Les chiens.

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Définition.

 

Canidés couverts de poils qui passent leur temps à se foutre dans tous les coins de la maison. Sur les bons petits plats que cuisine maman. Sur le canapé. En fouillis, s’il vous plaît, et sur le cul des invités qui ont l’audace de partager le salon. Sans parler de la langue de ma tante Martha, quand elle déblatère ses histoires à la mords-moi-le-noeud…

Animal aux habitudes bizarres, qui considère qu’un cadavre de petite bête ou un excrément odorant constituant le nec plus ultra de la séduction. Le Chanel du chien, c’est donc « charogne in the grass ». Il paraît que c’est pour mieux couvrir sa propre odeur, pour chasser. Sauf que dans ce cas, le chien oublie que son odeur à lui, si naturelle et émoustillante, constitue en soi un repoussoir qui peut venir à bout de n’importe quel gibier et lui filer la trouille de sa vie au point de désespérer le chasseur qui a eu l’idée de se faire accompagner par son meilleur ami : le chien !!!

Mammifère à quatre pattes, qui considère que baver est aussi normal et sympathique que respirer. Et pour certaines races bénies des dieux, cette bave va jusqu’à tâcher les vêtements. Signe ultime que le chien n’aime pas qu’on l’oublie, même quand on l’enferme dans la maison pour revenir le soir… Et dont la queue s’agite à la moindre surprise, quand il est gai ou qu’il veut discrètement balancer le contenu de la table basse par terre.

Escroc aux dents pointues, capable de se jeter sur le moindre relent de fromage, et qui pourrait férocement combattre pour un bout de carotte que le petit dernier a mollement laissé choir par terre. Ce qui explique l’amour tendre et passionné que le chien éprouve pour les bébés ! Outre qu’ils s’y retrouvent totalement côté saletés (ce qui leur fait un sacré point en commun), ils adorent se fourrer sous la chaise haute, attendant avec délectation que tombe la nourriture, telle la manne en plein désert, ou la règle en bois sur la tête du cancre.

Compagnon sans égal, qui viendra vous sauter dessus avec ses 40 kg d’amour, quand vous voilà le cœur fripé ou l’âme en naufrage. Une fois les premiers émois – léchouilles incluses – passées, il sera aussi l’ami fidèle qui viendra vous apporter, des larmes dans ses yeux mouillés de tendresse, son vieux doudou chéri. Parce que ce dernier, non content de le consoler, lui, quand vous lui tournez le dos ou oubliez sa promenade, a aussi le pouvoir d’attendrir les humains. Eh oui, tout cela malgré l’odeur tenace (pestilentielle ?), les trous mis ensemble dans un entortillamini de couverture polaire déchiquetée, et les coutures pendant lamentablement sur les côtés…

Cabochard fini, qui semble oublier son nom alors que vous le mandez sur le champ et qu’il contemple, ému, une petite bête se glisser sous un fourré. Si la bête est un chat, vous le verrez galoper alors, bondir et pourfendre les buissons, dépourvu soudain de ce pratique appendice qu’on appelle des oreilles et qui permet, si le temps est clément et le ventre vide, d’entendre le maître annoncer le repas.

Mes chiens sont comme ça, et puis joueurs, rétifs, cajoleurs, bondissants, adorables et insupportables, toujours prêts, toujours là quand on a besoin d’un gros câlin. Chez nous, on fait de la zoothérapie, et toute la famille profite de ces kilos d’amour qu’ils distribuent chaque jour…

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Nous sommes ce que nous répétons chaque jour

IMG_0272Aristote aurait dit: «  Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est donc pas un acte mais une habitude.» Et depuis quelques temps, je médite sur la première partie de cette citation. Il est tard, je devrais être en train de me coucher, mais j’ai envie de vous écrire. Ça me turlupine, cette suite de mots. Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. Je trouve cela terriblement interrogeant. Quoi ! Chaque petit geste de chaque petit jour dit quelque chose de ce que nous sommes. Poursuivons là une réflexion intéressante. Jusqu’à tirer du quotidien les fils de ces petites habitudes. Avec un peu de bol et de patience, on pourra peut-être se faire un tricot ! Que répète-t-on ainsi, d’un saut de 24h à un autre ? Est-ce le geste enfilé à la va-vite pour gagner une petite poignée de secondes jusqu’au bureau ? On zig zag entre les voitures, on passe le feu à l’orange ? Et sait-on seulement pour quoi, pour qui, les gagner, ces minutes, ces secondes ? Est-ce le sourire que l’on tend comme une main à la boulangère ? Ou celui qui vient rafraichir par une journée chaude le clodo que l’on croise immanquablement toujours au même coin de rue ? Est-ce qu’on pourrait désigner aussi les critiques que l’on distribue sans y penser sur les autres, le frère, le collègue, l’enfant ou le conjoint ? Une vieille habitude que l’on garde sans y prendre garde, et que l’on traîne à la manière d’un vieux vêtement dont on peine toujours à se débarrasser, car on l’a toujours connu ? Ces petits boomerangs du quotidien, est-ce que cela peut se résumer à ces routines que l’on a pour soi, une hygiène du déroulement naturel d’une vie qu’on laisse parfois passer sans trop la regarder, ou alors à l’inverse en y prêtant une attention soutenue ? Se souvient-on ainsi d’un minuscule moment passé en solitude avec soi, pour faire la paix le temps de quelques respirations avec un monde qui va trop vite, pour reprendre le souffle d’un flux d’événements qui nous inonde ? Y a-t-il donc dans nos précieuses minutes des échappées pour soi tout seul, au milieu du monde, ou bien n’est-on jamais habité, chaque jour, que par les besoins et les sollicitations des autres ? Comment remplit-on la source intérieure à partir de laquelle tirer ce qui vit en nous, ce qui est créatif et qui demande à bouger ?

La somme de tous ces gestes minuscules effectués à chaque instant de chaque jour nous définirait ainsi mieux qu’un CV ou une photographie. C’est sans doute sur ces instants qu’il faut arrêter l’objectif, pour comprendre mieux qui nous sommes. Cette phrase m’interpelle, et j’en viens à me demander de quoi sont faites mes journées. J’aimerais y trouver de l’amour, du temps ralenti, des sourires, de l’écriture, de la passion. Tout n’y est pas, tout est perfectible. Mais je garde le sens de ce qui doit être, et cela me donne une direction. Et vous, il est dirigé où, votre arc personnel ?

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Femme(s) à la mer


Et voilà! Cela fait tellement d’années que j’écris, et voici enfin le résultat de tous les mots alignés sur des pages depuis si longtemps…

Je publie donc mon premier bouquin, et vous avez la possibilité de mettre la main dessus si l’envie vous chatouille!

Il s’adresse en particulier à ces femmes à qui le gars dit un jour: “chérie, j’ai bien envie de partir en bateau faire un voyage avec toi: t’en dis quoi??”. Guide pratique, aide à la réflexion, et petit manuel de survie pour un projet de voyage en mer, il raconte des histoires (la nôtre et celle de famille que nous avons croisées en route), sème des réflexions et vous accompagnera si vous vous posez la question de larguer les amarres.

En tout cas, je compte sur vous pour faire du bruit autour de l’événement et pour en parler à toutes les personnes qu’il serait susceptible d’intéresser!!

L’éditeur me signale qu’il est d’ores et déjà disponible à la commande, avec un tarif réduit si vous le commandez avant sa parution en librairie, il vous sera dans ce cas envoyé dès le début de juin. Pour aller le chercher, vous pouvez vous rendre sur le lien: http://bit.ly/1sAylb6

Bisous à tous mes lecteurs, et merci à tous ceux qui m’ont accompagnée, soutenue et encouragée durant ce projet de longue haleine!

fanny

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Contre post

le yin et le yangMon post du 30 avril en a laissé certains perplexes. D’autres se sont apparemment teintés d’un léger sentiment de culpabilité. D’autres ont eu envie de faire quelque chose pour me montrer qu’ils comprenaient. Ces réactions m’ont fait réfléchir. En fait, il y a très longtemps que je voulais écrire ce post du 30 avril. Ce qui me retenait, c’était le refus total que j’avais de montrer un quelconque besoin de reconnaissance. Cette déperdition de l’égo qui se cherche dans le regard des autres. Mais j’ai finalement publié mon petit sac de mots, parce qu’il me semblait que le besoin d’échanger était légitime, et légitime aussi mon envie de vous donner un peu en vrac ces raisons qui me poussent à écrire. Maintenant, ce passage là est franchi. J’ai écrit ce que j’avais à écrire, et cela m’a fait du bien. Reconnaissance ou pas, besoin de communiquer à double sens (comme les autoroutes !) ou pas, les mots se sont envolés et je peux passer à autre chose ! Mais loin de moi l’idée de susciter la moindre culpabilité chez ces lecteurs chéris que vous êtes pour moi ! Il ne s’agit pas de se forcer à mettre des messages si l’envie ne vous chatouille pas !! Et puis j’ai réalisé que si les messages ne pleuvaient pas, c’était peut-être aussi tout simplement parce que mes propos n’appellent pas forcément de réactions.

Si bien que là, j’ai simplement envie de vous dire merci. Merci de flâner de temps à autre sur ce blog, merci de lire quelques mots par ci, par là, merci de faire fonctionner la machine à rêver, ou de rire peut-être, de vous prendre un peu la tête entre les mains pour vous dire tout à coup : « c’est vrai, au fond, est-ce que moi aussi je… »… Merci de faire circuler l’énergie au bout de la souris.

Et puis si d’aventure des nouvelles réjouissantes traversent votre vie, chopez en une par le bout de la queue, et accrochez là dans la petite rubrique que j’ai créée pour cela : « Goodnews paper »: il suffit simplement de mettre un commentaire dans sur un post de votre choix en indiquant en en-tête: “Goodnews”.

Cela pourrait faire une chaîne de jolies images à regarder pour les jours de pluie.

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Le temps qui court, et quand il s’arrête pour respirer

Nous voilà allongés sur le sable qui n’est pas parvenu à se réchauffer malgré le soleil. Théo, Laé et moi. Chacun s’est fabriqué un petit nid de sable, dans lequel il s’est lové avec bonheur. On s’entend respirer. Le temps s’est arrêté, un petit vent nous chiffonne les cheveux gentiment. Des bruits de voix nous parviennent des voisins autour, d’enfants qui jouent sur la plage, on les entend à peine. C’est une idée du bonheur, celui que nous n’avions pas programmé, encore moins anticipé. Nous sommes venus à Pornichet sur un coup de tête, sans vraiment avoir préparé ce séjour, un peu comme si on avait débarqué là à la dernière minute. On met les tentes et les duvets dans la voiture, de quoi manger deux trois choses, des affaires de toilette, et ouste ! Dehors !

De la même façon, nous ne savions pas trop de quoi allaient être faites ces deux petites journées improvisées. Les choses se sont faites presque à notre insu, par hasard. Nous nous demandions ce que nous avions envie de faire et… Petite plage, battue par un vent léger, au soleil voilé de cette fin de journée. Le bonheur est tangible, palpable. Peu de mots. On se regarde, Théo et moi, on est juste au summum du bon, du beau et du qui fait du bien. Le bonheur, ça tient dans une poignée de sable. Laé quant à lui dévore son livre, rit parfois franchement, concentré sur les situations cocasses que son imagination lui déroule, et il est détendu, plongé dans son univers de mots. Théo, comme moi, sait que nous tenons là un moment parfait. Un de ces instants qui parfois se cousent ensemble pour former ce que j’appelle des « journées parfaites ». Quand, pour un moment, tout est simplement beau, pur, partagé. Car une journée parfaite se joue à plusieurs. C’est quand l’harmonie touche les êtres et leur permet de se sentir bien ensemble presque sans mots, juste avec le tissage de l’amour qui fait tenir ensemble ces pans du temps léger.

 

Ma vie est un continuum de moments qui se succèdent souvent rapidement. J’y trouve le temps de méditer, un peu, de faire du yoga, du dessin, de la cuisine et de la lecture. Un peu de bénévolat, des rencontres, du quotidien à entretenir, des personnes à serrer dans les bras. Tout s’affole parfois, à devoir faire rentrer dans le petit sac d’une journée tous ces instants divers qui s’agitent dans tous les sens. Mais cela ne m’effraie plus. J’ai conscience d’avoir plusieurs vies en une, mais ne considère plus cela comme une tare, une chose un peu sale dont il faudrait que je me débarrasse. Au contraire. Je cultive la vie comme elle se déroule, à ce rythme effréné parfois, tout en faisant de la place, une belle place, pour ce qui m’importe. On m’a parfois dite « hyperactive ». Je déteste ce mot. Il ne s’agit pas d’hyperactivité. Mais plutôt d’hyperénergie. J’ai besoin de ce trafic d’énergie et d’amour qui circule autour de mes mains lorsque je fabrique quelque chose ou que je le reçois. L’important, c’est la conscience présente que je mets dans ce que je fais. C’est la dose d’amour que je garde en cadeau dans ce que je donne. C’est le câlin que je fais à chacun de mes enfants chaque soir, même s’il me faut grimper à présent sur une marche pour entourer de mes bras mon grand Théo qui me dépasse largement, sous peine de finir pliée en deux comme un tournesol à l’envers !

Finalement, je dois dire que j’aime ce tourbillon de vie qui s’affole dans mon emploi du temps. Mais ce que j’adore par dessus tout, c’est faire de la place pour le reste. Pour ces moments qui s’invitent à mon insu pour me surprendre. Comme cette personne rencontrée au boulot et dont je pressens quelque chose de chouette, qui vient souper à la        maison et avec qui ça clique ! Comme ce moment improvisé où je m’invite chez une amie pour aller explorer son jardin et discuter autour d’une tasse de thé. L’important est moins l’événement en lui-même que la rencontre, et que l’espace qui a été préservé pour que celle-ci ait lieu. C’est pourquoi je continue à accepter de mes enfants qu’ils ne programment plus leurs vacances lorsque Ben et moi travaillons. Ils sont alors libres de se déployer, de regarder le temps s’écouler sans avoir de comptes à rendre ou de tâches à accomplir. C’est fou toute la matière de temps et d’énergie positive qui se dégage lentement d’un instant sans but !

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GoodNews Paper: une naissance

Je chiffonne quelques mots en vrac. J’en prends un au hasard, je le déplie, le voilà, déposé sur la page, souriant et frais. Goodnews paper. Ça fait deux mots, je sais. J’ai néanmoins envie de vous prendre par la main et de vous emmener faire un tour. Malgré votre silence, souvent pesant.

C’est vrai, quoi ! J’écris dans ce blog, et même si pas mal de gens viennent flâner le long des mots, penchant le regard sur les bouquets de phrases éparses, au fil des posts, c’est le grand silence. Vous venez prendre quelques idées, un courant d’air, un parfum, et vous repartez en laissant la porte ouverte. Cela me manque, parfois, un petit mot, une réponse, un commentaire, une idée en l’air, lancée comme un cerf volant dans le ciel. J’aimerais ça, avoir un reflet quelconque de votre passage. Ce serait comme une conversation débutée entre vous et moi, et qui pourrait s’étirer dans le temps. Ce serait comme parler avec des amis qui envoient d’autres façons de voir, d’autres expériences. J’ai toujours considéré ce blog comme un espace d’échange, mais je finis par réaliser que je suis parfois un peu seule à y parler, à y lancer mes pensées. Si jamais vous trouvez comme moi que tout cela est un peu trop à sens unique, n’hésitez pas à poser votre petite pierre blanche près de celles que j’ai disposées sur le sol. Cela me fera du bien, de savoir que mes mots en rencontrent d’autres. J’en ai besoin, pour savoir pour qui j’écris. Car une idée est faite pour rebondir dans le cœur de ceux qui l’entendent. Et devrait s’entrechoquer avec les idées d’autres personnes qui conçoivent ainsi des histoires différentes.

Bref, le GoodNews paper, c’est une idée toute simple et sans apprêts. L’idée, c’est de faire vivre ce qui nous fait du bien à tous, au jour le jour. C’est de créer un espace qui laisse toute la place à ce qui va bien dans le monde. Histoire de montrer chaque jour la lumière qui ne s’en laisse pas compter par l’ombre. Histoire de tirer la langue à tous ces journaux qui s’écrivent à l’encre de la guerre, la peur, la haine et ce qui nous pourrit la vie sans la soutenir. Moi, j’ai envie de débuter un journal des bonnes nouvelles, qui recenserait les belles choses qui nous aident à vivre. Il n’est pas ici question de prétendre que tout est parfait. C’est simplement une manière de choisir vers où tourner la tête lorsque l’on regarde le monde. Tout est une question de choix, au final. Même refuser de choisir est un choix ! Je choisis de voir le beau et de lui faire une place de taille dans ma vie.

Voilà, le fil est lancé. Entre deux posts, je vous lance ce défi. J’aimerais que, dès que vous en sentirez l’envie, vous écriviez une de ces petites nouvelles magiques qui font s’éclairer l’existence. Un truc qui vous fait du bien, vous fait sourire, vous aide à marcher droit. Je vous laisse la plume sur la table, voici du papier. Je vais ainsi créer une page, un onglet spécial juste pour cela. Vous m’écrivez dans les commentaires, et je publie votre prose. Histoire que ce blog soit vivant et qu’il remplisse son rôle de pourvoyeur d’échanges et de liens.

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Minuit dans le jardin du silence et de la poésie

Je veux parler de toutes ces petites limites intérieures qui bornent nos horizons. De la joie que c’est de partir seul, parfois. De repousser un peu les murs du temps, histoire d’y voir plus clair. Laisser flotter un peu dans le vent quelques pensées, les contempler, les regarder s’enrouler en volutes dans les nuages d’émotions que l’on ne cherche plus à retenir.

 

Ces moments, je les préserve, je les cultive. Ils sont le simple reflet de mon bien être, quand j’arrive à lui faire assez de place. Ainsi, quelles que soient les tâches qui m’incombent, l’encombrement de ma vie, et la lourdeur épaisse d’un quotidien tissé trop serré, je m’évade un peu chaque année. Je dis un jour à Ben : « tu garderais pas les enfants dans un mois? ». Pendant un week end, une semaine, un mois (c’est arrivé une fois !). Et je m’échappe.

 

Je ne décide alors que très peu de choses. Le lieu. Le nombre de jours. Le contenu de ma valise (toujours trop lourde !). Et je pars avec tout ce joyeux bazar, mes vieux sacs à rêves, mes souvenirs à six sous. Le cœur en bandouillère, et les yeux mi clos, tout à l’anticipation de ces moments à moi.

 

Quand j’arrive enfin, je pose tout un peu partout, l’ordre n’a aucune importance, pour peu que je m’y sente à mon aise. Et c’est alors que je décide de quoi seront faites ces journées. Improvisation à la clé, du menu de chaque repas jusqu’aux sorties nature.

 

Du temps pour le silence, énormément. Un peu pour la musique, passionnément. Beaucoup pour l’écriture. Et le gros reste, pour la marche. Je pars marcher des heures durant. Je rentre. J’écris. Je mange. Je dors. Un film ou deux, un bouquin ça et là. J’en amène toujours plusieurs, des fois que. J’hésite souvent entre les styles, les auteurs, au gré de mes humeurs. Et je noircis des pages entières. A la main, le plus souvent. Ça va vite, sur le papier. C’est presque un tableau, tous ces mots qui défilent comme à la parade. Des bouquets de mots mis ensemble pour jouer avec les lumières qui défilent dans le ciel dehors.

 

Mais partir. Seule.

 

Laisser le quotidien trop fidèlement tracé. M’affranchir des relations d’habitude, des liens que je connais, pour retrouver l’enfant que j’ai laissée au bord du jardin, un jour de grand vent.

 

Il me faut retrouver cette petite fille qui s’amuse un peu tristement parfois, qui s’ennuie par moments, et à laquelle j’ai besoin de consacrer du temps. La p’tite Fanny demande à sortir, à jouer avec moi, et je ne peux pas la décevoir.

 

Souvent, en évoquant ces échappées furtives, j’ai reconnu le regard interloqué, choqué parfois (« abandonner » ses enfants, même quelques jours, quelle horreur !), envieux aussi, de mères à qui je m’adressais. Peu avaient les mêmes pratiques. La plupart allant dans le sens que la vie semblait leur imposer. Sans réaliser qu’elles pouvaient, elles aussi, imprimer un mouvement bien personnel à ce flot impétueux qu’on appelle cette suite de tâches bien ordonnées de chaque jour. Une sorte d’hygiène de soi bien placée, qui rejaillit ensuite sur la brochette d’enfants que l’on aime ensuite retrouver, un peu plus reposée, un peu plus posée, un peu plus disponible.

 

Je revendique le droit d’écouter mon besoin de partir seule. Cet appel du cœur et du corps, qui savent que c’est dans la lenteur étudiée d’une solitude choisie que l’âme prend son envol. C’est ainsi que je conçois ces petits départs. Une respiration profonde dans une course rapide. Un élan nécessaire. Que je vous souhaite de connaître.

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juste une musique

Celle de Yann Tiersen. L’album Tabarly. La chanson qui porte son nom. Des notes qui courent à la surface de l’eau et disent toute l’histoire de la mer, avec dessus le bonhomme à la barre, yeux bleus vissés sur l’horizon, les pattes d’oie qui disent toute sa concentration, une fossette au menton et une barbe de trois semaines en collier. Il y a des albums magiques… et des chansons qui vous portent…

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Testament invisible

Je vais avoir quarante ans. Voilà, c’est public ! La chape de vieillerie sur les épaules, ou alors une légèreté de jeunesse selon l’âge que l’on a en lisant ses lignes… Ce qui est public aussi, même si ce n’est pas tout neuf, c’est l’amour que je porte à mon homme et nos trois enfants.

C’est à ces derniers que j’aimerais écrire aujourd’hui. À eux que je souhaite livrer un petit héritage de vie, car on ne sait jamais quand passera le dernier train… Message que j’aimerais ouvrir comme une fenêtre par laquelle on fait entrer l’air léger, accompagnant autant que faire se peut l’élan qui les habite aujourd’hui, et qui se nourrit chaque jour un peu plus de leurs découvertes. Voici donc ce que j’aimerais chuchoter à l’oreille de Théo, Sacha et Laé chaque jour de leur vie que j’espère longue et riche de rencontres, de passages, d’éblouissements…

 

La vie sera toujours grise, avec des nuances et des degrés de lumière plus ou moins marqués. Sache toujours observer les reflets qu’elle dévoile, remarque l’ombre mais sans t’y attacher, et reste du côté de la lumière quand il s’agira de te mettre en route. Tu iras ainsi plus loin, conscient du sombre qui fait jouer le clair. L’espoir est ce vent qui chassera tes nuages intérieurs quand ils seront trop nombreux et alourdiront ton horizon. Nourris-le toujours, et chéris-le comme l’enfant que tu gardes au fond de toi.

 

Tu es venu au monde avec des talents, des défauts, des rires et des peurs. Prends le tout et sers t’en pour apprendre. Chaque trait qui forme ton visage te fait ressembler à celui que tu es, que tu l’apprécies ou pas. Reconnais et cultive tes talents, apprends à faire des forces de tes failles, aime ces côtés excessifs que tu abrites tout en tâchant de les dompter au fil du temps.

 

Les gens qui croiseront ta route seront autant de professeurs tout au long de ta vie. Qu’ils te portent plus haut ou t’abaissent, ne donne à aucun le droit de te dire, jamais, qui tu es. Tu auras toujours le pouvoir d’apprendre d’eux celui que tu es, à ton rythme et à ta manière. Laisse les donc te montrer ce que signifie être humain, tu es plus proche de chacun d’eux que tu ne le crois. Et rappelle toi que chacun a le droit inaliénable de dire qu’il fait partie de l’humanité. Pas d’exception.

 

La nature sera à jamais ton havre, pour peu que tu lui laisses toujours une place dans ton paysage. Crois en elle, tu ne seras jamais déçu et, comme la vie, elle se montrera plus surprenante et intelligente que tu pourras jamais l’imaginer. Respecte la, et tu vivras dans une harmonie vibrante, une respiration après l’autre.

 

Cultive le doux et le bon en toi. C’est le seul moyen que tu auras jamais de te sentir en paix. Appelle la solitude et fais lui une place dans ton temps, si chargé soit-il. Elle est le gage d’un chemin de sagesse, et le repos d’une âme fatiguée lorsque tu sens que tu perds pied soudain. Observe les merveilles de mouvements que ton corps parvient à déployer, ressens chaque jour de la gratitude pour sa fidélité, et fais en sorte de le traiter avec douceur et exigence jusqu’à ce que tu le quittes.

 

Le monde présentera toujours des ambiguïtés, des impasses et des tentations sans fin. Sache définir la route que tu choisiras de suivre, sans jamais laisser d’autres t’imposer leur chemin. Reste conscient que chacun fait ses choix, et que les tiens pourront te rendre heureux ou contribuer à te blesser. Chaque personne aspire au bonheur, mais les moyens qu’elle emploie constituent un obstacle ou une voie vers une forme de joie. Il t’appartient de décider ce qui te fera grandir et avancer dans la lumière, ou cheminer dans la souffrance. Tu es seul maître à bord. Tu peux écouter ce que les autres te renvoient, mais c’est à toi qu’il revient de fixer le cap au moment de mettre les voiles.

 

Rappelle-toi que l’erreur est un moyen d’apprendre, et que la vie se chargera toujours de te montrer ce qui t’aidera à être heureux. Apprends à lire les signes, à découvrir les portes qui s’ouvrent. Et ne passe pas trop de temps à pleurer sur celles qui se referment. Toutes ne peuvent rester ouvertes en même temps… question de courants d’air !

 

Si tu ne sais plus où se trouve ton nord intérieur, ta boussole précieuse qui, elle, sait où se trouve ton soleil, écoute, regarde autour de toi. Mais surtout, reviens en toi même pour écouter encore. N’oublie jamais que cette vie qui passe ne se soucie pas que tu l’aies regardée passer ou non. Elle se contente d’être. Et passant trop de temps à faire, tu en oublieras que tu respires. La vie sera partie avant que tu aies pu te retourner pour se souvenir que tu ne l’as pas connue. Ainsi, seuls comptent les mots que tu diras en mourant. Souhaites-tu dire alors des mots amers ? Des regrets, des rires ? Une sérénité à te dire que tu as vécu en aimant pleinement tous ceux que tu as choisi d’aimer? Chaque jour, tente de savoir quelle sera cette dernière phrase, et reste fidèle, dans les choix que tu fais, à ce que tu souhaiteras dire alors.

 

Et puis quand tu tomberas, peu importe la raison, prends le temps de te relever. Lorsque tu seras prêt, lève la tête, et remets toi debout. Tu perdras une partie de toi, mais écoute longuement la leçon qui vient de t’être donnée. Les deuils joncheront le chemin sur lequel tu marcheras, fais-en un tapis doux qui te permettra de ralentir, dans ces moments de fatigue et de doute. Pour apprendre à gagner, il faut savoir perdre. Pour savourer le bonheur de rire, il faut avoir pleuré.

 

Voilà, je serai toujours là pour recueillir les larmes et les rires selon ce qui viendra. Vivante ou morte, je resterai là, à vos côtés, applaudissant vos victoires et pleurant avec vous vos chagrins. Petite fille, je rêvais d’avoir une grappe d’enfants et de vivre avec eux des aventures sans fin. Ces quinze dernières années avec vous ont été magiques, et la petite fille que j’étais n’imaginait pas tout le bonheur que c’est de vous avoir comme enfants.

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Gaston et les rires bêtes

Le Gaston de Franquin

Le Gaston de Franquin

Les bandes dessinées sont une invention formidables. Qui ne s’est jamais perdu dans une histoire, au fil d’un weekend pluvieux, ou pour alléger un peu une soirée glauque où la fatigue le dispute à la déprime ? Les BD constituent notre fenêtre ouverte sur un imaginaire fou où les bestioles les plus bizarres côtoient des personnages hauts en couleur. Surtout, les BD nous transportent tellement loin dans les territoires sauvages de la créativité qu’elles provoquent chez nous des réactions tout à fait incongrues qui pourraient s’apparenter à l’hypnose ou carrément à la désactivation complète de notre centre de l’inhibition!

J’en veux pour preuve les nombreuses fois où j’ai pu constater des dérives comportementales à la limite du préoccupant chez certaines personnes de mon entourage qui lisaient avidement une BD dans un coin. Ces attitudes particulières sont cependant spécifiques de certains auteurs, ou d’un certain type d’histoire. Gaston Lagaffe détient sans doute la palme en provoquant à coups sûrs des réactions inédites chez ses lecteurs. J’ai ainsi noté que le lecteur s’installait généralement dans une position confortable, souvent avec un pied posé sur la cuisse de la jambe opposé (enfin, des variantes existent pour les femmes porteuses de jupes, chez qui cette posture pourrait sembler inconvenante).

On sent chez ces adeptes une détermination farouche à oublier momentanément le quotidien pour suivre le héros de ces aventures ubuesques, quitte à entrer dans l’habitacle de la célèbre bagnole pourrie jaune et noire que Gaston affectionne. Et au bout de quelques minutes, après le décodage des premières vignettes, arrive l’événement qui ne manque jamais de se produire grâce à de telles lectures. Car dans le silence environnant monte soudain un rire benêt, caractéristique de la lecture du grand Lagaffe, qui traverse l’air et le secoue gentiment. Le rire « spécial Lagaffe » est saccadé, un rien idiot proche d’un ahanement, toujours convaincu, s’étirant au fil des pages avec une régularité d’horloge suisse. À la lecture de ces blagues, le lecteur ressort invariablement guéri avec le genre humain, et semble apaisé des souffrances quotidiennes que lui offre son vécu parfois compliqué. Un peu de simple dans un monde de brutes, et tout s’arrange !

 

Un autre ouvrage suscite aussi des réactions systématiques, dans un genre un peu plus déluré. Il s’agit de la célèbre série « Trolls de Troy ». Dans la famille, nous adorons nous promener dans la forêt qui jouxte Klostope, siroter du vin du même nom en observant les trolls consommer de l’humain comme on se défoule nous-même sur les bœufs, poulets et autres malheureux porcs. L’humain en prend pour son grade, et les scènes sont tellement gores qu’il est impossible de ne pas rire à gorge déployée à ces descriptions au 18ème degré de nos propres pratiques, l’humour en plus. Les comportements liés à la lecture de tels ouvrages sont quant à eux beaucoup moins discrets que pour Lagaffe, car beaucoup plus rugissants et compatibles avec le déchiffrage d’un livre sur les trolls. On se manifeste donc bruyamment, allant jusqu’à exprimer un gros rire gras avec des exclamations faussement écoeurées lors des scènes les plus ouvertement atroces, ou des soubresauts amusés lorsque les humains se font maltraiter intelligemment par des trolls sans scrupules. Le bilan reste très positif pour ce type de BD, qui éveille chez le lecteur des accès de bonne humeur, et des surcroits d’humour gras que l’entourage assume alors comme il le peut…

 

Dans un autre style encore, il y a les ricanements légers provoqués par la lecture des aventures d’Astérix, quand les calembours intelligents et les jeux de mots inventés par Goscinny font concurrence aux dessins hilarants d’Uderzo. Et quand ces cons de Romains se font systématiquement bananer par des Gaulois revanchards et têtus, le plaisir est maximal, attendu que les punitions sont souvent démesurées par rapport aux fautes commises, et bon sang… que ça défoule ! De plus, on en perd pas son latin, on le retrouve ! Et les rires provoqués par ces BD est particulier lui aussi, partant en fusées dans l’air quand les gags sont énormes et jubilatoires, ou descendant le long du sol en petits rires entendus lorsque le subtil l’emporte tout à coup sur le gros et gras. Les effets de telles histoires sont aussi terriblement bénéfiques sur le genre humain, qu’il apaise et rend sensiblement plus tolérant aux déboires des concitoyens.

 

Dans le monde des BD, il y a aussi les fans des Tintins, des enquêtes à la Blake et Mortimer, les pérégrinations de Corto Maltèse… Un style pour chacun, et chacun son style. Il reste que ces trucs en papier devraient être remboursés par la sécurité sociale, tant ils réconcilient souvent le genre humain avec ses congénères. Ou alors, cela devrait être proposé en thérapie dans les hôpitaux, où il est notoire que les patients s’ennuient, souffrent et n’ont finalement pas tant d’occasions que cela de se détourner de leurs soucis de santé… A quand la Bédothérapie ??? Allez, c’est décidé, je proposerai le projet au prochain conseil des ministres !

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