en servir contre celui qui les exprime. Ce qui amène notre bon vieux Domi séducteur à opérer dans l’ombre et sans la moindre trace de culpabilité, lorsqu’il s’agit de s’approcher à pas de velours de l’oiseau qu’il a choisi comme victime. Car il a beau être bien nourri chez nous, rien ne peut l’arracher à ces jeux sadiques qu’il aime mettre en œuvre contre les proies qu’il capture pour jouer avec… Il s’en approche donc, concentré, et au dernier moment, effectue le mouvement fatal où il pose la patte sur le pauvre volatile. S’ensuit le jeu pervers qui consiste pour lui à s’amuser de la souffrance du pauvre animal, jusqu’au funeste moment où il perdra patience et mettra à mort sa victime… Le plaisir étant alors sa seule motivation, il refusera de se repaître de la carcasse, qu’il laissera pourrir dans un coin du jardin, quand ce ne sera pas sous le lit d’un quelconque membre de la famille (en l’occurrence, Sacha le plus souvent).

Autre arme du PN, la culpabilisation, qui fonctionne en miroir avec le dernier outil de sa sanglante panoplie : la victimisation. Domi nous sert le jeu de la victime lorsqu’enfermé dehors, il nous implore avec des yeux de chat battu pour qu’on lui ouvre la fenêtre. Ce faisant, il nous fait passer pour des monstres sans cœur qui bafouent et ignorent les besoins d’un pauvre chat à qui nous devrions respect, amour éternel et caresses infinies ! Le PN agit ainsi, en torturant sa victime. Et lorsque celle-ci s’avise de réagir ou de se rebeller, elle se fait arroser d’une pluie de reproches. De victime, elle passe alors bourreau de son PN personnel. Celui-là même qui s’évertue à la rendre coupable de la situation, de ses malheurs et de sa gamelle vide !

Non content d’ignorer les signaux de souffrance de sa victime (car à ce moment là, Ben est en train de bosser et s’énerve de devoir faire les 4 volontés d’un félin, même frigorifié !), le PN de service rend l’autre responsable de la situation qu’il a pourtant créée lui-même, et aura tendance à se victimiser (« je suis un pauvre chat affamé, j’exige qu’on m’ouvre car je suis le plus beau chat du monde ! »). Il va même souvent se nourrir de la souffrance de celui qu’il manipule ou agresse, lui imposant la conviction de sa supériorité notoire sur les autres (il n’est pas narcissique pour rien). Toute tentative de rébellion est ainsi sévèrement réprimée, punie voire écrasée dans le sang et la violence, si subtile soit-elle (allusions désobligeantes, dénigrement… ce qui, dans le cas qui nous occupe, est assez limité vu que les chats ne parlent pas !). Le but étant bien sûr d’asseoir un peu plus la domination sans faille du chat pervers sur ses maîtres et son entourage. Il faut savoir également que la victime est généralement choisie pour sa joie de vivre, son entrain et toute la lumière qu’elle fait rayonner autour d’elle. Ces caractéristiques sont celles qu’envie le PN de service, et celles qu’il a besoin d’éteindre, d’exterminer afin de se sentir (de façon illusoire en fait) mieux.

Après avoir bien observé mon sujet d’étude (ainsi que d’autres formes moins poilues vivant dans mon entourage proche), j’en suis venue à m’interroger sur les moyens d’assurer sa survie en cas de rencontre ou de fréquentation d’un PN. Ma conclusion tient dans ces mots : « courage… fuyons ! ». Bon, je conviens aisément que la chose n’est pas toujours possible. Dans le cas de Domi, il nous suffit de le prendre par le collet pour le mettre dehors en cas de non respect des règles de vie qui ont cours à la maison. Mais pour les autres cas rencontrés, l’indifférence est également une arme fatale qui ne nécessite qu’un peu d’entraînement et s’avère bien vite très payante sur un plan énergétique, le PN s’excitant tout seul sur une victime qui n’est plus consentante et s’écarte de son jeu avec flegme. Se faire aider me semble indispensable quoi qu’il arrive, car les PN ont les moyens d’ébranler sérieusement les équilibres mentaux les plus solides…

Bon, je vous laisse, Domi réclame sa pâtée !

Et pour ceux que le sujet interesse, je vous laisse un lien vers une vidéo glaçante et qui décrit dans une fiction criante de vérité à quoi ressemble le PN qui se planque dans le quotidien de tant de personnes… https://www.youtube.com/watch?v=wokOgLqdtf4 

Et je recommande la lecture de cet excellent livre sur le sujet: Mettre les pervers échec et mat d’Hélène Vecchiali, ed Marabout (2017) 

L’enfant intérieur

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Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de partager avec vous un écrit que j’ai rédigé il y a des années de cela, à l’occasion du concours national de Radio Canada. Cette nouvelle a fini dans les 30 premières, et je l’ai écrite en quelques minutes, alors que les 3 autres, que j’avais soumises au préalable, j’avais planché des heures dessus sans susciter de réactions de la part du Jury ! Preuve s’il en est que le vrai travail se fait souvent à notre insu, et que le fait de ne pas contrôler les choses est une bénédiction… En tout cas, la nouvelle que vous lirez ci-dessous est mon cadeau à vous, lecteurs, pour 2017.

Je vous souhaite des gouttes de soleil, de la joie liquide à répandre dans tous les yeux, de l’amour à éparpiller en poussières dans tous les coeurs…

Mon enfant intérieur et moi, on a mis du temps à se rencontrer. En fait, je l’avais toujours ignoré. Sans le vouloir, bien sûr, je ne savais tout simplement pas qu’il était là. Il me regardait, parfois. Me tirait sur la manche, histoire de me faire comprendre que mon insistance à le snober l’agaçait un peu… Rien à faire, je ne le voyais pas. En réalité, je mens un peu, voyez-vous, je savais bien qu’il existait. J’avais eu des aperçus, il y a très longtemps. Petit, je jouais tout le temps avec lui. On s’amusait bien, tous les deux, on faisait les quatre cent coups. C’est sûr qu’avec papa qui gueulait souvent, et maman qui n’avait pas le temps, je le cachais souvent. Parce qu’il ne fallait tout de même pas qu’il se frotte aux grands avant l’âge. Après tout, il était encore petit, et moi je devais le protéger. Je suis fort, moi, et c’est mon boulot, de protéger les petits. C’est comme ça. Jamais rien trouvé d’autre à faire. Enfin, si. Disons que je ne pensais pas pouvoir faire autre chose. Avant. Avant de devenir grand.

Bref, j’ai grandi, et le petit a foutu le camp. Il venait me voir, encore, de temps en temps. Il se posait deux minutes. Quand j’étais en vacances, par exemple. Il venait tout doucement, sur la pointe des pieds. Un vrai petit fantôme. Et me soufflait des mots à l’oreille. Ça ressemblait à des choses drôles comme : « Dis, tu m’avais promis un jour de m’emmener rouler dans les vagues ». Alors moi, naturellement, je lève les yeux de mon bouquin que je lisais tranquillement. Je regarde la mer devant moi, depuis ma petite chaise ridicule que Juliette adore trimballer sur les plages. Avec mon short à grosses fleurs, j’ai sûrement l’air d’un grand… con. Sans doute. Alors j’écoute la petite voix toute douce. Et j’aperçois les vagues qui s’arrachent à la mer dans un bruissement de sable. J’aime ça, écouter le bruit, c’est comme un battement de cœur, en plus léger. Et puis je finis par tourner la tête vers mon petit gars, je lui dis « attends un peu, je finis mon chapitre ». Le truc est simple. Le pavé que je lis n’a aucun chapitre. Juste une longue histoire – un peu indigeste, d’ailleurs – que je lis depuis des semaines. Il ne le sait pas, lui, le petit. Il dira rien. Alors je baisse la tête sur mon livre, et je continue. Et je constate, à la fin de l’après-midi, quand le soleil commence à se coucher tranquillement sur la mer, que le môme n’a pas ramené le bout de son petit nez. Il a dû se lasser.

Je ne faisais pas trop attention, à force. J’étais habitué à ses petites intrusions. Il aimait bien quand j’étais seul, par exemple. Il venait alors, subrepticement, et me demandait de faire des choses, de lui fabriquer un avion en papier, d’inventer une machine à faire du chocolat. Bon, je l’écoutais un peu, m’énervais parfois. J’arrivais toujours à le tenir un peu à distance. C’est vrai, quoi, avec les enfants, il faut toujours se méfier, sinon on se fait bouffer. J’avais appris l’expression parfaite : « Il faut poser des LIMITES ». Voilà. Une fois qu’on a compris ça, ça va tout seul ! Mais mon petit, il ne me lâchait pas. Les limites, c’était celles de son imagination, autant dire que pour lui, ça n’existait pas. Alors un jour, j’en ai eu assez. Je l’attendais, là, tranquillement assis à mon bureau. Tout le monde était parti depuis longtemps, j’avais un rapport à terminer. Juliette devait déjà dormir, et moi, je restais là, penché sur mon ordinateur, avalant de grosses gorgées de café froid pour me tenir éveillé. Mais en fait, je guettais sa présence. Au bout d’un long moment, quand il a pu être sûr que personne n’était dans les parages et que j’avais l’esprit bien occupé (il adore venir me déranger quand je suis concentré sur quelque chose, ça doit être son côté pervers, sans doute), il est arrivé près de moi. Il s’est penché d’un air inspiré sur ce que j’étais en train d’écrire, ce qui m’a assez agacé, je dois dire. Et puis il a laissé éclater un rire clair comme une fontaine. Il semblait impossible à calmer. Et ça allait bientôt être mon cas aussi. Mais il a remarqué à temps que je commençais à ressembler à une cocotte minute avant l’explosion. Ça l’a arrêté net. Il m’a alors souri, gentiment, ce qui m’a surpris. Je ne suis plus trop habitué à ce qu’on me fasse des sourires. Des vrais, je veux dire. Il y a bien les sourires faux de mes collègues, et de tous ceux à qui j’achète des trucs : les fleurs, le café, le restaurant… Mais ce sont des sourires en papier mâché, des choses qui ressemblent plus à des roses fanées qu’à des vrais sourires. Et là, mon bonhomme m’en envoie un de qualité supérieure, un sourire vivant, avec des bouts de quenottes blanches et tout. Il aurait presque pu se décrocher tout seul de sa mâchoire pour s’envoler dans la pièce. Bien sûr, ça m’a déconcentré. Je voulais lui expliquer une bonne fois pour toutes que c’était fini, terminé. Que je ne voulais plus qu’il traîne dans mes pattes. Qu’on venait de m’offrir une belle promotion toute dorée avec un ruban rose autour, et que maintenant, je n’aurais plus du tout le temps de jouer. Plus du tout. Ni de rire, de manger des vers de terre fris, de sauter à la corde ou de visiter des grottes de fées. Juste des rapports à taper, des poignées de main à serrer, de l’argent à mettre à l’abri dans un compte tout neuf spécialement ouvert pour ça…

Au lieu de cela, voyant ce sourire en or massif, je me mets à rire. Un rire ouvert, qui éclate sur les murs fades du bureau. Un rire qui explose d’un coup tous les néons au-dessus, et qui ricoche sur les fenêtres qui donnent sur les tours d’à côté. Je ne comprends rien. C’est comme si ce bruit qui m’avait quitté il y a une bonne dizaine d’année avait réintégré son habitat. Je venais de sauver sans le savoir une espèce en voie de disparition! Alors ça m’a foudroyé, de me rendre compte que même le rire se permettait de faire une intrusion chez moi sans même m’en avertir. Je me suis levé et, sans jeter un seul regard à mon petit bonhomme qui devait être bien étonné, j’ai pris mes vêtements, ma sacoche, et je suis parti en claquant la porte. Non mais. Cette fois, j’ai pensé en dévalant les escaliers, je devrais avoir la paix pour un moment. C’est vrai, quoi, à la fin. Pas moyen d’être tranquille, alors même que je m’étais barricadé dans mon bureau après le départ de tout le monde! Mais j’ai fait contre mauvaise fortune bon cœur, je me suis dit « après tout, il doit se sentir seul, ce petit, c’est pas de sa faute ». Mais je décidai ce soir là de lui dire mon sentiment, et sans détour cette fois, la prochaine fois qu’il se permettrait encore une intrusion inopinée.

Le temps passait, pas de nouvelles de mon petit collant. Ça m’arrangeait. J’avais de moins en moins de temps, et surtout pas celui d’aller faire des niaiseries sur le bord des vagues! Le travail absorbait une quantité considérable de mon énergie, et je consacrais les miettes qui restaient à ma femme, toujours aussi dévouée, mais plus distante. Bah, je me répétais le soir quand je rentrais trop tard pour la voir, ça va finir par s’arranger. Elle m’avait vaguement parlé de quelques soucis de boulot, et elle avait conclu qu’elle avait peut-être besoin d’un break. La vie s’écoulait donc paisiblement, mais je devais de plus en plus souvent voyager, pour le travail. Juliette m’appelait tous les jours, on était bien. On s’organisait même des fins de semaine dans des endroits exotiques. C’est ce qu’il y a de pratique quand on a un gros boulot : on a plus d’argent pour se reposer de la surcharge de travail que ça occasionne. Alors on se voyait elle et moi dans ces occasions. Et je pouvais facilement profiter de la plage, sans entendre la petite voix qui m’appelait pour que je vienne me rouler dans les vagues.

Un jour, j’ai dû partir à San Francisco pour un congrès très important. Comme j’avais la possibilité d’y emmener, Juliette, elle était venue avec moi. C’était bien, cette opportunité de partir à deux. Ça faisait quelques mois qu’on avait pas pu se trouver du temps en amoureux. Alors on était allés se promener en ville et on avait bu des cocktails très chers et très colorés dans un bar qui donnait sur la baie. C’était beau, on était amoureux, on se tenait par la main, et le congrès ne commençait que le lendemain. C’était une de ces nuits d’été qui vous remplissent la tête de nuages, on ne peut pas s’empêcher de trouver que ça sent bon partout, que les gens sont gentils, et que vivre est quelque chose d’extraordinaire. On marchait, tous les deux, et puis on est rentré à l’hôtel, tout émoustillés. On avait commencé à s’embrasser à peine arrivés dans la chambre. La pénombre qui habillait la pièce faisait une atmosphère très romantique, et j’avais une envie carnassière de la peau de Juliette. Elle aussi, je pense. On s’était déshabillé avec une fièvre peu habituelle, et on s’était jeté l’un sur l’autre avec un appétit qui aurait fait honte à un ogre. Après l’avoir dévorée et subi le même sort, j’étais resté allongé à ses côtés. Je regardais les étoiles qu’on apercevait depuis la fenêtre. Juliette est alors partie se faire couler un bain. J’ai alors entendu un bruissement. Un mouvement presque imperceptible. Ça bougeait, à côté du lit. Les draps, quelque chose, ça m’intriguait. Soudain, je l’ai reconnu. Il s’amusait à se déguiser en fantôme avec les draps du lit, le gamin! Sur le coup, surpris, j’ai souri parce que ça m’avait amusé, ce petit jeu. Et puis je me suis souvenu de mes résolutions. Pas question que le môme vienne encore me pourrir la vie ! Alors je m’apprêtais à lui dire de me fiche la paix une bonne fois pour toute, avec toute la sévérité de grand-qui-a-de-l’autorité dans la voix. Quand il s’est redressé pour me regarder. Il a fait un truc incroyable. Il s’est mis à dessiner le contour de mon visage de sa main minuscule d’enfant de 4 ans. Il devait bien avoir 4 ans je pense. Et sa main se posait là, aussi léger que s’il avait passé une plume le long de ma joue. J’étais incapable de réagir, bien sûr. Je le laissais faire, sidéré de sentir ma peau se parcourir d’un long frisson. Quelque chose qui ressemblait à de la douleur, et à de l’attendrissement en même temps. Un truc impossible, quoi. Il était là, et j’étais bras ballants à côté, ne sachant plus quoi faire ni quoi dire. C’est alors qu’il s’est mis à me parler. Lentement, comme s’il avait peur qu’avec mes oreilles de grand, je ne comprenne pas. Il a dit : « Peut-être que tu voudrais que je parte pour toujours. C’est triste, ça, parce que moi je t’aime. Je suis pas capable d’aller ailleurs, c’est chez toi ma maison. Ça fait longtemps que je t’attends, tu sais. Je m’occupe, je joue avec des bouts de ficelle ou je lis des livres, des fois. Des livres pour les enfants, tu vois, avec des images et tout. Mais je m’ennuie. J’aimerais bien que, des fois, tu me prennes par la main, que tu me racontes des choses que tu sais. Et puis je sais pas pourquoi je suis obligé de rester là, mais c’est comme ça. Alors, s’il vous plait, tu pourrais pas jouer avec moi, des fois. Un peu, pas beaucoup, juste pour tenir la queue du chien pendant que je le caresse. Ou alors pour aller voir grand-mère Lisette et manger ses crêpes, tu sais, celles qu’on avalait quand tu étais petit. Elle t’attend, grand-mère, et elle m’a dit qu’elle allait bientôt partir. Alors faut pas que t’attende trop. Et puis j’ai décidé que j’irai avec elle, si tu veux plus me voir. On se donnera la main, tous les deux, et on s’en ira voir le pays des girafes, là où qu’y a de la neige et tout. Ou peut-être qu’on ira là où qu’elle a dit, avec les nuages. Tu comprends? »

À ce moment là, j’entendais le bruit liquide de Juliette qui barbotait dans son bain. Aucune lumière pour faire briller ce qui coulait de mes joues. Tant mieux, c’est pudique, un grand. Mon petit homme se tenait tout droit devant moi, avec un visage sérieux comme je lui en avais jamais vu. Je ne savais pas quoi répondre. C’est vrai que j’avais été dur, avec ce petit. Je l’avais ignoré, je l’avais puni, parfois, écouté, trop peu. Je l’avais mis dans une petite boîte que j’avais refusé d’ouvrir, ne serait-ce que de temps en temps. Forcément, à la longue, il menaçait de manquer d’air. Alors je l’ai pris dans mes bras. Je l’ai serré longtemps, à la lueur des étoiles. Et je lui ai promis que j’allais bientôt lui construire un bateau, pour lui tout seul. Un truc qui va sur l’eau et qui fait des courses avec les dauphins. Après lui avoir fait un bisou pour qu’il s’endorme vite, j’ai rejoint Juliette. Dans son bain. Avec ma robe de chambre. Elle riait, ça faisait plaisir à entendre. On a parlé longtemps, nous aussi. À la fin, elle a fait comme moi, elle s’est mise à pleurer.

Aujourd’hui, Lam a 4 ans. On l’a conçu pendant cette fameuse nuit à San Francisco. On a amarré ‘Petit Môme’ dans un petit port de Nouvelle Zélande, et il fait un temps splendide. Juliette a un bronzage doré qui lui fait les épaules cuivrées. Et mon petit bonhomme est assis à la barre, je lui apprends à naviguer. On prévoit d’être en Europe dans une petite année. Après, je ne sais pas encore. On verra bien. Ça dépendra des vents.

 

Salon nautique de Paris

chers amis lecteurs,

J’aurais eu beaucoup de plaisir à vous retrouver au salon nautique de Paris… Malheureusement, l’éditeur ne sera pas présent sur place et malgré mes efforts, je n’ai pas trouvé un stand pour m’accueillir. Vous pouvez cependant prendre contact avec moi en tout temps sur ce  blog si vous avez des questions et je vous souhaite des fêtes de fin d’année magiques!

 

Femme à la mer… même pas mouillée !

Voilà quelques mois que mon livre est sorti. Je vais créer une page spéciale sur ce blog: « Rubrique bouquins », pour ceux qui aimeraient en savoir plus sur ce qu’il contient. J’y donnerai aussi des nouvelles de mes futures productions !

Je vous laisse également deux liens vers des critiques qui ont été publiées sur Femme(s) à la mer, et qui vous donneront une bonne idée de ce que vous pouvez y trouver. Merci à leurs auteurs pour ces mots qui m’ont été droit au coeur (ces critiques ont été copiées sur la page « Rubrique bouquins », pour ceux qui ont la flemme de copier le lien) !

  • Sur le site www.bateaux.com:

http://www.bateaux.com/article/23601/femme-s-a-mer-assurer-reussite-d-un-grand-voyage

  • Dans la rubrique Livres de mer du site de Sail the World:

http://dev.stw.fr/fr/blogs/livres-de-mer/2016-09-28-femmes-la-mer-fanny-crouy-ed-ancre-de-marine

La vague arrive… et puis quoi ?

Je fais face à mon ordinateur pour vous écrire ces quelques mots. Tasse de thé fumante à mes côtés, j’inspire profondément, et dans l’expiration qui suit naturellement, c’est un sentiment de bonheur diffus qui étale ses brumes autour de moi. Je n’ai pas été détendue autant depuis des semaines, des mois… des années ? On dirait que, depuis que je n’ai plus un travail salarié, l’avenir s’ouvre. Que les événements qui surviennent jalonnent un chemin qui devient visible pas après pas. C’est sinueux, imprimé de détours, mais la direction s’impose, obstinée, et j’en perçois les contours, instant après instant, avec un ravissement certain.

Pourtant, rien ne pouvait me laisser croire à une telle plénitude début septembre. J’avais déjà formé des plans pour les mois à venir, j’avais organisé dans ma tête plusieurs rendez-vous, des projets, des idées. Aménagé une petite place discrète à cette écriture si indispensable, mais une petite place seulement. Entre deux séances de ménage, de courses ou de devoirs avec les enfants. Et puis est arrivée la nouvelle que tout allait être chamboulé. Je n’avais plus de contrôle sur grand-chose, il me fallait prendre la mesure des changements à venir, et tenter coûte que coûte de m’y adapter. Au départ, la colère a pris tout l’espace. L’envie d’en découdre avec une personne qui venait de façon violente me signifier que je n’avais plus ma place là où, un jour avant encore, je travaillais d’arrache pied pour tenir mon rôle. Et puis j’ai pris le temps de considérer cette colère, et j’ai réalisé qu’elle ne visait pas celui qui m’avait de toute évidence jetée dehors. Mais en dehors de quoi ? D’une vie réglée où ce que j’aimais plus que tout : passer du temps avec ma famille, seule, ou écrire… n’était pas au premier plan. Force était de constater en effet que ce qui comptait le plus pour moi n’avait pas la première place dans mon emploi du temps. Il faut bien vivre, me direz-vous, et vous aurez raison. C’est juste que je n’ai jamais eu – jusqu’au mois dernier – qu’une seule façon de concevoir la manière de faire vivre ma famille. Financièrement, je veux dire. Je n’avais envisagé qu’une voie, quand il en existe tant.

Alors colère, oui. Il m’a fallu la reconnaître. Celle que j’ai éprouvée contre moi-même, contre cette façon étriquée de voir ma vie et ma façon de dépenser ce temps précieux qui m’appartenait plus. J’ai dû accepter l’émotion, et écouter tout ce qu’elle avait à dire. Les frustrations tues, les envies de liberté éteintes avec le traintrain des jours qui se ressemblent. Les petites lâchetés quotidiennes qui étouffent peu à peu le flux de vie et d’énergie qui avait pu m’habiter avant, et qui trouvait un exutoire ténu dans quelques moments échappés au fil des jours. C’était comme si on avait appuyé sur le bouton « reset » d’un de ces bons vieux appareils. Quand on utilise une pointe de stylo pour tout remettre à zéro en appuyant dans le petit renfoncement, et qu’on peut alors réécrire l’histoire. Et après la colère, il a fallu pardonner pour le temps perdu et donner une forme quelconque à l’après.

L’aventure aurait pu s’arrêter là. J’aurais pu repartir malgré tout vers mes bonnes vieilles habitudes et chercher d’emblée la place prévue, l’emploi habituel, le temps balisé. Mais faire cela aurait été comme de cracher sur le cadeau donné. Ça aurait été la pire des trahisons. Et cela aurait été insultant pour toutes les personnes qui se sont manifestées depuis en soutenant mes projets d’écriture à grands coups d’encouragements ! Personnes que je remercie ici, car leur soutien m’a portée, vraiment.

J’en viens au cœur de mon propos. Car je pense profondément que les changements radicaux sont des présents que la vie nous fait pour nous aider à nous révéler à nous-mêmes. Si douloureux soient-ils sur le moment, c’est lorsque la vague nous traverse et nous fait basculer que nous tenons une occasion de changer. Le petit bonheur au rabais d’un quotidien sans histoires et sans défis nous porte, certes, mais peut vite avoir le goût insipide des jours qui s’effacent sans laisser de trace. La vie nous malmène, nous jette à terre, et voilà que s’ouvrent des possibilités inopinées de refaire notre histoire, de réinventer le déroulement de ce qui reste. On naît à celui/celle que nous sommes appelés à devenir. Louper le coche, c’est choisir délibérément une vie plus fade. Une existence sécuritaire, c’est vrai, mais sans surprises et avec une joie qui sera toujours limitée par nos petites peurs intérieures. Ce serait comme de s’astreindre à vivre dans une serre au milieu d’une forêt mirifique. On perd vite l’habitude de humer l’air parfumé d’herbe humide, de toucher aux feuilles fraîches, de se coucher sur la mousse délicate, à force de vouloir s’enfermer dans la petite maison de verre pour se protéger des bêtes sauvages.

La vague nous a bousculés, prenons le temps de respirer avant de nous remettre debout. Ne courrons pas vers les solutions habituelles, vers les recettes ancestrales. Il s’agit d’écouter la petite voix intérieure. Celle qui nous nous amène plus loin. Il s’agit de sentir en soi la force vitale qui trouve son chemin jusqu’au cœur et peut nous guider en dehors de nous-mêmes. Il s’agit, pour finir, d’avoir le courage de quitter le tuteur bien commode des habitudes et de choisir de pousser plus haut, seul et sans peur. Cela me rappelle deux citations. La première, digne et belle, est de Nelson Mandela : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends ». La seconde, irrévérencieuse et rigolote, est de Dory, dans Nemo : « Quand la vie t’jette à terre, tu sais ce qu’il faut faire ? Une prom’nade en mer, une prom’nade en mer… ».

Sous les pavois, les livres


Lorsque l’on arrive là, c’est impressionnant la profusion de personnes, de choses et de bateaux à voir. Il faut slalomer entre les visiteurs pour se déplacer, et se faire un chemin entre les stands pour avancer. Des cris de mouette dérangent le ciel par moment, et concurrencent le brouhaha des conversations un peu partout. L’air est iodé, le vent se balade entre les tentes et dérangent les cheveux. Dans les bassins, les bateaux sont alignés sagement le long de quais qui ont été installés en damier pour faciliter la circulation. Sourires de circonstance sur le visage des hôtesses qui accueillent pour les bateaux les plus dispendieux. On visite les autres sans salamalecs et c’est plus simple aussi. Partout, les gens discutent, écoutent les argumentaires, échangent entre marins sans toujours se connaître. La voile est un liant naturel qui fédère les amoureux de la mer. Lesquels ne se privent jamais d’un conseil, d’une opinion et d’un truc à partager pour en apprendre un peu plus et ramener des idées nouvelles à bord de leur bateau chéri.

J’arrive dans ce grand déballage d’articles pour la mer, de gens qui se pressent sur les stands, et rejoins mon propre port d’attache. L’éditeur, Franck, m’y accueille avec Ghislaine, et je sens qu’on m’a fait une petite place, ici, et que je vais m’y sentir bien. D’autres auteurs sont arrivés, nous sympathisons, et l’ambiance est bon enfant, chaleureuse et enlevée. On dirait que je retrouve un groupe de potes, alors même que je n’ai jamais rencontré certains ! On partage sur nos expériences, le passé et le futur, dans la bonne humeur et l’humour.

Les chalands arrivent au stand, entre deux conversations. Ils s’arrêtent le long des rangées de livres, en prennent un qui les accroche, l’ouvrent et le feuillettent. On sent l’odeur de graillon qui vient du resto de derrière, et les parfums de frites s’envolent avec le vent qui s’insinue sur le salon par moment, pour faire danser les pavois. Une femme s’approche, suivie de celui qui doit être son conjoint. Elle est blonde, assez petite, un joli minois avec des traits fins, un regard bleu gris direct et sans détours. Elle prend mon livre, sur une table qui déborde sur l’allée, et en lit la quatrième de couv’. Je m’approche, la questionne sur d’éventuels projets de bateau. Bingo ! Elle est la femme parfaite pour ce livre. Car le projet existe, le marin est tout à fait enthousiaste et motivé, mais elle, c’est avec hésitation et peur qu’elle suit. Sans être tout à fait sûre de vouloir suivre. Dans ces cas là, j’essaie de répondre aux questions avec simplicité et précision. De communiquer tranquillement la joie que cela a été pour moi de me dépasser, de vivre ces moments incroyables vécus sur l’eau. Mais surtout, j’écoute. La trouille tenace, les questions sur l’après bateau, sur le fait d’embarquer des enfants, sur l’obligation de laisser derrière soi ceux qui restent à terre et que l’on peine à quitter.

Chaque fois, je me retrouve dans ces inquiétudes, et je trouve passionnants ces échanges sur ce qui, au bout du compte, nous retient toujours de réaliser les choses folles qui nous habitent ou que l’on hésite à réaliser parce qu’elles semblent tellement plus grandes que nous. Chaque fois aussi, je partage sur ce besoin de se dépasser qui nous fait grandir, dans la vie. Sur le fait que ne pas toujours tout contrôler peut être une bénédiction. Et surtout sur cette certitude que les peurs qui nous étreignent, pour naturelles qu’elles soient, ne doivent jamais nous empêcher d’avancer. Je plaide parfois longuement sur l’importance de quitter sa zone de confort pour vivre plus intensément. Car se cantonner à ce que l’on connaît revient à vivre en pointillés, ou à s’imposer une existence floue et sans réels objectifs. Avoir un conjoint passionné de mer est une chance, et il faut pouvoir s’appuyer dessus pour décoller. Même si je garde toujours des réserves si ledit marin n’est pas réaliste par rapport à ses capacités, est un trompe la mort ou risque d’embarquer sa femme dans des projets bancals. Je n’en ai heureusement rencontré aucun au salon. Alors elle repart avec mon livre, avec l’envie manifeste d’en savoir plus et de dorloter ce projet ou en tout cas de lui faire une place un peu plus grande, peut-être.

Une autre arrive devant le stand, avec laquelle j’entame assez rapidement une discussion. Une jeune femme dans la trentaine toute neuve et qui annonce tout de go que non, pas de marin en vue. Mais une envie terrible de partir en mer, sans savoir encore trop de quelle façon. Qui aimerait faire un changement de vie radical et lâcher le boulot pour quelques mois, voire quelques années. Il s’agit de vivre ce qu’elle porte en elle, et de le faire le plus tôt possible: elle est prête ! Pour d’autres, qui arrivent en couple, l’histoire est différente. Ils sont à la retraite, et partiront d’ici deux ans. Le bateau est acheté, ils se préparent avant de larguer les amarres. Encore un projet tenace et qui les mènera loin. Et je sens la joie qu’ils ont à parler de leur histoire, de ces rêves qu’ils cultivent depuis longtemps et pour lesquels ils ont investi de concert autant d’énergie… A un autre moment, je discute avec une femme qui hésite et exprime des peurs profondes, et une autre se joint à notre petit groupe : celle-ci parle de son projet de partir avec enthousiasme. Un troisième couple s’approche, qui est déjà parti. J’en profite pour lancer à ces derniers une perche qu’ils attrapent au vol, et les voilà qui expliquent aux autres comment ils ont vécu leur voyage, quels obstacles ils ont eu à surmonter, décrivant les moments magiques dont ils ont le souvenir…

Je dois vous avouer une chose. J’ai adoré faire ces rencontres. J’ai aussi tellement aimé que cette lectrice du blog soit venue me saluer, me dire qu’elle venait d’acheter Femme(s) à la mer, et qu’elle pensait partir avec son homme d’ici quelques années ! Vous êtes tous la raison d’être de ce coin de lecture qu’est le blog, et de vous rencontrer en vrai, c’est comme de saluer de vieux amis ! Je me suis sentie aussi touchée par les expériences que l’on a bien voulu partager avec moi, par les doutes que l’on s’est permis d’exprimer, par les questions qui ont fusé durant ces trois jours de salon. Ces partages m’ont nourrie, et je ressens une gratitude immense vis à vis de ceux qui ont accepté d’échanger sur des sujets aussi intimes et compliqués parfois pour eux. Merci aussi à Franck et Ghislaine de leur accueil bienveillant, et aux écrivains dont j’ai apprécié la compagnie, l’humanité, et la gentillesse. You made my day !