Quelques trucs en vrac pour éduquer les enfants

Voilà bien longtemps que je voulais aborder le sujet. Ce thème, épineux s’il en est, est celui de l’éducation des marmots. Nos petits mioches (enfin… petits… mon plus grand me mange allègrement la soupe sur la tête !) nous donnent du fil à retordre, parfois. Quand par exemple il leur prend l’envie de nous faire tourner en bourrique parce que Môssieur a décidé de ne pas finir son plat, de ne pas rentrer à l’heure convenue, de ne pas ranger sa chambre ou de fiche un bazar pas possible dans la maison parce qu’il a décidé de faire une bringue d’enfer pour célébrer son permis de conduire… Tous ces petits amusements que vous aurez à l’ado, mais pas que ! Sissi ! Car dès l’âge honorable de 2 petites années, nos affreux ont une faculté à nous pousser à bout qui nous fait parfois reluquer du côté des orphelinats… Trêve de solution horrible, il est possible de se passer de ces manifestations désagréables qui soulignent des relations qui peuvent être compliquées avec notre progéniture.

Avec mes 16 petites années d’expérience en la matière, je voulais partager avec vous quelques trucs, pour ceux qui sont dans les couches, ou dans les bagnoles (rapport au permis sus mentionné) selon les cas. Outre l’expérience, c’est aussi une formation que nous avions faite à l’école internationale qu’avaient fréquentée nos marmots à Montréal (voir la référence sur Brigitte Racine, citée ci-dessous) que je dois quelques trucs intéressants concernant l’éducation. Et puis aussi quelques lectures sur ce sujet brûlant.

 

LES 20 MINUTES MAGIQUES !

Ce concept des 20 minutes nous a tout de suite captivés (voir le livre de Brigitte Racine à ce sujet : http://www.editions-chu-sainte-justine.org/livres/discipline-jeu-enfant-90.html). Car il partait d’un principe tout bête, et pourtant si réaliste. Prenez un loupiot qui multiplie les bêtises. Ou bien qui s’exprime en criant (OK, il peut s’agir d’un futur chanteur, ou d’un politicien en herbe… mais sans brimer sa carrière, mettons qu’à l’âge de 5 ans, c’est vite fatigant…). Ou encore d’un petit infatigable qui court partout et vous harcèle de questions à tout bout de champ. Eh bien si vous préférez surfer sur internet pour savoir, comme il vient de vous le demander, pourquoi les chenilles processionnaires font des nids dans les arbres, libre à vous ! De notre côté, on a appris que des comportements estampillés comme « négatifs » car frustrants, agaçants, irritants… étaient le résultat d’un objectif poursuivi par le marmot : la quête d’attention. L’enfant qui n’a pas l’attention dont il a besoin va la rechercher par divers moyens. Cela peut se caractériser par des notes topissimes à l’école, un comportement d’enfant sage et modèle, mais aussi par des manifestations bruyantes de vie, tel que décrites précédemment. C’est nettement plus dérangeant que les stratégies moins démonstratives, mais qui justifient tout autant l’attention que nous ne donnons pas toujours à nos enfants. En fait, l’enfant est le premier à pouvoir définir son besoin d’attention, et des comportements non adaptés peuvent souligner qu’il en manque. A nous de saisir la perche, et de savoir ce que nous décidons d’en faire. C’est ici qu’intervient l’exercice que je vous propose, et qui nous a maintes fois prouvé son efficacité !

            20 minutes, 3 fois par semaine : c’est le défi à relever. Il s’agit d’accorder à marmouset son quota d’attention hebdomadaire. 20 minutes qu’on lui consacre à un moment déterminé avec lui à l’avance. Et durant ce temps sacré, pas de téléphone, pas d’ordinateur pour détourner notre attention, ni même un repas à surveiller ou un truc à faire en même temps. Du temps de qualité, du vrai, du bon et du pas cher : on joue avec l’enfant au jeu qu’il décide, et selon les règles qu’il choisit (et tant pis si cela consiste à recevoir 4000$ à chaque passage sur la case départ au Monopoly au lieu des 200$ réglementaires : arrangez-vous pour survivre à cela, ça lui fait tellement plaisir!). Au bout de quelques semaines, vous devriez développer une belle complicité. Et lui, l’enfant, il a l’assurance de vous avoir pour lui tout seul pendant ces moments magiques ! Au cas où vous ne pouvez honorer (exceptionnellement) le moment convenu, il faudra bien sûr négocier pour redéfinir un autre temps de jeu. Et puis n’oubliez pas le chrono : c’est 20 minutes, pas une de moins, pas une de plus ! La rigueur est la garantie d’une recette qui fonctionne.

Cette formule toute bête est extrêmement efficace, et vous permettra de passer du temps de qualité avec votre crapaud. Mais il est aussi facile, quand ils grandissent et sont moins intéressés par les legos et autres jeux qui vous ennuient, de négocier des temps de jeu un peu plus souples et qui vous font plaisir à vous aussi ! Je suis ainsi devenue imbattable à la crapette et je me fais en revanche battre régulièrement aux dames chinoises par mon petit dernier ! Mais quel plaisir ! Et puis l’enfant apprend à respecter des règles, à perdre et à gagner, ce qui n’est pas négligeable en terme d’apprentissage.

 

LES VOYAGES RITUELS

On passe à travers la vie dans un train lancé à grande vitesse qu’on ne sait plus arrêter, le plus souvent. Je vous propose de faire un arrêt sur image, histoire de voir ce qui se passe à l’adolescence. De nombreux changements physiques, émotionnels et psychologiques se déroulent en un temps record. L’enfant qui hier encore nous faisait des bisous avant de dormir s’est mué en géant aux épaules baraquées qui doit se plier en deux pour vous embrasser le soir en rentrant du lycée… Mais comment l’aider à faire face à tous ces changements qui ne manquent pas d’être déstabilisants… Là aussi, le temps passé est important, pour autant qu’il soit de qualité. Chez nous, c’est souper en famille tous les soirs, et chacun raconte ses histoires, rit, développe, questionne, ce qui fait réagir les autres. Mais il y a d’autres moyens. Certains couples se relaient pour passer un moment avec un des enfants chaque semaine ou mois. Pour autant que nous puissions prendre le pouls de cette enfance qui s’évade, avant que la vie d’adulte n’ait pris ses quartiers… Il reste que tout cela passe bien vite, et que l’enfant a besoin de définir ce nouveau « moi » qui émerge tout doucement du corps transformé par les hormones.

Pour l’y aider, nous avons instauré un petit système assez sympathique. A chaque âge correspond un petit rituel que nous mettons au point avec chaque enfant. Quand arrive le début de l’ado, nous commençons à organiser un voyage. L’idée est d’en faire un moment de complicité avec le parent du même sexe (en l’occurrence le papa, chez nous !). Un voyage qui mobilisera chez l’enfant des ressources physiques, mentales et permettra d’aborder des sujets importants : les addictions/drogues (incluant le tabac et l’alcool), le sexe (délicat à aborder avec le parent du sexe opposé…), la spiritualité, la gestion des émotions, etc. Pour faire un peu le liant, j’ai écrit un texte pour chacun où j’aborde ces thèmes en apportant quelques idées. Du coup, notre aîné a fait une traversée de l’Atlantique en bateau avec son père, son oncle et un ami. Bon, il était un peu jeune (9 ans et demi) mais garde des souvenirs magiques de ces moments uniques. Il s’est construit avec cette histoire dans la besace et, croyez moi, ça vous pose un bonhomme ! Sacha a quant à lui fait la Loire à vélo avec Ben durant 5 jours, de Tours jusqu’à la côte Atlantique, avec des étapes allant jusqu’à 90 km dans la même journée. Une épreuve sportive, et aussi une occasion de créer un lien particulier avec le papa. Car cela prend parfois du temps pour qu’un ado se confie ou se mette à parler de lui, et ce temps est plus facile à trouver lorsqu’on est ensemble plusieurs jours de suite. Il y a des messages qui passent aussi, du parent à l’enfant. Comme des mises en évidence de comportements qu’il pourrait faire évoluer, ou des remarques l’aideront à prendre du recul. Pour Laé, c’était l’année dernière : il a marché durant 5 jours dans le sud de la France, réalisant notamment une étape de 30 km sous un soleil de plomb dont il n’est pas peu fier !

Mais j’étais un peu jalouse, je l’avoue, de ne pas pouvoir partager de moments privilégiés avec mes gars, alors j’ai poursuivi l’expérience. C’est ainsi que j’ai emmené Théo cette année faire une semaine dans un centre bouddhiste pour apprendre la méditation. Sceptique au départ, il a finalement adoré l’expérience, et il s’est mis à méditer régulièrement depuis… C’est ma petite contribution à leur entrée future dans la vie d’adulte, où ils auront bien besoin d’avoir un équilibre intérieur à toute épreuve. Et puis ils apprennent à se connaître, et ça, ça n’a pas de prix !

 

Bon, je n’en ai pas fini sur le sujet, mais je vais conclure pour aujourd’hui. J’aimerais bien savoir en revanche quels sont vos trucs à vous pour l’éducation : c’est un sujet qui se nourrit de partages !

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Questions/réponses

Bonjour à tous ! 

Etant donné les nombreuses questions que l’on me pose lorsque je rencontre des lecteurs de mon dernier livre sur la voile, j’ai ajouté une rubrique Questions/Réponses dans l’onglet Rubrique Livres. L’idée est que vous partagiez vos questions, et aussi vos expériences concernant la vie en mer, la navigation, mais aussi les voyages que vous comptez faire ou que vous avez faits: sur mer, sur terre et même dans les airs ! 

N’hésitez pas à me faire parvenir le tout dans un commentaire sur un article, et je me ferai un plaisir d’alimenter la rubrique !

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Créativité chérie, je crie ton nom

Elle s’était faufilée dans une forêt dense et impénétrable. Je l’avais poursuivie, courant à perdre haleine à sa suite, convaincue que je la perdais pour toujours. Rétive, elle ne voulait plus rien savoir de moi. Je l’avais vexée, occupée que j’étais à faire ce qu’on me disait, à remplir le temps jusqu’à ce que plus rien ne puisse rentrer dans ma coupe des secondes. Plus rien. Pas la moindre petite miette de temps. Si bien qu’elle avait pris la poudre d’escampette avec un soupir déçu, le laissant flotter longtemps à l’endroit où auparavant elle s’amusait avec moi.

Elle a fichu le camp, et je suis restée seule. Bien seule. Me demandant comment la faire revenir. Mais poursuivant avec un acharnement aveugle mes activités dans tous les sens, tout en me débattant avec des tâches à accomplir qui n’avaient même plus de sens à mes yeux. Je les accomplissais pour les autres. Ces autres qui savaient mieux que moi comment occuper ce temps que j’avais dans les mains. Je les écoutais, d’une oreille distraite, fixant de mes yeux les arbres qui bordaient la forêt par où elle s’était enfuie. Le cœur resté dans ses bras, occupé encore à entendre ses rires qui fusaient lorsqu’on avait trouvé ensemble un jeu qui nous enthousiasmait.

Puis j’ai décidé que c’était assez. J’ai rendu le tablier, les armes, les tâches et les outils. J’ai planté là tous ces gens qui savaient pourquoi j’étais là et qui faisaient comme si je l’avais toujours su moi-même. Tous ceux qui ont l’habitude d’avancer dans la vie comme on traîne une brouette sur une plage de sable. Avec difficulté, et ce sentiment du devoir qui n’éblouit qu’eux-mêmes. Je suis partie en courant, légère, pour la rejoindre. Il m’a fallu marcher longtemps. J’ai dû traverser des paysages au ciel bas, fouler des sentiers boueux, rattraper mon indocile qui avait élu domicile au plus profond de sa forêt. C’est là que je l’ai vue. Perchée dans son arbre, et qui me considérait, pensive. Elle est descendue et m’a regardée un long moment. Il s’agissait pour elle de savoir si j’avais changé, si j’étais prête. Elle a dû comprendre que oui. Alors elle m’a prise dans ses bras, et nous sommes parties, toutes les deux. Nous avons trouvé cette maison au bord de la mer, une petite cabane de bois au toit pentu qui fait un triangle qui descend jusqu’au sol. C’est là que nous avons choisi de jouer, toutes les deux. Et ma petite fille intérieure bondit de joie à chaque fois que nous trouvons une nouvelle façon de faire galoper le temps. Celui qui reste et qui désormais nous appartient.

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Ces rêveurs qui nous inspirent…

Nous nous étions installés sur les fauteuils de l’immense salle. Autour de nous, près de 700 personnes réunies, endimanchées et heureuses. Nous venions célébrer les étudiants, aspirants internes, qui allaient recevoir ce soi-là leur diplôme, entourés de leurs proches. Un titre de médecin obtenu de haute lutte, après quatre années de travail acharné, de déceptions lorsque les notes n’étaient pas à la hauteur des espoirs, de nuits blanches passées à veiller sur les patients, de confrontation avec la maladie et la mort… Ben s’était assis sur le fauteuil en tissu rouge, un rien fébrile, regardant de tous côtés pour noter la présence des uns, saluer de la tête quelques autres… Autour de nous, une agitation palpable dans l’attente de cet événement qui consacre et reconnaît l’ardeur mise dans les études les plus exigeantes qui soient. Les discours arrivent enfin, laissant vite la place à ce grand ballet des étudiants qui défilent alors, un à un, sur la scène. Chacun reçoit l’écharpe et le diplôme qui célèbrent la fin de ces six années d’étude qui précèdent l’internat. On lit la fierté, l’émotion de se voir ainsi reconnu avant d’entamer ces moments délicats où il faudra appliquer et approfondir les connaissances reçues jusque là. Je regarde chacun et j’admire la ténacité, la détermination qui a poussé chacun à poursuivre malgré la difficulté de ce parcours semé d’embûches.

Le tour de Ben arrive finalement. Il se lève, nerveux, pour se diriger près de la scène. Quand son nom est prononcé, il s’élance sur l’escalier, grimpe rapidement les marches qui le conduisent vers les professeurs qui l’attendent en souriant. Et dans la foule s’élève soudain une clameur. C’est une véritable ovation qui envahit la salle, certains étudiants se mettent debout, et j’ai le cœur qui se dilate. Tous ces étudiants savent que le parcours de Ben a été marqué par une détermination sans faille durant 4 années. Chacun se souvient qu’en dépit de son âge, du fait qu’il a étudié tout en prenant soin de nos enfants et de moi, il est arrivé au but qu’il s’était fixé. Et il a tenu bon, avec le sourire et l’envie de se dépasser pour les patients, mais aussi pour ses collègues étudiants et ses professeurs. Ce soir-là, dans la salle de spectacle, je ressens cette reconnaissance des efforts accomplis au service d’une vie cohérente et qui a du sens. Ben a su inspirer de nombreux étudiants et leur a donné peut-être la preuve que réaliser ses rêves est possible si on y met le cœur et le travail nécessaires.

Après la cérémonie, Ben n’en revient toujours pas de ces témoignages d’amitié, de ces expressions admiratives qui ponctuent les conversations qu’il a avec ses collègues et leurs familles. Et moi je rends ici hommage à mon chéri, si déterminé et attentionné, et pour qui ce témoignage d’amitié et d’admiration m’a semblé largement mérité. Je souhaite aussi saluer ici ses collègues étudiants. De jeunes esprits qui fleurissent doucement et dont les interrogations, la quête de sens et l’ouverture m’impressionnent. Chaque étudiant avec lequel j’ai pu parler m’a épatée par l’intelligence avec laquelle il raisonne sur la vie et sur les autres. Des personnes brillantes qui feront des médecins attentionnés, dotés d’une approche humaine et bienveillante hors du commun. Des personnes que je vous souhaite de côtoyer, ou par qui je vous souhaite d’être soigné, et qui je l’espère nourriront pour eux des rêves ambitieux à réaliser.

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Ce que le yoga m’a enseigné

Cela fait des années que je le pratique. Et long a été le chemin qui m’a amené à comprendre tous les bienfaits du yoga. Il y a toujours la théorie, celle qui est dispensée par les professeurs ou dans les livres. Mais rien ne remplace la réalisation physique de ce qui est donné.

Yoga signifie « union » en sanskrit. Union du soleil et de la lune. Du corps et de l’esprit. C’est le souffle qui réalise ce lien entre le corps et l’esprit.

Par le yoga, le corps aide l’esprit. J’arrive devant le tapis émotionnellement épuisée ou physiquement éprouvée. J’éprouve d’ailleurs une résistance terrible à me mettre à faire les postures, à dégager ce temps hors du flot des tâches quotidiennes, des moments passés avec ma famille. Mais je me pousse à le faire car je sais ce que je viens chercher là. Je débute ma séance, l’adapte à mes capacités du moment. Souvent, les gens pensent que l’enchaînement des postures, la façon de faire sont immuables. Mais le yoga est vivant, il s’adapte à ce qui lui est proposé. J’arrive sur le tapis exsangue, alors je décide d’aller lentement, de tenir les postures avec distance et douceur. Et lorsque à l’inverse j’ai l’énergie qui semble vouloir sortir des pores de ma peau, j’enchaîne les postures rapidement, en me réjouissant du mouvement qui accompagne si bien mon état d’esprit. Doucement, chaque fois, mon attitude change. Les idées noires s’éclaircissent pour laisser la place à de la détente, à la sensation de joie vibrante d’être en vie, sans douleur, avec une respiration qui fonctionne sans peine. Chaque fois, c’est un peu une renaissance, je reprends contact avec ce moi distendu, tordu par la vie et qui reprend sa forme.

Par le yoga, l’esprit aide le corps. Tenir une posture est un exercice parfois complexe. Il faut créer des étirements sans aller jusqu’à la douleur. C’est parfois inconfortable. On utilise alors la respiration pour aller détendre, tranquillement, des zones du corps qui ne demanderaient qu’à se contracter au risque de provoquer la douleur. Mais non. Je lance un souffle à la fois, histoire d’aller chercher la détente dans chaque partie sollicitée. J’y vois une belle métaphore de ce qui fait notre vie au jour le jour. Elle qui apporte son lot d’obstacles, de contraintes, de problèmes à gérer, de souffrances à affronter. La bonne attitude, c’est celle de Sirsasana : la posture sur la tête. C’est la posture de la peur, car elle oblige le yogi à faire reposer son corps sur sa tête et ses coudes. La maîtriser, c’est apprendre à voir la vie à l’envers, et surtout à faire face à ces difficultés qui ne manquent jamais de s’élever. Alors le souffle vient pacifier tout cela, lui qui enseigne au corps à ne pas se tendre quand la posture devient plus difficile. Apprendre à relâcher les tensions lorsque gronde la tempête, c’est se laisser respirer au cœur de la tourmente. C’est aider le corps grâce au travail de l’esprit. Et soutenir l’esprit par le relâchement du corps, c’est aussi ainsi qu’une femme qui accouche peut arriver à maîtriser, par elle-même et sans médicaments, la douleur de l’enfantement. L’esprit qui soutient le corps.

C’est finalement la plus jolie leçon de cette pratique: la force que l’on tire de soi lorsque l’on est confronté à des épreuves, elle existe bel et bien. Et il est possible de la mobiliser dans le sens qui nous permettra de surmonter ce qui arrive. Tout en douceur, en relâchement et en exigence par rapport à notre corps et notre esprit. Un souffle à la fois.

 

 

 

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Mes bonnes adresses à Tours

Café de la Victoire

Depuis longtemps, et vu que je vais bientôt quitter cette jolie ville, je souhaitais vous faire un palmarès de mes meilleurs coins à Tours. C’est un peu une façon de partager avec vous des chouettes endroits que j’aime fréquenter, des bons plans, et de remercier aussi des personnes qui tiennent ces lieux qui font du bien ou qui permettent de développer une fibre écolo qui prend ses aises de plus en plus dans notre environnement.

            Aujourd’hui, je voudrais évoquer les cafés. J’ai un rapport très particulier avec ces endroits où flottent des odeurs de petit crème tout frais et de gâteaux fraîchement sortis du four. C’est en effet là que j’écris. J’adore m’asseoir à une terrasse et passer deux ou trois heures à faire avancer une histoire ou à prendre des notes pour mon prochain bouquin. L’important, ce n’est pas tant la qualité du café (je suis aussi grande amatrice de thé !) que l’accueil, l’énergie que je sens dans la boutique. Et à ce titre, les choix que je vous présente ici sont l’heureux mélange d’un accueil aux petits oignons, et de boissons de qualité. Je vous laisse donc imaginer dans chaque endroit des effluves d’expresso et les sourires qui les accompagnent.

LE CAFÉ DE LA VICTOIRE

J’y suis tout le temps fourrée. J’adore la mine avenante et profondément gentille de la patronne, qui se promène en jean décontracté et queue de cheval à longueur d’année. La déco du coin est sympa, toute refaite à neuf, et les miroirs, les baies vitrées font des lieux un endroit lumineux et accueillant. Le café de la Victoire donne sur la petite place de la Victoire et a ses habitués. Il est pas mal achalandé le mercredi et le samedi, marchés de fripes et de brocante oblige, et cela donne une ambiance bon enfant dont profitent les exposants autant que les promeneurs pour discuter le coup autour d’une bière. J’aime l’ambiance musicale un peu rock, et la mine des clients, dont certains viennent pour le plaisir de discuter le coup dès l’ouverture. Le café est du tonnerre, mais le thé aussi, ce qui est assez rare. La plume glisse toute seule dans cet endroit cocon où je retrouve ma muse avec plaisir et elle me chante à l’oreille en se mirant dans les miroirs décorés de ce chouette endroit. Mon best of pour écrire !

LE COURT CIRCUIT

Petit voisin du café de la liberté, car situé sur la même place, le Court Circuit est un de mes petits chéris pour des raisons d’abord sentimentales. Jeff, fondateur de l’endroit, avait en effet fait un appel à toutes les compétences pour le rénover et concevoir le mobilier en bois de palette en 2015. Il venait de louer cet emplacement pour y installer un café locavore, un concept assez récent, et s’était lancé dans l’aventure avec un financement participatif, beaucoup de bonne volonté et une vision écolo-sympathique qui m’a tout de suite plu. Qu’à cela ne tienne, nous sommes venus mes garçons et moi visser des vis, couper des planches et construire des tabourets pour décorer le futur café. Le résultat est vraiment étonnant. En un poil plus d’un an, le Court Circuit est devenu une référence locavore dans la ville, et toute la vie associative alternative et animée par des valeurs écolo et altruistes se retrouve désormais dans ses murs pour des conférences, des réunions et des animations de toutes sortes. Et comme Jeff a un charisme naturel et un enthousiasme communicatif, il a embarqué dans son sillage toute une brochette de personnes aussi dynamiques et branchées que lui sur les questions d’environnement. Bref, j’ai eu le plaisir par son intermédiaire de faire la connaissance, dans ce bateau équitable, de marins tels qu’Emily, au sourire mutin, Paul, chaleureux et menuisier de talent, sans oublier Loïc et les autres. Le Court Circuit, c’est passer un après-midi peinard à discuter entre amis autour d’une bière locale ou d’une tisane du coin dans une ambiance décontractée à la déco originale, avec un accueil adorable et des petits plats maison extras.

BRUNCH ET GOÛT THÉ

Il m’est arrivé pendant longtemps de errer parmi les cafés de Tours sans trouver l’endroit où viendrait l’inspiration. Je cherchais un mouton à 5 pattes et je me perdais dans des cafés où l’ambiance ne permettait pas à l’écriture de prendre sereinement son envol. Et puis j’ai atterri à Brunch et Goût Thé. D’emblée, poser les pieds dans ce salon de thé, c’est s’exposer à des odeurs enivrantes de gâteau chaudement sortis du four… Gourmands de tous poils, gare à vos papilles ! Les douceurs sont délicieuses et toutes faites maison… Déco de jardin d’hiver, avec les chaises en métal à l’assise couverte par les traditionnels petits coussins, au pied des tables rondes en métal. Le tout dans des teintes vertes, et la libellule pour mascotte. Accueil discret de la patronne, qui cuisine en arrière boutique pour préparer le lunch qui sera copieux et goûtu à souhait. Gentillesse tranquille du serveur, aux petits soins avec les clients et qui distribue sans compter de discrets sourires. Des thés à tous les parfums et tous les goûts, servis dans de petites théières en porcelaine. Sans oublier un chocolat chaud maison à tomber par terre. Même la version viennoise, avec sa montagne de chantilly, n’est pas nécessaire. C’est du concentré de chocolat, tellement épais que la petite cuiller tient presque toute seule dans la tasse ! C’est là que je peux écrire durant des kilomètres sans lever le nez, sûre que j’évolue dans un cadre où tout peut arriver.

LE PETIT ATELIER

Ce café est minuscule, bien planqué entre deux maisons de la rue Colbert, dans le centre de Tours. On y entre et on est pris d’emblée par les odeurs de café moulu qui flottent dans la place, immanquablement. Car la spécialité du petit atelier, c’est précisément le café, de toute première qualité, et décliné sous toutes ses formes. Les puristes qui tiennent l’endroit se déclarent opposés au déca, souvent fabriqué avec des solvants ou utilisant des quantités d’eau aberrantes. Une petite fibre écolo qui n’est pas pour me déplaire. On choisit sa boisson, et il serait dommage de passer à côté de leurs nectar de café, préparés à toutes les sauces, entre les expressos, les lattes décoratifs (ils sont parmi les seuls que je connaisse à faire ces jolies décos avec de la mousse de lait que j’aimais tant à Montréal) et toutes les déclinaisons possibles autour du café. On s’installe sur un des petits fauteuils à dossier, ou sur les tabourets bas, à moins qu’on se laisse tenter par le canapé du fond. Ambiance feutrée, c’est l’endroit parfait pour les conversations intimes à 2 ou 3. Quant à moi, je ramène ma fraise pour une séance d’écriture décontractée. En hiver, j’y plonge pour quelques heures avec délectation, sûre de pouvoir avancer sans être dérangée au fil des mots qui se déposent sur mon écran…

LE VIEUX MÛRIER

Le Vieux Mûrier est un des cafés mythiques de la fameuse place Plumereau, dite « Place Plum » par les tourangeaux. La déco y est celle d’un bistro fleurant bon les années, avec comptoir en bois, petites lampes de chevet et photos anciennes. C’est un de ces lieux où l’on se sent immédiatement chez soi. Et les serveurs, diligents et sympas, soulignent avec gentillesse cette impression de confort cosy. J’y viens été comme hiver, aimant autant faire le lézard écrivain sous l’auvent qui longe la vitrine, qu’autour de la petite table qui se niche dans un coin du café, avec sa petite lampe abat jour et son point de vue discret sur les tables alentour. Je peux passer des heures entières à dérouler mes histoires entre ces murs accueillants, en sirotant des cafés excellents et des thés parfumés dans une atmosphère paisible.

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Joie qui s’échappe se partage

On évoque souvent, lorsque l’on vieillit, les personnes toxiques qu’il faut laisser derrière soi. Ces personnes qui ne vous aiment pas, qui ne se soucient pas de votre bonheur, ou que votre joie menace tout simplement. Soit. C’est un travail à faire, de laisser partir et de ne plus s’employer à plaire à ceux qui ne veulent rien savoir de nous.

Mais quid des autres ? Comment trouver et s’attacher à ceux qui sauront se réjouir avec nous de nos victoires, de nos bonnes nouvelles ? Car ces personnes là, dans la vie positive que l’on se souhaite peut-être, une petite vie toute jolie et pimpante, elles ont une importance capitale. Il ne faut non seulement pas les oublier, mais les reconnaître dans le réseau d’amis plus ou moins proches, plus ou moins chers, que nous avons sans doute.

Je parle ici de gens qui nous entourent et qui savent s’émerveiller et se réjouir pour les autres. Ces hommes et ces femmes qui sont suffisamment à l’aise dans leur vie pour faire de la place aux victoires des autres. Un petit trésor d’amis qui se découvrent parfois dans les joies impromptues que l’on ne peut s’empêcher de partager autour de soi et qui viennent rire avec nous des sourires que l’existence nous envoie soudain. Ces personnes là sont précieuses, qui dansent avec nous lorsqu’on a le cœur qui déborde de gratitude et qu’on a besoin de le crier à tous vents. Et c’est souvent celles-là qui seront les mieux à même de nous tenir la main, lorsque l’horizon se noircira comme il le fait toujours à un moment ou à un autre.

L’énergie circule, l’amour se partage, et les personnes bienveillantes, quand on met la main dessus, il est important de le réaliser et de chérir leur présence.

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La solitude improbable du rêveur

Je suis au milieu d’un bouquin que j’écris sur les rêves. Et pour cela, je rencontre des rêveurs. Pas des gens hors du commun, bizarres ou aux parcours aberrants. Non. Des personnes comme vous et moi, et qui ont pourtant ce petit quelque chose de différent. Qui savent entretenir des projets un peu fou dans un quotidien balisé. Des gens qui ne se laissent pas pourrir par les critiques ou les avis négatifs que d’aucuns pourraient avoir sur leurs projets. Des hommes et des femmes qui suivent leurs aspirations profondes et qui foncent, sautent, risquent et se lancent. Et puis parfois ressort cette remarque chez certains. Ce sentiment de solitude par rapport aux limites de ce qu’ils peuvent partager de leur doux délire avec les autres. Il n’est en effet pas si rare que les autres ne veuillent pas entendre les histoires des personnes qui sont trop éloignées de leur trajectoire personnelle, ou les récits jubilatoires de quelques rêveurs qui réalisent ce qu’eux-mêmes peinent à seulement envisager dans leur quotidien. C’est vrai : vivre une vie différente condamne parfois à un certain degré de solitude. Je me sens proche de cette analyse, avec toutes ces parenthèses incroyables que nous avons pu vivre en famille. On peut alors partager des bons moments, des joyeusetés, des légèretés passagères, mais les vrais échanges profonds, on les garde pour ceux qui peuvent les recevoir. Comme si le terme « extra terrestre » nous collait au visage, en filigrane. Alors qu’on n’a pas l’impression, au fond, d’être si différent. On a juste envie, besoin, de vivre une vie qui ait du sens à nos yeux. Mais le cercle invisible est là, qui n’est pas souvent franchi par d’autres qui ont des vies plus conventionnelles. C’est ainsi, c’est le jeu. N’empêche que ça fait diablement plaisir de recueillir les témoignages de ces personnes que je rencontre et qui ont un courage incroyable, celui de réaliser leurs rêves au quotidien. Trop hâte de vous les présenter !

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Deux mots, une chanson

L’enfance arrive, avec son lot de moments où l’enfant se forge des rêves sur-mesure à coup de chansons et d’histoires de lutins. Alors le petit chéri réclame jour après jour, heure après heure et même minute après minute la répétition sempiternelle d’un enregistrement de chanson enfantine. Il repasse inlassablement les mots, la musique qui le fait chanter. L’enfant grandit, et les airs se logent dans un coin du cœur. Il prend ce qui passe et se construit une mémoire des sons qui lui tient la tête hors de l’eau pendant les tempêtes. Et puis un beau jour, il passe des comptines aux chansons pour les grands. Se fraye un chemin dans la jungle des auteurs compositeurs qu’il faut déblayer à longueur d’écoute.

            Mon petit dernier est aujourd’hui suspendu aux lèvres de Grand Corps Malade. Lui qui n’a pas démontré trop de penchants musicaux depuis qu’il est petit, il tombe sous le charme. Dans la voiture, il couche son torse sur ses cuisses, tête en bas, et laisse les mots dévaler les notes de ses albums. Il savoure la voix grave et lente, mesurée et bienveillante. Une voix qui regarde avec amour ces scènes qu’il caresse sans se lasser. Et Laé se concentre, il ne perd aucune nuance, et demande à réécouter les musiques et les sons qu’il a désormais adoptés. Tout comme il pouvait demander, petit, à ce qu’on remette une dizaine de fois de suite la chanson de Léon le Hérisson ou Lulu la tortue.

            Il n’aura qu’à patienter un peu, et nous la lui offrirons, la musique. Chacun de nos enfants aura un lecteur de musique pour ses 15 ans. Un âge important pour découvrir les auteurs, et choisir ceux qui leur correspondront le mieux. Une porte ouverte sur le monde artistique et les émotions muettes.

Moi, j’ai le cœur qui se dilate d’observer cet éveil à une façon d’exprimer ce qui nous habite.

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