Livres à la baille

Je devrais être en train de méditer. En ce jour de rentrée où je reprends le boulot, après 1 mois de vacances. Un mois, ni plus, ni moins. Il fallait cela ! Mais je dois écrire, ce matin. J’ai fini d’écrire dans mon journal, ma petite habitude qui s’accompagne d’un petit thé de ma boutique préférée (Au fil du thé, rue du commerce à Tours). Et je passe habituellement à la méditation ensuite. Sauf que. Sauf que j’ouvre un bouquin près de moi : Comme un roman, de Daniel Pennac. Un auteur que j’adore pour son humour, sa verve, la beauté tranquille de ses mots, jetés comme ça sur les pages, on dirait que c’est fait avec désinvolture, alors que rien n’est jamais gratuit, dans ses livres. Et il évoque ce qu’il appelle « le dogme de la lecture ». Intimé comme un ordre : « lis ! ». Ce serait comme dire à quelqu’un : « dors ! ». Le truc tordant s’il n’était pas si pathétique. Et pourtant, force est de constater que la volonté de contrôle que l’on applique à tant de choses, on l’impose aussi dans la lecture…

J’en veux pour preuve mes efforts soutenus pour implorer mes enfants d’aller visiter la bibliothèque du coin, au lieu de relire sans cesse les mêmes séries de bouquins ! Pourtant, je ne devrais pas me plaindre, et plutôt célébrer à la place le fait qu’ils lisent, tout simplement… Ce n’est pas tant pour leurs études, pour l’amélioration de leur vocabulaire, pour leurs idées qui progressent dans ces petites têtes apprenantes… Non, c’est pour le bonheur que procure la lecture, les perspectives insondables que lire permet de développer. Pour leur capacité toute neuve à s’immerger dans un imaginaire qui les porte au-delà du quotidien. Et comme j’ai aimé avant hier, au retour de nos vacances dans le sud de la France, alors que je conduisais depuis des heures, entendre Théo se marrer en relisant Harry Potter. Un petit rire discret à une entourloupette de passage, un moment régalant qu’il avale comme ça tout rond. Dans ces moments là, je le vois presque littéralement courir aux côtés de Harry, Hermione et Ron, pour fuir un Malfoy suintant de mauvaises intentions. Je vois Laé tenir la corde pour la tendre à James, le héros de Chérub, et Sacha se cacher avec Adamsberg dans une forêt québécoise dans les bouquins de Vargas.

 

Et c’est aussi vrai que nombreuses sont les personnes qui se disent surprises de voir mes enfants accrochés ainsi à leurs bouquins. A un âge où habituellement les mômes rêvent de playstation et de télé. A dire vrai, les miens rêvent tout autant des mêmes choses. J’aime prétendre qu’ils se sont mis à la lecture faute d’avoir accès à des petites distractions aux charmes indéniables. Mais je ne suis pas sûre que ce soit l’explication principale. Pour moi, la passion qu’ils ont développée pour les bouquins vient d’ailleurs. Peut-être de cette petite supercherie qu’une copine m’avait soufflée il y a des années. Que j’avais appliquée, derechef. Il s’était agi, alors que Théo n’avait encore que 8 ou 9 ans, à lire Harry Potter aux 3 mômes avant le dodo. Ils dormaient à l’époque dans un lit superposé à 3 étages, bricolé pour rentrer dans leur chambre lilliputienne de Montréal. Ils étaient donc assis par terre, sur le tapis, autour de moi. Comme chaque soir lors du rituel de la lecture. J’essayais de mettre le ton, de rendre le texte vivant. Je débute. Premier soir, rien. Ils écoutent sans un mot. Fin de la lecture, dodo. Puis après quelques séances, l’action débute. Il devient difficile de lâcher le morceau. Et arrive la phrase fatidique, prononcée par Théo : « maman, continue à lire ! ». Je viens de ferme le bouquin, et le regarde en souriant. Lui tend l’objet : « tu veux poursuivre la lecture ? Très bien, alors lis le toi-même ! ». Et de laisser le marmot dubitatif qui me regarde sans trop savoir quoi répondre. Finalement, il prend le livre, et se promet d’y jeter un œil le lendemain. Il passera finalement les quelques semaines de la transatlantique passée sur Lam avec son père à se descendre toute la série ! Sacha a pris naturellement la suite, et s’est immédiatement beaucoup plu au royaume des livres. Quant à Laé, qui aime bien se faire prier, il a longtemps prétendu que ce n’était pas pour lui. Et puis il a fini par opter par une série que ses frères avaient lu avec bonheur. Mais ne voulait pas entendre parler de Harry Potter. Par principe. Histoire de ne pas faire comme tout le monde. Et j’avoue, j’ai alors usé d’une stratégie que d’aucuns pourront qualifier de vile. Mais je n’ai pas honte. En début de vacances, je lui ai présenté l’alternative suivante : soit lire un tome de Harry Potter, soit faire des maths chaque jour. Bizarrement, il a préféré lire… Et a avalé naturellement toute la série dans la foulée !

Et pourtant, le rapport au livre n’est pas toujours aussi simple. J’en veux pour preuve mon inénarrable parcours au milieu des livres. Une écrivaine qui ne lit pas, c’est indécent, non ? Inenvisageable. Impossible. Ce n’est pas tant que je ne lis pas, que le fait que j’ai des difficultés à me faire ce plaisir. Je lis tout le temps, des tas de bouquins, que je mets des mois à finir. Tout m’intéresse, me nourris, mais j’ai un mal fou à m’accorder le droit de lire. Je suis dans l’action, il y a tant de choses à faire. Et j’envie secrètement mes p’tits gars, qui passent des journées entières allongés sur leur lit, plongés dans des aventures qui les épuiseraient rapidement s’ils avaient à les vivre vraiment… Mais je me soigne. Je tombe parfois sur des perles de romans qui me galvanisent et me font oublier le cours de la vie (dernière trouvaille en date: Poulets grillés, de Sophie Hénaff). Ce midi, j’emmènerai avec moi un bouquin, tiens, pour en profiter entre deux visites. Mais s’accorder le droit de s’adonner à une activité si peu productive est compliqué, je trouve. C’est pourtant indispensable, et j’y travaille chaque jour. C’est retrouver un peu le sens du gratuit. Un truc oublié qui a une important pourtant capitale. Car si la nature avait pris comme nous l’habitude d’effacer tout ce qui ne contribue pas à remplir un rôle, on ne verrait plus les papillons, les oiseaux ne chanteraient plus, et des tas de belles choses disparaîtraient de l’existence. Ce serait bien triste. Alors je commence un livre aujourd’hui, juste pour fêter cela !

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Un petit bout de chemin dans l’Aubrac

Le stand des Editions Ancre de Marine à Brest

Le stand des Editions Ancre de Marine à Brest

Juste un petit mot pour vous dire que j’ai fait un petit passage aux fêtes maritimes de Brest  pour dédicacer quelques livres, et que j’irai au Grand Pavois de la Rochelle et au salon nautique prochainement. Expérience magique que de rencontrer de futurs lecteurs et des personnes qui ont des projets de voyage en bateau…

Et voilà! Je vous laisse pour quelques jours pour aller poser mes pieds sur les chemins de rando de l’Aubrac, dont je vais faire le tour durant une dizaine de jours. La terrienne que je suis restée frétille d’impatience à l’idée de profiter de quelques jours de marche en solitaire ! Je tiendrai un journal, et je publierai sans doute quelques passages sur le blog, pour vous faire voyager un peu!

Je vous souhaite un été en couleurs et vous donne RV à la rentrée (peut-être à la Rochelle 😉 !

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Femme(s) à la mer: la vidéo!

Hello à tous!

Si vous vous interrogez encore sur le contenu du livre que je viens de publier, je vous invite à consulter la vidéo que l’éditeur a mise sur le net. Cela vous donnera un premier éclairage, et je peux aussi répondre à vos questions sur le bouquin directement si vous en avez!

Bonne lecture!

 

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Les chiens.

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Définition.

 

Canidés couverts de poils qui passent leur temps à se foutre dans tous les coins de la maison. Sur les bons petits plats que cuisine maman. Sur le canapé. En fouillis, s’il vous plaît, et sur le cul des invités qui ont l’audace de partager le salon. Sans parler de la langue de ma tante Martha, quand elle déblatère ses histoires à la mords-moi-le-noeud…

Animal aux habitudes bizarres, qui considère qu’un cadavre de petite bête ou un excrément odorant constituant le nec plus ultra de la séduction. Le Chanel du chien, c’est donc « charogne in the grass ». Il paraît que c’est pour mieux couvrir sa propre odeur, pour chasser. Sauf que dans ce cas, le chien oublie que son odeur à lui, si naturelle et émoustillante, constitue en soi un repoussoir qui peut venir à bout de n’importe quel gibier et lui filer la trouille de sa vie au point de désespérer le chasseur qui a eu l’idée de se faire accompagner par son meilleur ami : le chien !!!

Mammifère à quatre pattes, qui considère que baver est aussi normal et sympathique que respirer. Et pour certaines races bénies des dieux, cette bave va jusqu’à tâcher les vêtements. Signe ultime que le chien n’aime pas qu’on l’oublie, même quand on l’enferme dans la maison pour revenir le soir… Et dont la queue s’agite à la moindre surprise, quand il est gai ou qu’il veut discrètement balancer le contenu de la table basse par terre.

Escroc aux dents pointues, capable de se jeter sur le moindre relent de fromage, et qui pourrait férocement combattre pour un bout de carotte que le petit dernier a mollement laissé choir par terre. Ce qui explique l’amour tendre et passionné que le chien éprouve pour les bébés ! Outre qu’ils s’y retrouvent totalement côté saletés (ce qui leur fait un sacré point en commun), ils adorent se fourrer sous la chaise haute, attendant avec délectation que tombe la nourriture, telle la manne en plein désert, ou la règle en bois sur la tête du cancre.

Compagnon sans égal, qui viendra vous sauter dessus avec ses 40 kg d’amour, quand vous voilà le cœur fripé ou l’âme en naufrage. Une fois les premiers émois – léchouilles incluses – passées, il sera aussi l’ami fidèle qui viendra vous apporter, des larmes dans ses yeux mouillés de tendresse, son vieux doudou chéri. Parce que ce dernier, non content de le consoler, lui, quand vous lui tournez le dos ou oubliez sa promenade, a aussi le pouvoir d’attendrir les humains. Eh oui, tout cela malgré l’odeur tenace (pestilentielle ?), les trous mis ensemble dans un entortillamini de couverture polaire déchiquetée, et les coutures pendant lamentablement sur les côtés…

Cabochard fini, qui semble oublier son nom alors que vous le mandez sur le champ et qu’il contemple, ému, une petite bête se glisser sous un fourré. Si la bête est un chat, vous le verrez galoper alors, bondir et pourfendre les buissons, dépourvu soudain de ce pratique appendice qu’on appelle des oreilles et qui permet, si le temps est clément et le ventre vide, d’entendre le maître annoncer le repas.

Mes chiens sont comme ça, et puis joueurs, rétifs, cajoleurs, bondissants, adorables et insupportables, toujours prêts, toujours là quand on a besoin d’un gros câlin. Chez nous, on fait de la zoothérapie, et toute la famille profite de ces kilos d’amour qu’ils distribuent chaque jour…

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Nous sommes ce que nous répétons chaque jour

IMG_0272Aristote aurait dit: «  Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est donc pas un acte mais une habitude.» Et depuis quelques temps, je médite sur la première partie de cette citation. Il est tard, je devrais être en train de me coucher, mais j’ai envie de vous écrire. Ça me turlupine, cette suite de mots. Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. Je trouve cela terriblement interrogeant. Quoi ! Chaque petit geste de chaque petit jour dit quelque chose de ce que nous sommes. Poursuivons là une réflexion intéressante. Jusqu’à tirer du quotidien les fils de ces petites habitudes. Avec un peu de bol et de patience, on pourra peut-être se faire un tricot ! Que répète-t-on ainsi, d’un saut de 24h à un autre ? Est-ce le geste enfilé à la va-vite pour gagner une petite poignée de secondes jusqu’au bureau ? On zig zag entre les voitures, on passe le feu à l’orange ? Et sait-on seulement pour quoi, pour qui, les gagner, ces minutes, ces secondes ? Est-ce le sourire que l’on tend comme une main à la boulangère ? Ou celui qui vient rafraichir par une journée chaude le clodo que l’on croise immanquablement toujours au même coin de rue ? Est-ce qu’on pourrait désigner aussi les critiques que l’on distribue sans y penser sur les autres, le frère, le collègue, l’enfant ou le conjoint ? Une vieille habitude que l’on garde sans y prendre garde, et que l’on traîne à la manière d’un vieux vêtement dont on peine toujours à se débarrasser, car on l’a toujours connu ? Ces petits boomerangs du quotidien, est-ce que cela peut se résumer à ces routines que l’on a pour soi, une hygiène du déroulement naturel d’une vie qu’on laisse parfois passer sans trop la regarder, ou alors à l’inverse en y prêtant une attention soutenue ? Se souvient-on ainsi d’un minuscule moment passé en solitude avec soi, pour faire la paix le temps de quelques respirations avec un monde qui va trop vite, pour reprendre le souffle d’un flux d’événements qui nous inonde ? Y a-t-il donc dans nos précieuses minutes des échappées pour soi tout seul, au milieu du monde, ou bien n’est-on jamais habité, chaque jour, que par les besoins et les sollicitations des autres ? Comment remplit-on la source intérieure à partir de laquelle tirer ce qui vit en nous, ce qui est créatif et qui demande à bouger ?

La somme de tous ces gestes minuscules effectués à chaque instant de chaque jour nous définirait ainsi mieux qu’un CV ou une photographie. C’est sans doute sur ces instants qu’il faut arrêter l’objectif, pour comprendre mieux qui nous sommes. Cette phrase m’interpelle, et j’en viens à me demander de quoi sont faites mes journées. J’aimerais y trouver de l’amour, du temps ralenti, des sourires, de l’écriture, de la passion. Tout n’y est pas, tout est perfectible. Mais je garde le sens de ce qui doit être, et cela me donne une direction. Et vous, il est dirigé où, votre arc personnel ?

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Femme(s) à la mer


Et voilà! Cela fait tellement d’années que j’écris, et voici enfin le résultat de tous les mots alignés sur des pages depuis si longtemps…

Je publie donc mon premier bouquin, et vous avez la possibilité de mettre la main dessus si l’envie vous chatouille!

Il s’adresse en particulier à ces femmes à qui le gars dit un jour: “chérie, j’ai bien envie de partir en bateau faire un voyage avec toi: t’en dis quoi??”. Guide pratique, aide à la réflexion, et petit manuel de survie pour un projet de voyage en mer, il raconte des histoires (la nôtre et celle de famille que nous avons croisées en route), sème des réflexions et vous accompagnera si vous vous posez la question de larguer les amarres.

En tout cas, je compte sur vous pour faire du bruit autour de l’événement et pour en parler à toutes les personnes qu’il serait susceptible d’intéresser!!

L’éditeur me signale qu’il est d’ores et déjà disponible à la commande, avec un tarif réduit si vous le commandez avant sa parution en librairie, il vous sera dans ce cas envoyé dès le début de juin. Pour aller le chercher, vous pouvez vous rendre sur le lien: http://bit.ly/1sAylb6

Bisous à tous mes lecteurs, et merci à tous ceux qui m’ont accompagnée, soutenue et encouragée durant ce projet de longue haleine!

fanny

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Contre post

le yin et le yangMon post du 30 avril en a laissé certains perplexes. D’autres se sont apparemment teintés d’un léger sentiment de culpabilité. D’autres ont eu envie de faire quelque chose pour me montrer qu’ils comprenaient. Ces réactions m’ont fait réfléchir. En fait, il y a très longtemps que je voulais écrire ce post du 30 avril. Ce qui me retenait, c’était le refus total que j’avais de montrer un quelconque besoin de reconnaissance. Cette déperdition de l’égo qui se cherche dans le regard des autres. Mais j’ai finalement publié mon petit sac de mots, parce qu’il me semblait que le besoin d’échanger était légitime, et légitime aussi mon envie de vous donner un peu en vrac ces raisons qui me poussent à écrire. Maintenant, ce passage là est franchi. J’ai écrit ce que j’avais à écrire, et cela m’a fait du bien. Reconnaissance ou pas, besoin de communiquer à double sens (comme les autoroutes !) ou pas, les mots se sont envolés et je peux passer à autre chose ! Mais loin de moi l’idée de susciter la moindre culpabilité chez ces lecteurs chéris que vous êtes pour moi ! Il ne s’agit pas de se forcer à mettre des messages si l’envie ne vous chatouille pas !! Et puis j’ai réalisé que si les messages ne pleuvaient pas, c’était peut-être aussi tout simplement parce que mes propos n’appellent pas forcément de réactions.

Si bien que là, j’ai simplement envie de vous dire merci. Merci de flâner de temps à autre sur ce blog, merci de lire quelques mots par ci, par là, merci de faire fonctionner la machine à rêver, ou de rire peut-être, de vous prendre un peu la tête entre les mains pour vous dire tout à coup : « c’est vrai, au fond, est-ce que moi aussi je… »… Merci de faire circuler l’énergie au bout de la souris.

Et puis si d’aventure des nouvelles réjouissantes traversent votre vie, chopez en une par le bout de la queue, et accrochez là dans la petite rubrique que j’ai créée pour cela : « Goodnews paper »: il suffit simplement de mettre un commentaire dans sur un post de votre choix en indiquant en en-tête: “Goodnews”.

Cela pourrait faire une chaîne de jolies images à regarder pour les jours de pluie.

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Le temps qui court, et quand il s’arrête pour respirer

Nous voilà allongés sur le sable qui n’est pas parvenu à se réchauffer malgré le soleil. Théo, Laé et moi. Chacun s’est fabriqué un petit nid de sable, dans lequel il s’est lové avec bonheur. On s’entend respirer. Le temps s’est arrêté, un petit vent nous chiffonne les cheveux gentiment. Des bruits de voix nous parviennent des voisins autour, d’enfants qui jouent sur la plage, on les entend à peine. C’est une idée du bonheur, celui que nous n’avions pas programmé, encore moins anticipé. Nous sommes venus à Pornichet sur un coup de tête, sans vraiment avoir préparé ce séjour, un peu comme si on avait débarqué là à la dernière minute. On met les tentes et les duvets dans la voiture, de quoi manger deux trois choses, des affaires de toilette, et ouste ! Dehors !

De la même façon, nous ne savions pas trop de quoi allaient être faites ces deux petites journées improvisées. Les choses se sont faites presque à notre insu, par hasard. Nous nous demandions ce que nous avions envie de faire et… Petite plage, battue par un vent léger, au soleil voilé de cette fin de journée. Le bonheur est tangible, palpable. Peu de mots. On se regarde, Théo et moi, on est juste au summum du bon, du beau et du qui fait du bien. Le bonheur, ça tient dans une poignée de sable. Laé quant à lui dévore son livre, rit parfois franchement, concentré sur les situations cocasses que son imagination lui déroule, et il est détendu, plongé dans son univers de mots. Théo, comme moi, sait que nous tenons là un moment parfait. Un de ces instants qui parfois se cousent ensemble pour former ce que j’appelle des « journées parfaites ». Quand, pour un moment, tout est simplement beau, pur, partagé. Car une journée parfaite se joue à plusieurs. C’est quand l’harmonie touche les êtres et leur permet de se sentir bien ensemble presque sans mots, juste avec le tissage de l’amour qui fait tenir ensemble ces pans du temps léger.

 

Ma vie est un continuum de moments qui se succèdent souvent rapidement. J’y trouve le temps de méditer, un peu, de faire du yoga, du dessin, de la cuisine et de la lecture. Un peu de bénévolat, des rencontres, du quotidien à entretenir, des personnes à serrer dans les bras. Tout s’affole parfois, à devoir faire rentrer dans le petit sac d’une journée tous ces instants divers qui s’agitent dans tous les sens. Mais cela ne m’effraie plus. J’ai conscience d’avoir plusieurs vies en une, mais ne considère plus cela comme une tare, une chose un peu sale dont il faudrait que je me débarrasse. Au contraire. Je cultive la vie comme elle se déroule, à ce rythme effréné parfois, tout en faisant de la place, une belle place, pour ce qui m’importe. On m’a parfois dite « hyperactive ». Je déteste ce mot. Il ne s’agit pas d’hyperactivité. Mais plutôt d’hyperénergie. J’ai besoin de ce trafic d’énergie et d’amour qui circule autour de mes mains lorsque je fabrique quelque chose ou que je le reçois. L’important, c’est la conscience présente que je mets dans ce que je fais. C’est la dose d’amour que je garde en cadeau dans ce que je donne. C’est le câlin que je fais à chacun de mes enfants chaque soir, même s’il me faut grimper à présent sur une marche pour entourer de mes bras mon grand Théo qui me dépasse largement, sous peine de finir pliée en deux comme un tournesol à l’envers !

Finalement, je dois dire que j’aime ce tourbillon de vie qui s’affole dans mon emploi du temps. Mais ce que j’adore par dessus tout, c’est faire de la place pour le reste. Pour ces moments qui s’invitent à mon insu pour me surprendre. Comme cette personne rencontrée au boulot et dont je pressens quelque chose de chouette, qui vient souper à la        maison et avec qui ça clique ! Comme ce moment improvisé où je m’invite chez une amie pour aller explorer son jardin et discuter autour d’une tasse de thé. L’important est moins l’événement en lui-même que la rencontre, et que l’espace qui a été préservé pour que celle-ci ait lieu. C’est pourquoi je continue à accepter de mes enfants qu’ils ne programment plus leurs vacances lorsque Ben et moi travaillons. Ils sont alors libres de se déployer, de regarder le temps s’écouler sans avoir de comptes à rendre ou de tâches à accomplir. C’est fou toute la matière de temps et d’énergie positive qui se dégage lentement d’un instant sans but !

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GoodNews Paper: une naissance

Je chiffonne quelques mots en vrac. J’en prends un au hasard, je le déplie, le voilà, déposé sur la page, souriant et frais. Goodnews paper. Ça fait deux mots, je sais. J’ai néanmoins envie de vous prendre par la main et de vous emmener faire un tour. Malgré votre silence, souvent pesant.

C’est vrai, quoi ! J’écris dans ce blog, et même si pas mal de gens viennent flâner le long des mots, penchant le regard sur les bouquets de phrases éparses, au fil des posts, c’est le grand silence. Vous venez prendre quelques idées, un courant d’air, un parfum, et vous repartez en laissant la porte ouverte. Cela me manque, parfois, un petit mot, une réponse, un commentaire, une idée en l’air, lancée comme un cerf volant dans le ciel. J’aimerais ça, avoir un reflet quelconque de votre passage. Ce serait comme une conversation débutée entre vous et moi, et qui pourrait s’étirer dans le temps. Ce serait comme parler avec des amis qui envoient d’autres façons de voir, d’autres expériences. J’ai toujours considéré ce blog comme un espace d’échange, mais je finis par réaliser que je suis parfois un peu seule à y parler, à y lancer mes pensées. Si jamais vous trouvez comme moi que tout cela est un peu trop à sens unique, n’hésitez pas à poser votre petite pierre blanche près de celles que j’ai disposées sur le sol. Cela me fera du bien, de savoir que mes mots en rencontrent d’autres. J’en ai besoin, pour savoir pour qui j’écris. Car une idée est faite pour rebondir dans le cœur de ceux qui l’entendent. Et devrait s’entrechoquer avec les idées d’autres personnes qui conçoivent ainsi des histoires différentes.

Bref, le GoodNews paper, c’est une idée toute simple et sans apprêts. L’idée, c’est de faire vivre ce qui nous fait du bien à tous, au jour le jour. C’est de créer un espace qui laisse toute la place à ce qui va bien dans le monde. Histoire de montrer chaque jour la lumière qui ne s’en laisse pas compter par l’ombre. Histoire de tirer la langue à tous ces journaux qui s’écrivent à l’encre de la guerre, la peur, la haine et ce qui nous pourrit la vie sans la soutenir. Moi, j’ai envie de débuter un journal des bonnes nouvelles, qui recenserait les belles choses qui nous aident à vivre. Il n’est pas ici question de prétendre que tout est parfait. C’est simplement une manière de choisir vers où tourner la tête lorsque l’on regarde le monde. Tout est une question de choix, au final. Même refuser de choisir est un choix ! Je choisis de voir le beau et de lui faire une place de taille dans ma vie.

Voilà, le fil est lancé. Entre deux posts, je vous lance ce défi. J’aimerais que, dès que vous en sentirez l’envie, vous écriviez une de ces petites nouvelles magiques qui font s’éclairer l’existence. Un truc qui vous fait du bien, vous fait sourire, vous aide à marcher droit. Je vous laisse la plume sur la table, voici du papier. Je vais ainsi créer une page, un onglet spécial juste pour cela. Vous m’écrivez dans les commentaires, et je publie votre prose. Histoire que ce blog soit vivant et qu’il remplisse son rôle de pourvoyeur d’échanges et de liens.

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Minuit dans le jardin du silence et de la poésie

Je veux parler de toutes ces petites limites intérieures qui bornent nos horizons. De la joie que c’est de partir seul, parfois. De repousser un peu les murs du temps, histoire d’y voir plus clair. Laisser flotter un peu dans le vent quelques pensées, les contempler, les regarder s’enrouler en volutes dans les nuages d’émotions que l’on ne cherche plus à retenir.

 

Ces moments, je les préserve, je les cultive. Ils sont le simple reflet de mon bien être, quand j’arrive à lui faire assez de place. Ainsi, quelles que soient les tâches qui m’incombent, l’encombrement de ma vie, et la lourdeur épaisse d’un quotidien tissé trop serré, je m’évade un peu chaque année. Je dis un jour à Ben : « tu garderais pas les enfants dans un mois? ». Pendant un week end, une semaine, un mois (c’est arrivé une fois !). Et je m’échappe.

 

Je ne décide alors que très peu de choses. Le lieu. Le nombre de jours. Le contenu de ma valise (toujours trop lourde !). Et je pars avec tout ce joyeux bazar, mes vieux sacs à rêves, mes souvenirs à six sous. Le cœur en bandouillère, et les yeux mi clos, tout à l’anticipation de ces moments à moi.

 

Quand j’arrive enfin, je pose tout un peu partout, l’ordre n’a aucune importance, pour peu que je m’y sente à mon aise. Et c’est alors que je décide de quoi seront faites ces journées. Improvisation à la clé, du menu de chaque repas jusqu’aux sorties nature.

 

Du temps pour le silence, énormément. Un peu pour la musique, passionnément. Beaucoup pour l’écriture. Et le gros reste, pour la marche. Je pars marcher des heures durant. Je rentre. J’écris. Je mange. Je dors. Un film ou deux, un bouquin ça et là. J’en amène toujours plusieurs, des fois que. J’hésite souvent entre les styles, les auteurs, au gré de mes humeurs. Et je noircis des pages entières. A la main, le plus souvent. Ça va vite, sur le papier. C’est presque un tableau, tous ces mots qui défilent comme à la parade. Des bouquets de mots mis ensemble pour jouer avec les lumières qui défilent dans le ciel dehors.

 

Mais partir. Seule.

 

Laisser le quotidien trop fidèlement tracé. M’affranchir des relations d’habitude, des liens que je connais, pour retrouver l’enfant que j’ai laissée au bord du jardin, un jour de grand vent.

 

Il me faut retrouver cette petite fille qui s’amuse un peu tristement parfois, qui s’ennuie par moments, et à laquelle j’ai besoin de consacrer du temps. La p’tite Fanny demande à sortir, à jouer avec moi, et je ne peux pas la décevoir.

 

Souvent, en évoquant ces échappées furtives, j’ai reconnu le regard interloqué, choqué parfois (« abandonner » ses enfants, même quelques jours, quelle horreur !), envieux aussi, de mères à qui je m’adressais. Peu avaient les mêmes pratiques. La plupart allant dans le sens que la vie semblait leur imposer. Sans réaliser qu’elles pouvaient, elles aussi, imprimer un mouvement bien personnel à ce flot impétueux qu’on appelle cette suite de tâches bien ordonnées de chaque jour. Une sorte d’hygiène de soi bien placée, qui rejaillit ensuite sur la brochette d’enfants que l’on aime ensuite retrouver, un peu plus reposée, un peu plus posée, un peu plus disponible.

 

Je revendique le droit d’écouter mon besoin de partir seule. Cet appel du cœur et du corps, qui savent que c’est dans la lenteur étudiée d’une solitude choisie que l’âme prend son envol. C’est ainsi que je conçois ces petits départs. Une respiration profonde dans une course rapide. Un élan nécessaire. Que je vous souhaite de connaître.

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