Femme(s) à la mer arrive à La Rochelle !

imageVous êtes les bienvenus sur le stand de l’Ancre de marine au salon du Grand Pavois de la Rochelle ! J’y suis jusqu’à dimanche et j’aurai plaisir à vous rencontrer et à vous dedicacer mon livre ?

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La vie comme elle respire

OLYMPUS DIGITAL CAMERAJ’ai envie de débuter un petit tour du côté des souvenirs avec vous. Ce serait comme un jeu de piste, ou une guirlande de photographies jaunies par le temps. On se promène, on en choisit une qu’on décroche, et on respire le parfum d’histoires qu’elle exhale.

La première qui me vient, c’est celle d’une naissance. Au sens propre et sanglotant en même temps. La naissance telle que je l’ai vécue trois fois. L’image que je choisis est celle du poupon fripé qui vient se nicher contre le sein qu’il découvre pour la première fois. Chacun de mes fils a pu poser à ce moment là, un petit bonnet minuscule coincé sur sa tête encore toute cabossée du passage étroit qu’elle avait dû affronter. Cette photographie me ramène aux minutes qui ont précédé, chaque fois, ce moment de silence et de calme béni. Je revis les instants de douleur intense, les contractions qui broient le ventre, les postures impossibles pour tenter de faire passer les efforts du corps pour sortir l’enfant. C’est brutal, une fièvre me prend, le chaud et le froid m’envahissent par vagues, je sens à peine le linge humide que Ben me passe sur le visage pour me soulager. Il me semble que je pourrais presque dormir tant la fatigue pèse sur moi de toute sa lourdeur, mais je goûte à une presque plénitude lorsque mon chéri appose contre mon dos un bienfaisant sac magique, appliquant une chaleur merveilleuse là où les coups du corps se font les plus violents.

Il y a ce travail, toujours trop long car si douloureux, au moment où la naissance est proche. L’entourage se mobilise et retient son souffle. On voit la tête. On essaie de me coller un miroir sous le nez pour que je regarde le rond coiffé de cheveux épars qui fait son chemin. Mais je détourne le regard, transpirante, j’ai besoin de me concentrer. Chaque contraction me serre comme un étau, mon ventre se durcit comme la pierre, et je dois me détendre pour laisser le travail se faire. C’est là le plus difficile. C’est un peu comme pour l’écriture. Il ne faut pas se mettre en travers du chemin. Laisser la douleur prendre sa place, car avec elle l’enfant avance, lentement et sûrement, vers l’air et la sortie. Encore un effort, hop, la tête finit par sortir. Ça brûle, mais il ne faut pas arrêter là.

J’accompagne chaque mouvement avec une respiration profonde. Je me détends, dans tout ce fatras de sensations diffuses et envahissantes. En tout cas, j’essaie. L’enfant se tourne doucement, on nous encourage lui et moi du regard avec des mots, je sens la main de Ben autour de mes épaules, il regarde sans en perdre une miette, ce que je n’ai pas la force de faire. Puis une épaule s’engage, sort, et finalement une autre, et là, d’un coup, l’enfant apparaît, on le prend, on l’emmitoufle dans une couverture, on entend son cri avec bonheur et ravissement. La douleur s’arrête d’un coup. Le job est fait. Je prends l’enfant sur mon ventre. A bout de force, mais heureuse. Je n’y crois pas. Je n’y ai jamais cru. A ce déballage d’amour en petit paquet de 3, 4 kilos. Ça grouille de vie, et ça veut de la chaleur. Ça veut entendre en vrai la voix dont il a perçu les vibrations étouffées durant 9 mois. Ça veut manger aussi. On le pèse, on fait les petits tests habituels, on le manipule avec douceur. Il se laisse faire, gentiment. Je lui parle. Ben lui parle aussi, le caresse, n’en croit pas ses yeux. Le drap est doux, sous la main. L’enfant traîne encore un peu de sang sur sa petite peau ridée. Ses mains sont microscopiques, serrent très fort le doigt qui les chatouille.

J’ai encore mal, mais presque plus. Ce n’est plus ce qui compte à présent. Et c’est vrai que l’accouchement est violent, qu’il nous semble qu’on va mourir tant cela fait mal. C’est vrai aussi que c’est une douleur utile. Une douleur qui a un sens. Une peine que l’on porte jusqu’au bout pour que la vie fasse son chemin. Et une douleur, surtout, que l’on oublie chaque fois. Pour que la fois suivante puisse se produire sans qu’on l’appréhende trop.

Plus tard, ce sont les bruits de succion que l’on entend. Le bébé ronronnerait presque de bonheur, tant est bonne cette première tétée qu’il a tant attendue. Il tète autant l’amour que ce qui sort du sein. On sent comme une odeur de lait, mêlée à celle d’une peau de bébé toute neuve. Une odeur chaude et qui réconforte. Le bébé avec son petit bonnet trop grand pour sa tête minuscule. Qui niche une main adorable sur le sein convoité. Ne bougeons plus. Clic.

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La fée bleue et le piano blanc

Les souliers crissent dans le couloir. Pouik, pouik. Bruit du caoutchouc qui se décolle à grand peine de la surface lisse. Ça et là, des chariots devant les chambres de patients, des sacs poubelle jaunes accrochés sur le bord, quelques draps empilés… On sent une odeur de désinfectant légère. Les sempiternelles bouteilles de solution hydro alcoolique bleues sont perchées un peu partout.

On entre dans sa chambre. Elle est là, trônant sur son lit, légère comme une plume et le sourire accroché au visage. C’est son emblème, son arme fatale, son bouclier personnel, ce sourire. Il s’étire toujours jusqu’au coin des yeux, ceux-là qui sont si invitants, riant à la moindre émotion et qui s’étonnent parfois d’un moral en berne furtif.

Elle a les mains cachées dans d’énormes moufles bleues, et les pieds perdus dans un sac glacé lui aussi. Chimio oblige. Drôle de costume de cosmonaute pour une voyageuse de l’espace. Pour une âme joyeuse qui se bat comme une lionne pour que la vie gagne la partie.

Le médecin entre. Une femme entre deux âges, cheveux courts, yeux bleus (c’est contagieux, ces trucs là !), boucles d’oreille pendouillantes. Qui commence à parler médical, plan de soin… On s’éclipse.

 

On se retrouve à 3, à errer dans les couloirs sans trop savoir où aller. J’ai un sentiment diffus de gêne, peut-être due à ma bonne santé dans ce lieu meurtri de personnes malades. Même infirmière, j’ai du mal à me sentir à ma place dans un hôpital. C. propose alors d’aller étrenner le piano. Celui qui vient d’être offert au service, un don musical inopiné. L. et moi acquiesçons avec enthousiasme. Allons secouer l’air de cet endroit pour en tirer quelques notes !

Pouik, Pouik. Le petit bruit annonce notre arrivée dans le hall. On parle à voix basse. Ça sentirait presque la religion. La maladie, ça appelle le respect et le silence aussi sûrement que les églises… Mais il est temps d’apporter un peu de mouvement dans cette immobilité pesante.

Le piano est blanc. Laqué. Lumineux. Sa surface est douce et lisse. C. prend place sur le tabouret noir. Un vrai truc de pianiste en concert. L. et moi ouvrons doucement le capot, ça fait un bruit étouffé. Derrière nous, les gens passent, entrent et sortent du hall. Ils nous jettent des regards un peu curieux, esquissent un sourire en douce. Quelques soignantes se mettent à observer de loin, soudain attentives.

C. débute un accord connu. Se trompe. Hésite. Pour s’arrêter finalement : « je ne connais pas la suite ». S’excuse et repart sur un air différent, plus rapide. La magie se saupoudre déjà dans la pièce au plafond haut, bordée de fenêtres. Cette musique, c’est un coup à vous coller des couleurs vives sur les murs trop pâles. Et finalement, C. se lance. Il entame un morceau qu’il a inventé il y a longtemps, et que ses doigts connaissent sans y penser. Le morceau se déroule et les visages autour s’éclairent. Le groupe de femmes près de nous s’est tu, elles goûtent chaque note avidement. Des sourires se baladent près de nous en passant, un couple de personnes âgées, un professeur réputé de l’hôpital… J’en ai comme une boule dans la gorge, de savoir que cette petite gaieté transparente va aller se promener dans une chambre, là où quelqu’un reçoit peut-être une chimio ou pleure sur sa santé branlante. Cette musique, c’est comme une caresse sur la joue, une main solide placée sur l’épaule vacillante, un regard appuyé qui enveloppe d’amour épais. Un truc généreux qui aura peut-être fait tout une différence aujourd’hui.

Notre mélomane termine finalement son morceau. Il a lancé le cadeau en l’air, et quelques personnes ont dû l’attraper au vol, c’est sûr. Il y a des « mercis » qui planent dans le regard de certains. Nous, on part retrouver celle qu’on est venus accompagner. La petite fée bleue. Et nos pas sur le sol font le petit bruit incontournable. Pouik pouik.

Je dédie ce post à M., L. et C.

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Le grand chambardement, ou quand la pluie tombe et qu’on n’y peut rien…

Je jubile depuis quelques jours. Plus de boulot. Cela paraît dramatique mais en fait, je jubile. C’est juste un peu difficile de se dire que, pour la première fois de sa vie, on va tenter de réaliser un travail qui n’en est pas un. Que je vais avoir la possibilité de faire ce que j’ai toujours rêvé de faire. C’est dur, de changer ainsi de perspective. De quitter les vieux principes poussiéreux que l’on m’a pourtant assénés du bout de la règle en bois qui me tapait les doigts : « le travail est quelque chose de difficile, de pénible et c’est une souffrance, c’est normal que ce soit aussi horrible ». Non ! Là, il s’agit de me mettre à écrire, le truc que j’adore et que je persiste à faire envers et contre tout… Et j’envisage avec appréhension, incrédulité et bonheur d’écrire à temps plein, autant que me sera donnée cette possibilité incroyable. Du coup, là tout de suite, j’abuse de cette liberté toute neuve et je vous écris. Pour toutes ces fois où je me suis interdis d’écrire un post parce que j’avais X, Y et Z à faire en priorité. Et que la priorité n’était pas souvent l’écriture…

 

Alors branlebas de combat dans ma chaumière intérieure. Il n’était pas prévu que je me fasse licencier. C’est un de ces revers que la vie fait pleuvoir un beau jour sans crier gare sur une tête en mode automatique. Le pire, c’est de lever le nez soudain et de crier, de se rouler par terre ou de chercher par tous les moyens à se protéger. C’est généralement le réflexe que l’on a, d’ailleurs. Je dis « le pire » car c’est le meilleur moyen de se carapater, et de souffrir. On se met alors en mode « victime », et on s’expose à ce que la vie renouvelle son petit manège à la première occasion. Je connais bien le truc. Pendant des années j’ai fonctionné ainsi. En prétendant : « même pas peur », en me roulant dans un manteau et en m’enfuyant en courant. Je faisais comme si tout cela était terriblement injuste, non mais c’est vrai quoi, c’est pas normal, et les autres, les grands coupables, c’est eux qui devraient en baver, etc. Et je retournais bien vite et bravement ( ?) au turbin. Je retrouvais du boulot, ou alors je sautais sur une occasion qui se présentait pour rebondir… J’éludais le message qui venait de m’être envoyé, et je bouchais mes oreilles pour ne pas entendre ce que la vie, dans sa grande sagesse, voulait me faire comprendre à tout prix.

J’ai changé, il faut croire. Je crois que j’ai un peu grandi. On dirait que le message, j’ai accepté de le lire, tout mouillé dans ma main ouverte. Je me suis posée sur une pierre, il pleuvait encore sur mes vêtements imbibés, et j’ai écouté. Le bruit de cette pluie disait en clair : « tu t’es paumée, Fanny. Ça fait longtemps que tu te cherches, et tu t’es perdue dans ta propre quête. » Et la petite voix de me demander ce que je voulais vraiment, tout au fond. Ce que je voulais, c’était juste… écrire. Avoir un travail qui me nourrisse, et pas simplement le ventre. Je voulais grandir dans un boulot, suivre mes rêves, mes aspirations, mes besoins de grand vent intérieur. Je voulais que travail rime avec attirail, soupirail, mais aussi joyeuse balade, entreprise ambitieuse, plaisir et amusement. Pas forcément grand chose à voir avec mon quotidien d’alors. D’il y a encore 2 semaines… Je voulais être seule maître à bord, pas prise dans des entrelacs de relations professionnelles compliquées, dans des luttes de pouvoir dont je n’avais que faire, dans des nœuds émotionnels impossibles à dénouer…

Sur mon caillou, j’ai levé la tête et regardé la pluie qui me tombait dessus. Elle m’invitait à réagir. J’ai réalisé que des murs, j’en avais pris beaucoup dans la face, sans que j’arrive jusque là à prendre la leçon vitale qu’ils m’assénaient malgré moi. J’en ai eu assez de prendre des coups parce que, simplement, je n’avais pas le courage de prendre mes rêves pour des réalités. C’était comme de nager à contre courant, parce qu’on n’a pas compris qu’en allant dans le bon sens, c’était plus facile et beaucoup moins énergivore. Alors j’ai décidé que j’allais enfin me laisser faire. Suivre le courant, et même nager vers l’aval. Avec le sourire, et la légèreté de cette conscience toute neuve d’aller enfin vers moi-même. Il s’agissait de rattraper le temps perdu à rentrer dans le petit moule tout prêt qu’on m’avait assigné, et dans lequel je ne rentrerais décidément jamais. Le cercle n’irait jamais dans le carré, voici la leçon que s’évertuait à me donner sans cesse une vie patiente et entêtée. Je ne pourrais jamais avoir la vie qui ne me correspondait pas, simplement parce que la mienne se définissait autrement, ailleurs que dans des rêves qui n’étaient pas les miens. Et tant pis pour le fric, pour les factures, pour la vie socialement habituelle, tant pis pour les regards de biais face à ce choix improbable, et pour les inquiétudes des proches qui nous voient partir sur des sentiers inabordés… Je pars en écriture comme on visite un pays, j’ignore pour combien de temps ni pour quels résultats, mais je pars. Le stylo en bandoulière, je quitte le pays des habitudes pour celui des rêves. Je vous emmène avec moi, sans doute, car je vais avoir davantage de temps à vous consacrer désormais. Je me promets quelques incursions rigolotes dans des jeux d’écriture, et puis on verra bien où tout cela nous mène. Je pense avoir rarement été aussi heureuse. Ma nouvelle vie commence aujourd’hui, parce que comme l’a dit un enfant il y a quelques jours : « le bonheur, c’est maintenant ». Et je remercie Ben, qui m’a toujours expliqué en clair ce que j’ai mis toute ma vie à comprendre. Lui qui a compris bien avant moi que seule cette vie là me rendrait heureuse. Lui qui n’a jamais lâché son soutien et qui m’a tendu perche après perche. Je saisis enfin la dernière qu’il vient de m’envoyer, et on part ensemble sur ce bout de chemin là !

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Livres à la baille

Je devrais être en train de méditer. En ce jour de rentrée où je reprends le boulot, après 1 mois de vacances. Un mois, ni plus, ni moins. Il fallait cela ! Mais je dois écrire, ce matin. J’ai fini d’écrire dans mon journal, ma petite habitude qui s’accompagne d’un petit thé de ma boutique préférée (Au fil du thé, rue du commerce à Tours). Et je passe habituellement à la méditation ensuite. Sauf que. Sauf que j’ouvre un bouquin près de moi : Comme un roman, de Daniel Pennac. Un auteur que j’adore pour son humour, sa verve, la beauté tranquille de ses mots, jetés comme ça sur les pages, on dirait que c’est fait avec désinvolture, alors que rien n’est jamais gratuit, dans ses livres. Et il évoque ce qu’il appelle « le dogme de la lecture ». Intimé comme un ordre : « lis ! ». Ce serait comme dire à quelqu’un : « dors ! ». Le truc tordant s’il n’était pas si pathétique. Et pourtant, force est de constater que la volonté de contrôle que l’on applique à tant de choses, on l’impose aussi dans la lecture…

J’en veux pour preuve mes efforts soutenus pour implorer mes enfants d’aller visiter la bibliothèque du coin, au lieu de relire sans cesse les mêmes séries de bouquins ! Pourtant, je ne devrais pas me plaindre, et plutôt célébrer à la place le fait qu’ils lisent, tout simplement… Ce n’est pas tant pour leurs études, pour l’amélioration de leur vocabulaire, pour leurs idées qui progressent dans ces petites têtes apprenantes… Non, c’est pour le bonheur que procure la lecture, les perspectives insondables que lire permet de développer. Pour leur capacité toute neuve à s’immerger dans un imaginaire qui les porte au-delà du quotidien. Et comme j’ai aimé avant hier, au retour de nos vacances dans le sud de la France, alors que je conduisais depuis des heures, entendre Théo se marrer en relisant Harry Potter. Un petit rire discret à une entourloupette de passage, un moment régalant qu’il avale comme ça tout rond. Dans ces moments là, je le vois presque littéralement courir aux côtés de Harry, Hermione et Ron, pour fuir un Malfoy suintant de mauvaises intentions. Je vois Laé tenir la corde pour la tendre à James, le héros de Chérub, et Sacha se cacher avec Adamsberg dans une forêt québécoise dans les bouquins de Vargas.

 

Et c’est aussi vrai que nombreuses sont les personnes qui se disent surprises de voir mes enfants accrochés ainsi à leurs bouquins. A un âge où habituellement les mômes rêvent de playstation et de télé. A dire vrai, les miens rêvent tout autant des mêmes choses. J’aime prétendre qu’ils se sont mis à la lecture faute d’avoir accès à des petites distractions aux charmes indéniables. Mais je ne suis pas sûre que ce soit l’explication principale. Pour moi, la passion qu’ils ont développée pour les bouquins vient d’ailleurs. Peut-être de cette petite supercherie qu’une copine m’avait soufflée il y a des années. Que j’avais appliquée, derechef. Il s’était agi, alors que Théo n’avait encore que 8 ou 9 ans, à lire Harry Potter aux 3 mômes avant le dodo. Ils dormaient à l’époque dans un lit superposé à 3 étages, bricolé pour rentrer dans leur chambre lilliputienne de Montréal. Ils étaient donc assis par terre, sur le tapis, autour de moi. Comme chaque soir lors du rituel de la lecture. J’essayais de mettre le ton, de rendre le texte vivant. Je débute. Premier soir, rien. Ils écoutent sans un mot. Fin de la lecture, dodo. Puis après quelques séances, l’action débute. Il devient difficile de lâcher le morceau. Et arrive la phrase fatidique, prononcée par Théo : « maman, continue à lire ! ». Je viens de ferme le bouquin, et le regarde en souriant. Lui tend l’objet : « tu veux poursuivre la lecture ? Très bien, alors lis le toi-même ! ». Et de laisser le marmot dubitatif qui me regarde sans trop savoir quoi répondre. Finalement, il prend le livre, et se promet d’y jeter un œil le lendemain. Il passera finalement les quelques semaines de la transatlantique passée sur Lam avec son père à se descendre toute la série ! Sacha a pris naturellement la suite, et s’est immédiatement beaucoup plu au royaume des livres. Quant à Laé, qui aime bien se faire prier, il a longtemps prétendu que ce n’était pas pour lui. Et puis il a fini par opter par une série que ses frères avaient lu avec bonheur. Mais ne voulait pas entendre parler de Harry Potter. Par principe. Histoire de ne pas faire comme tout le monde. Et j’avoue, j’ai alors usé d’une stratégie que d’aucuns pourront qualifier de vile. Mais je n’ai pas honte. En début de vacances, je lui ai présenté l’alternative suivante : soit lire un tome de Harry Potter, soit faire des maths chaque jour. Bizarrement, il a préféré lire… Et a avalé naturellement toute la série dans la foulée !

Et pourtant, le rapport au livre n’est pas toujours aussi simple. J’en veux pour preuve mon inénarrable parcours au milieu des livres. Une écrivaine qui ne lit pas, c’est indécent, non ? Inenvisageable. Impossible. Ce n’est pas tant que je ne lis pas, que le fait que j’ai des difficultés à me faire ce plaisir. Je lis tout le temps, des tas de bouquins, que je mets des mois à finir. Tout m’intéresse, me nourris, mais j’ai un mal fou à m’accorder le droit de lire. Je suis dans l’action, il y a tant de choses à faire. Et j’envie secrètement mes p’tits gars, qui passent des journées entières allongés sur leur lit, plongés dans des aventures qui les épuiseraient rapidement s’ils avaient à les vivre vraiment… Mais je me soigne. Je tombe parfois sur des perles de romans qui me galvanisent et me font oublier le cours de la vie (dernière trouvaille en date: Poulets grillés, de Sophie Hénaff). Ce midi, j’emmènerai avec moi un bouquin, tiens, pour en profiter entre deux visites. Mais s’accorder le droit de s’adonner à une activité si peu productive est compliqué, je trouve. C’est pourtant indispensable, et j’y travaille chaque jour. C’est retrouver un peu le sens du gratuit. Un truc oublié qui a une important pourtant capitale. Car si la nature avait pris comme nous l’habitude d’effacer tout ce qui ne contribue pas à remplir un rôle, on ne verrait plus les papillons, les oiseaux ne chanteraient plus, et des tas de belles choses disparaîtraient de l’existence. Ce serait bien triste. Alors je commence un livre aujourd’hui, juste pour fêter cela !

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Un petit bout de chemin dans l’Aubrac

Le stand des Editions Ancre de Marine à Brest

Le stand des Editions Ancre de Marine à Brest

Juste un petit mot pour vous dire que j’ai fait un petit passage aux fêtes maritimes de Brest  pour dédicacer quelques livres, et que j’irai au Grand Pavois de la Rochelle et au salon nautique prochainement. Expérience magique que de rencontrer de futurs lecteurs et des personnes qui ont des projets de voyage en bateau…

Et voilà! Je vous laisse pour quelques jours pour aller poser mes pieds sur les chemins de rando de l’Aubrac, dont je vais faire le tour durant une dizaine de jours. La terrienne que je suis restée frétille d’impatience à l’idée de profiter de quelques jours de marche en solitaire ! Je tiendrai un journal, et je publierai sans doute quelques passages sur le blog, pour vous faire voyager un peu!

Je vous souhaite un été en couleurs et vous donne RV à la rentrée (peut-être à la Rochelle 😉 !

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Femme(s) à la mer: la vidéo!

Hello à tous!

Si vous vous interrogez encore sur le contenu du livre que je viens de publier, je vous invite à consulter la vidéo que l’éditeur a mise sur le net. Cela vous donnera un premier éclairage, et je peux aussi répondre à vos questions sur le bouquin directement si vous en avez!

Bonne lecture!

 

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Les chiens.

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Définition.

 

Canidés couverts de poils qui passent leur temps à se foutre dans tous les coins de la maison. Sur les bons petits plats que cuisine maman. Sur le canapé. En fouillis, s’il vous plaît, et sur le cul des invités qui ont l’audace de partager le salon. Sans parler de la langue de ma tante Martha, quand elle déblatère ses histoires à la mords-moi-le-noeud…

Animal aux habitudes bizarres, qui considère qu’un cadavre de petite bête ou un excrément odorant constituant le nec plus ultra de la séduction. Le Chanel du chien, c’est donc « charogne in the grass ». Il paraît que c’est pour mieux couvrir sa propre odeur, pour chasser. Sauf que dans ce cas, le chien oublie que son odeur à lui, si naturelle et émoustillante, constitue en soi un repoussoir qui peut venir à bout de n’importe quel gibier et lui filer la trouille de sa vie au point de désespérer le chasseur qui a eu l’idée de se faire accompagner par son meilleur ami : le chien !!!

Mammifère à quatre pattes, qui considère que baver est aussi normal et sympathique que respirer. Et pour certaines races bénies des dieux, cette bave va jusqu’à tâcher les vêtements. Signe ultime que le chien n’aime pas qu’on l’oublie, même quand on l’enferme dans la maison pour revenir le soir… Et dont la queue s’agite à la moindre surprise, quand il est gai ou qu’il veut discrètement balancer le contenu de la table basse par terre.

Escroc aux dents pointues, capable de se jeter sur le moindre relent de fromage, et qui pourrait férocement combattre pour un bout de carotte que le petit dernier a mollement laissé choir par terre. Ce qui explique l’amour tendre et passionné que le chien éprouve pour les bébés ! Outre qu’ils s’y retrouvent totalement côté saletés (ce qui leur fait un sacré point en commun), ils adorent se fourrer sous la chaise haute, attendant avec délectation que tombe la nourriture, telle la manne en plein désert, ou la règle en bois sur la tête du cancre.

Compagnon sans égal, qui viendra vous sauter dessus avec ses 40 kg d’amour, quand vous voilà le cœur fripé ou l’âme en naufrage. Une fois les premiers émois – léchouilles incluses – passées, il sera aussi l’ami fidèle qui viendra vous apporter, des larmes dans ses yeux mouillés de tendresse, son vieux doudou chéri. Parce que ce dernier, non content de le consoler, lui, quand vous lui tournez le dos ou oubliez sa promenade, a aussi le pouvoir d’attendrir les humains. Eh oui, tout cela malgré l’odeur tenace (pestilentielle ?), les trous mis ensemble dans un entortillamini de couverture polaire déchiquetée, et les coutures pendant lamentablement sur les côtés…

Cabochard fini, qui semble oublier son nom alors que vous le mandez sur le champ et qu’il contemple, ému, une petite bête se glisser sous un fourré. Si la bête est un chat, vous le verrez galoper alors, bondir et pourfendre les buissons, dépourvu soudain de ce pratique appendice qu’on appelle des oreilles et qui permet, si le temps est clément et le ventre vide, d’entendre le maître annoncer le repas.

Mes chiens sont comme ça, et puis joueurs, rétifs, cajoleurs, bondissants, adorables et insupportables, toujours prêts, toujours là quand on a besoin d’un gros câlin. Chez nous, on fait de la zoothérapie, et toute la famille profite de ces kilos d’amour qu’ils distribuent chaque jour…

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Nous sommes ce que nous répétons chaque jour

IMG_0272Aristote aurait dit: «  Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est donc pas un acte mais une habitude.» Et depuis quelques temps, je médite sur la première partie de cette citation. Il est tard, je devrais être en train de me coucher, mais j’ai envie de vous écrire. Ça me turlupine, cette suite de mots. Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. Je trouve cela terriblement interrogeant. Quoi ! Chaque petit geste de chaque petit jour dit quelque chose de ce que nous sommes. Poursuivons là une réflexion intéressante. Jusqu’à tirer du quotidien les fils de ces petites habitudes. Avec un peu de bol et de patience, on pourra peut-être se faire un tricot ! Que répète-t-on ainsi, d’un saut de 24h à un autre ? Est-ce le geste enfilé à la va-vite pour gagner une petite poignée de secondes jusqu’au bureau ? On zig zag entre les voitures, on passe le feu à l’orange ? Et sait-on seulement pour quoi, pour qui, les gagner, ces minutes, ces secondes ? Est-ce le sourire que l’on tend comme une main à la boulangère ? Ou celui qui vient rafraichir par une journée chaude le clodo que l’on croise immanquablement toujours au même coin de rue ? Est-ce qu’on pourrait désigner aussi les critiques que l’on distribue sans y penser sur les autres, le frère, le collègue, l’enfant ou le conjoint ? Une vieille habitude que l’on garde sans y prendre garde, et que l’on traîne à la manière d’un vieux vêtement dont on peine toujours à se débarrasser, car on l’a toujours connu ? Ces petits boomerangs du quotidien, est-ce que cela peut se résumer à ces routines que l’on a pour soi, une hygiène du déroulement naturel d’une vie qu’on laisse parfois passer sans trop la regarder, ou alors à l’inverse en y prêtant une attention soutenue ? Se souvient-on ainsi d’un minuscule moment passé en solitude avec soi, pour faire la paix le temps de quelques respirations avec un monde qui va trop vite, pour reprendre le souffle d’un flux d’événements qui nous inonde ? Y a-t-il donc dans nos précieuses minutes des échappées pour soi tout seul, au milieu du monde, ou bien n’est-on jamais habité, chaque jour, que par les besoins et les sollicitations des autres ? Comment remplit-on la source intérieure à partir de laquelle tirer ce qui vit en nous, ce qui est créatif et qui demande à bouger ?

La somme de tous ces gestes minuscules effectués à chaque instant de chaque jour nous définirait ainsi mieux qu’un CV ou une photographie. C’est sans doute sur ces instants qu’il faut arrêter l’objectif, pour comprendre mieux qui nous sommes. Cette phrase m’interpelle, et j’en viens à me demander de quoi sont faites mes journées. J’aimerais y trouver de l’amour, du temps ralenti, des sourires, de l’écriture, de la passion. Tout n’y est pas, tout est perfectible. Mais je garde le sens de ce qui doit être, et cela me donne une direction. Et vous, il est dirigé où, votre arc personnel ?

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Femme(s) à la mer


Et voilà! Cela fait tellement d’années que j’écris, et voici enfin le résultat de tous les mots alignés sur des pages depuis si longtemps…

Je publie donc mon premier bouquin, et vous avez la possibilité de mettre la main dessus si l’envie vous chatouille!

Il s’adresse en particulier à ces femmes à qui le gars dit un jour: “chérie, j’ai bien envie de partir en bateau faire un voyage avec toi: t’en dis quoi??”. Guide pratique, aide à la réflexion, et petit manuel de survie pour un projet de voyage en mer, il raconte des histoires (la nôtre et celle de famille que nous avons croisées en route), sème des réflexions et vous accompagnera si vous vous posez la question de larguer les amarres.

En tout cas, je compte sur vous pour faire du bruit autour de l’événement et pour en parler à toutes les personnes qu’il serait susceptible d’intéresser!!

L’éditeur me signale qu’il est d’ores et déjà disponible à la commande, avec un tarif réduit si vous le commandez avant sa parution en librairie, il vous sera dans ce cas envoyé dès le début de juin. Pour aller le chercher, vous pouvez vous rendre sur le lien: http://bit.ly/1sAylb6

Bisous à tous mes lecteurs, et merci à tous ceux qui m’ont accompagnée, soutenue et encouragée durant ce projet de longue haleine!

fanny

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