Julia’s secret

Ce n’est pas de Victoria, qu’il s’agit! C’est de Julia ! On quitte la lingerie, je vous emmène dans les bouquins. C’est mon petit jardin, mon domaine, mon royaume. Julia, c’est bien sûr mon amie invisible: Julia Cameron. Elle qui m’accompagne en écriture chaque fois que je pars en voyage au pays des mots. Vingt ans que l’on se fréquente, par livre interposé ! Dès que j’ai un coup de Trafalgar, que le doute m’étouffe, que la vie se met à avancer de traviole, la voilà qui débarque, avec ses encouragements et sa boîte à outils. J’ai plusieurs livres d’elle, en anglais ou en français selon qu’une traduction était disponible ou pas. Je me vautre dans ses phrases comme on se couche sur un canapé moelleux, une tasse de thé japonais à portée de bouche. Avec elle, pas besoin d’être maquillée, de paraître plus belle qu’on est, de prétendre être ce qu’on n’est pas. Je me contente de lire les mots et de reconnaître ce que j’ai besoin d’y voir. C’est aussi bête que ces phrases où elle fustige notre besoin de toujours mettre l’écriture sur un piédestal. Un excellent moyen, en vérité, de s’arrêter d’écrire ! Car la plume doit pouvoir traverser tous les temps, un peu comme le pèlerin sur le chemin. Elle doit arriver à se traîner sur la page par toutes les humeurs, tous les styles, tous les échecs. Écrire, comme une façon de respirer. C’est comme ça que je considère la chose. C’est pour cela que je monterai mon premier atelier d’écriture bientôt : pour faire circuler cette idée qu’écrire peut être un moyen d’exister, tout simplement. On écrit comme on se lave les dents ou comme on fait l’amour. C’est une forme de routine de l’esprit, d’apprentissage du cœur, qui se nourrit de mots, un jour après l’autre. Point besoin d’être un grand écrivain pour écrire. Juste le goût de se trouver au détour d’une phrase, d’un point virgule…

J’aime par dessus tout l’idée qu’écrire chaque jour revient à installer une hygiène personnelle pour soigner son âme. J’écris pour ne pas avoir à pleurer, ou alors pour pleurer en présence d’une compagnie bienveillante : celle de la page qui reçoit les mots. J’écris pour crier, hurler et insulter ce gars qui m’a mise en colère, des mots de silence que j’envoie en l’air pour envoyer un uppercut invisible à l’impudent. J’écris pour regarder passer le quotidien sous mes yeux, comme une musique sans notes et qui s’émerveille d’un pelage de chat ou d’une lumière sur les roses près de moi. Et chaque jour où je n’écris pas (même s’ils sont rares), quelque chose manque, une bougie ne s’est pas allumée quand il aurait fallu, une partie de moi reste endormie.

J’ai grand besoin de partager cet émerveillement quotidien. De proclamer haut et fort qu’écrire n’a rien de sorcier et peut changer une vie. J’ai toujours le cœur qui se serre un peu lorsque je rencontre des écrivains qui se galvanisent de « savoir » écrire. Comment peut-on ainsi se vanter de faire quelque chose qui est à la portée de chacun ? Car je trouve que, dès lors qu’on peut tenir un stylo, on « sait » écrire. Et encore, il est même arrivé que des personnes (comme Jean-Dominique Bauby, auteur du livre magnifique Le Scaphandre et le Papillon), atteintes du Locked In Syndrome, dictent des livres avec les paupières ! Un écrivain est juste quelqu’un qui écrit. Et cela ne lui donne qu’un droit : celui de se dire dans les mots. L’auteur est celui qui publie, quelles que peuvent être les raisons qui mènent l’éditeur à le publier, et parfois même indépendamment de son talent supposé.

Dans les ateliers d’écriture que je compte animer, chacun sera égal à son voisin sur la partition de l’écriture. Chaque note apportera le son requis au morceau écrit par le groupe. Simplement, on apprendra à mettre l’écriture à sa place : au centre de la vie, et non dans celui d’un ego ou sur un bureau d’éditeur. Il me ferait plaisir d’ouvrir ainsi quelques fenêtres à ceux qui pensent qu’ils n’ont le droit écrire que des chefs d’œuvre, ou bien ne pas écrire du tout.  Adopter l’écriture comme une petite habitude de plus et qui apportera tellement au quotidien, voilà qui pourrait tout changer. Voilà ce que je me propose d’aider un groupe à découvrir. Pour qu’écrire devienne une respiration, un mouvement qui ne demande rien à personne mais qui constitue un moyen de vivre autrement. Plus heureux.

 

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Plus que 2 jours !

Profitez du lancement de Tricots, Flingues et Bras Cassés: vous avez jusqu’à vendredi pour l’obtenir gratuitement en format électronique !!! Un bon moyen de passer l’été en riant un peu, sous les parasols ou les cocotiers 😉

Et la version brochée sortira dans les prochains jours, pour ceux qui préfèrent feuilleter les bouquins plutôt que les lire sur une liseuse. 

Bonne lecture!

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Nouveau roman en approche !

Le voilà ! Tout nouveau tout beau pour l’été qui arrive ! Mon dernier roman est enfin disponible, avec sa magnifique 1ère de couv (merci à Félicie Krikler pour son beau travail !) sur Amazon: 

Vous pouvez d’ores et déjà télécharger ce livre numérique et profiter d’une promotion du lundi 28 mai au vendredi 1er juin puisqu’il sera disponible GRATUITEMENT  à ces dates là !

Et pour ceux qui l’auront aimé, n’hésitez pas à en parler autour de vous… 

Bonne lecture et à très vite pour vos impressions et retours 😉

fanny 

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Un ange passe…

Le soleil s’invite dans le jardin, et les mots de Grand Corps Malade sur ma page. Je me laisse happer par le flot des événements qui débarquent dans l’existence sans que le temps les arrête. J’ai envie de calme, de repos, de paix. C’est fou comme on se fait envahir par les successions de moments sans toujours savoir calmer cette incessante cascade. Le temps coule entre nos mains jointes, dans le geste dérisoire qui nous pousse à le retenir. Je me dis que cette volonté que nous avons, et qui trop souvent se heurte à des habitudes trop bien ancrées, la maladie vient parfois y mettre bon ordre. Car nous avons quelquefois trop peur de chambouler ce que l’on connaît, et seul, le mal a dit qu’il était temps de s’arrêter. Comme si c’était la seule solution. Il faut alors prendre le message, et si ce qui nous tombe dessus nous plaque dans le quotidien d’une chambre, d’une maison ou d’un appartement, c’est que le repos nécessaire vient de loin, et qu’il a attendu longtemps pour s’inviter chez nous… Il est possible de faire autrement. De ralentir sciemment, même si l’exercice est celui du funambule sur son fil, qui requiert concentration et volonté, audace et courage, et puis aussi un poil d’inconscience. Les miracle morning sont là pour ça, mais eux-mêmes sont par moment trop lourds à suivre, matin après matin. Il faudrait simplement s’autoriser à s’agenouiller devant une fourmi qui s’active, prendre vingt minutes pour regarder la mésange qui fait son nid, se promener sans jeter l’œil sur la montre… Cela paraît si simple, et c’est pourtant un véritable travail, une bataille sans merci contre la course du temps qui s’affole. Aux armes, citoyens ! Battez-vous pour préserver les moments suspendus, ceux où la vie respire sans même se soucier de survivre, les temps où la nature sourit et le corps s’étire.

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Nouveau né à l’horizon !

Grande nouvelle à tous ceux qui ont suivi les péripéties de mon dernier roman, et à tous ceux qui aimeraient le lire ! J’ai décidé de publier Tricots, Flingues et Bras cassés d’ici quelques semaines sur Kindle. Un choix qui me permettra peut-être d’avoir la satisfaction de faire marrer des lecteurs ! Je vous tiens au jus, et vous souhaite un joyeux premier mai !

PS je vous promets une 1ère de couv à tomber par terre, grâce au talent de l’illustratrice qui s’est chargée de faire les dessins de mon bébé: Félicie Krikler !

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Le jeu du « j’aime, j’aime pas »

Eh bien oui, je vous avais promis la suite des élucubrations éducatives débutées il y a quelques semaines, et elles viendront, promis !

C’est juste que ce soir, j’avais envie de me livrer à un petit exercice qui m’a traversé l’esprit dans un coup de vent : le j’aime/j’aime pas. A vous d’y ajouter vos petites idées, c’est juste histoire de…

J’aime revenir à la maison avec un meuble Ikea (n’importe lequel : compliqué ou simple, énorme ou minuscule) et observer avec une certaine béatitude mon Laé se précipiter pour le monter aussi sec. Parce que le môme, il est bilingue français-Ikea ! Monter ces meubles, se perdre dans les méandres d’un plan, choisir les bonnes petites vis parmi les millions qu’ils t’envoient pour finir le truc, c’est pour lui aussi simple que d’engouffrer un de ces sandwich aux œufs qu’il adore !

J’aime les fossettes de Théo quand il balance une vanne énorme ou bien super vulgaire. Il a alors ce rire particulier (et pas particulièrement brillant pour le coup !) avec la fossette qui se creuse largement, et c’est irrésistible.

J’aime quand Sacha joue à Concept et que tu cherches le mot qu’il essaie de te faire deviner. Tu fais des suggestions (parfois hyper débiles) et plus elles sont idiotes, plus il te regarde en hochant la tête, les yeux écarquillés, pour te faire croire que tu t’approches du but. Alors toi, tu persistes, tu te noies dans le champ sémantique du mot que tu penses être le bon, et en fait, NON ! C’est pas ça du tout ! C’est juste que Sacha, il t’enduit d’erreur, tellement que tu t’en fous partout… Et au final, tu trouves pas son fichu mot, et il est super ravi (il n’a pas encore compris le but du jeu)

J’aime pas les pourriels, et ces mails sempiternels qu’on t’envoie sur tous les sujets imaginables pour te pousser à cliquer là où c’est pas une idée, pour t’emmener sur des sites pas catholiques qui vont t’extorquer des trucs ou te refiler des virus comme un morpion s’accroche à son poil pubien…

J’aime pas constater que la résolution de Ben pour 2018 consiste à m’empêcher de dormir à 22h chaque soir… Que ce soit en rentrant de son stage à 23h, en reluquant ses cours en ligne au lit jusqu’à 22h30, en grimpant aux rideaux tout seul dans la chambre à 23h10 (pour s’apercevoir qu’au final, des rideaux, on n’en a pas encore mis aux fenêtres…) ou encore sur les coups de 22h18 en hurlant à la mort dans toute la maison parce qu’il cherche son T shirt pour dormir, celui où y a écrit dessus « C’est MOI qui commande » (parce que son T shirt « J’ai toujours raison» est dans le panier de linge sale depuis 3 jours…).

J’aime pas quand mon chien Jingko vient me voir parce qu’il veut un câlin et qu’en guise de témoignage d’affection, me laisse un long filet de bave sur le jean noir que je viens d’enfiler pour aller bosser…

J’aime lire la BD de Thomas Pesquet, quand j’imagine le trip que ça a dû être de partager pendant 48h une capsule Soyouz à 3, toutes misères confondues… Et puis j’aime cette BD tout court, parce que cela fait 3 jours que tous les soirs (vu que Ben a décidé de m’empêcher de dormir), je me bidonne en lisant les vignettes !

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Journée de la Femme !

Une offrande fleurie de Sacha

Je dédie ce post à toutes ces femmes qui…

Prennent dans leurs bras pour consoler ou sécher des larmes

Tendent la main vers un enfant, un vieux, une peine d’amour

Cuisinent des années durant pour ceux qu’elles aiment

Pleurent quand elles voient les hommes faire la guerre

Rient et sont belles juste comme ça, sans maquillage

Sont amoureuses et le crient dans la nuit

S’émerveillent d’un lever de soleil et connaissent le nom des fleurs

S’énervent au volant, pour en rire ensuite bien fort

Subissent de la violence, et taisent chaque jour les coups reçus

Sourient quand on leur offre des fleurs

S’agenouillent sur le sol froid des églises

Aiment leurs enfants sans jamais rien en attendre

S’étiolent dans des métiers usants par amour des gens

Se battent pour l’harmonie, la paix et le bonheur

Nettoient, rangent et font place nette, pour que leur monde soit un peu plus beau

Arrosent une plante et la regardent pousser chaque matin

S’affairent à la journée longue et s’arrêtent, fatiguées mais contentes

Dansent sous une pluie battante et ruissellent joyeusement

Ont la rage au cœur quand elles voient que rien ne change

Font danser des doigts timides sur la joue d’un nouveau né en pleurant

Ont le cœur serré de voir des mères souffrir à l’autre bout du monde

Peinent à s’enfuir, par peur de blesser

S’éteignent doucement, dans un soupir et sans un bruit

Sont passionnées, faillibles, exubérantes et vivantes, touchées et émouvantes…

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Salon des Curieux Voyageurs

Bonjour à tous ! Pour ceux qui sont dans la région de Saint Etienne, je serai au salon des Curieux Voyageurs qui s’y tiendra du 9 au 11 mars prochain, au stand de la Librairie de Paris. Ce sera l’occasion de signer quelques bouquins, mais surtout de rencontrer ceux d’entre vous qui ont des projets de voyage 😉

Au plaisir de vous voir à cette occasion !

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merci

Merci à cette personne des éditions Grrr…Art qui m’a écrit ce petit mot manuscrit si encourageant sur le roman que je lui avais envoyé. C’est un baume sur mon coeur, après des mois de réponses négatives. Et même s’il ne peut pas le publier, ce livre, il m’a donné de l’énergie pour terminer celui que je suis en train d’écrire. Et puis un 2ème merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour leur retour extra et Ô combien constructif et positif, ce sont des plumes supplémentaires sur mes ailes de vent !

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Quelques trucs en vrac pour éduquer les enfants

Voilà bien longtemps que je voulais aborder le sujet. Ce thème, épineux s’il en est, est celui de l’éducation des marmots. Nos petits mioches (enfin… petits… mon plus grand me mange allègrement la soupe sur la tête !) nous donnent du fil à retordre, parfois. Quand par exemple il leur prend l’envie de nous faire tourner en bourrique parce que Môssieur a décidé de ne pas finir son plat, de ne pas rentrer à l’heure convenue, de ne pas ranger sa chambre ou de fiche un bazar pas possible dans la maison parce qu’il a décidé de faire une bringue d’enfer pour célébrer son permis de conduire… Tous ces petits amusements que vous aurez à l’ado, mais pas que ! Sissi ! Car dès l’âge honorable de 2 petites années, nos affreux ont une faculté à nous pousser à bout qui nous fait parfois reluquer du côté des orphelinats… Trêve de solution horrible, il est possible de se passer de ces manifestations désagréables qui soulignent des relations qui peuvent être compliquées avec notre progéniture.

Avec mes 16 petites années d’expérience en la matière, je voulais partager avec vous quelques trucs, pour ceux qui sont dans les couches, ou dans les bagnoles (rapport au permis sus mentionné) selon les cas. Outre l’expérience, c’est aussi une formation que nous avions faite à l’école internationale qu’avaient fréquentée nos marmots à Montréal (voir la référence sur Brigitte Racine, citée ci-dessous) que je dois quelques trucs intéressants concernant l’éducation. Et puis aussi quelques lectures sur ce sujet brûlant.

 

LES 20 MINUTES MAGIQUES !

Ce concept des 20 minutes nous a tout de suite captivés (voir le livre de Brigitte Racine à ce sujet : http://www.editions-chu-sainte-justine.org/livres/discipline-jeu-enfant-90.html). Car il partait d’un principe tout bête, et pourtant si réaliste. Prenez un loupiot qui multiplie les bêtises. Ou bien qui s’exprime en criant (OK, il peut s’agir d’un futur chanteur, ou d’un politicien en herbe… mais sans brimer sa carrière, mettons qu’à l’âge de 5 ans, c’est vite fatigant…). Ou encore d’un petit infatigable qui court partout et vous harcèle de questions à tout bout de champ. Eh bien si vous préférez surfer sur internet pour savoir, comme il vient de vous le demander, pourquoi les chenilles processionnaires font des nids dans les arbres, libre à vous ! De notre côté, on a appris que des comportements estampillés comme « négatifs » car frustrants, agaçants, irritants… étaient le résultat d’un objectif poursuivi par le marmot : la quête d’attention. L’enfant qui n’a pas l’attention dont il a besoin va la rechercher par divers moyens. Cela peut se caractériser par des notes topissimes à l’école, un comportement d’enfant sage et modèle, mais aussi par des manifestations bruyantes de vie, tel que décrites précédemment. C’est nettement plus dérangeant que les stratégies moins démonstratives, mais qui justifient tout autant l’attention que nous ne donnons pas toujours à nos enfants. En fait, l’enfant est le premier à pouvoir définir son besoin d’attention, et des comportements non adaptés peuvent souligner qu’il en manque. A nous de saisir la perche, et de savoir ce que nous décidons d’en faire. C’est ici qu’intervient l’exercice que je vous propose, et qui nous a maintes fois prouvé son efficacité !

            20 minutes, 3 fois par semaine : c’est le défi à relever. Il s’agit d’accorder à marmouset son quota d’attention hebdomadaire. 20 minutes qu’on lui consacre à un moment déterminé avec lui à l’avance. Et durant ce temps sacré, pas de téléphone, pas d’ordinateur pour détourner notre attention, ni même un repas à surveiller ou un truc à faire en même temps. Du temps de qualité, du vrai, du bon et du pas cher : on joue avec l’enfant au jeu qu’il décide, et selon les règles qu’il choisit (et tant pis si cela consiste à recevoir 4000$ à chaque passage sur la case départ au Monopoly au lieu des 200$ réglementaires : arrangez-vous pour survivre à cela, ça lui fait tellement plaisir!). Au bout de quelques semaines, vous devriez développer une belle complicité. Et lui, l’enfant, il a l’assurance de vous avoir pour lui tout seul pendant ces moments magiques ! Au cas où vous ne pouvez honorer (exceptionnellement) le moment convenu, il faudra bien sûr négocier pour redéfinir un autre temps de jeu. Et puis n’oubliez pas le chrono : c’est 20 minutes, pas une de moins, pas une de plus ! La rigueur est la garantie d’une recette qui fonctionne.

Cette formule toute bête est extrêmement efficace, et vous permettra de passer du temps de qualité avec votre crapaud. Mais il est aussi facile, quand ils grandissent et sont moins intéressés par les legos et autres jeux qui vous ennuient, de négocier des temps de jeu un peu plus souples et qui vous font plaisir à vous aussi ! Je suis ainsi devenue imbattable à la crapette et je me fais en revanche battre régulièrement aux dames chinoises par mon petit dernier ! Mais quel plaisir ! Et puis l’enfant apprend à respecter des règles, à perdre et à gagner, ce qui n’est pas négligeable en terme d’apprentissage.

 

LES VOYAGES RITUELS

On passe à travers la vie dans un train lancé à grande vitesse qu’on ne sait plus arrêter, le plus souvent. Je vous propose de faire un arrêt sur image, histoire de voir ce qui se passe à l’adolescence. De nombreux changements physiques, émotionnels et psychologiques se déroulent en un temps record. L’enfant qui hier encore nous faisait des bisous avant de dormir s’est mué en géant aux épaules baraquées qui doit se plier en deux pour vous embrasser le soir en rentrant du lycée… Mais comment l’aider à faire face à tous ces changements qui ne manquent pas d’être déstabilisants… Là aussi, le temps passé est important, pour autant qu’il soit de qualité. Chez nous, c’est souper en famille tous les soirs, et chacun raconte ses histoires, rit, développe, questionne, ce qui fait réagir les autres. Mais il y a d’autres moyens. Certains couples se relaient pour passer un moment avec un des enfants chaque semaine ou mois. Pour autant que nous puissions prendre le pouls de cette enfance qui s’évade, avant que la vie d’adulte n’ait pris ses quartiers… Il reste que tout cela passe bien vite, et que l’enfant a besoin de définir ce nouveau « moi » qui émerge tout doucement du corps transformé par les hormones.

Pour l’y aider, nous avons instauré un petit système assez sympathique. A chaque âge correspond un petit rituel que nous mettons au point avec chaque enfant. Quand arrive le début de l’ado, nous commençons à organiser un voyage. L’idée est d’en faire un moment de complicité avec le parent du même sexe (en l’occurrence le papa, chez nous !). Un voyage qui mobilisera chez l’enfant des ressources physiques, mentales et permettra d’aborder des sujets importants : les addictions/drogues (incluant le tabac et l’alcool), le sexe (délicat à aborder avec le parent du sexe opposé…), la spiritualité, la gestion des émotions, etc. Pour faire un peu le liant, j’ai écrit un texte pour chacun où j’aborde ces thèmes en apportant quelques idées. Du coup, notre aîné a fait une traversée de l’Atlantique en bateau avec son père, son oncle et un ami. Bon, il était un peu jeune (9 ans et demi) mais garde des souvenirs magiques de ces moments uniques. Il s’est construit avec cette histoire dans la besace et, croyez moi, ça vous pose un bonhomme ! Sacha a quant à lui fait la Loire à vélo avec Ben durant 5 jours, de Tours jusqu’à la côte Atlantique, avec des étapes allant jusqu’à 90 km dans la même journée. Une épreuve sportive, et aussi une occasion de créer un lien particulier avec le papa. Car cela prend parfois du temps pour qu’un ado se confie ou se mette à parler de lui, et ce temps est plus facile à trouver lorsqu’on est ensemble plusieurs jours de suite. Il y a des messages qui passent aussi, du parent à l’enfant. Comme des mises en évidence de comportements qu’il pourrait faire évoluer, ou des remarques l’aideront à prendre du recul. Pour Laé, c’était l’année dernière : il a marché durant 5 jours dans le sud de la France, réalisant notamment une étape de 30 km sous un soleil de plomb dont il n’est pas peu fier !

Mais j’étais un peu jalouse, je l’avoue, de ne pas pouvoir partager de moments privilégiés avec mes gars, alors j’ai poursuivi l’expérience. C’est ainsi que j’ai emmené Théo cette année faire une semaine dans un centre bouddhiste pour apprendre la méditation. Sceptique au départ, il a finalement adoré l’expérience, et il s’est mis à méditer régulièrement depuis… C’est ma petite contribution à leur entrée future dans la vie d’adulte, où ils auront bien besoin d’avoir un équilibre intérieur à toute épreuve. Et puis ils apprennent à se connaître, et ça, ça n’a pas de prix !

 

Bon, je n’en ai pas fini sur le sujet, mais je vais conclure pour aujourd’hui. J’aimerais bien savoir en revanche quels sont vos trucs à vous pour l’éducation : c’est un sujet qui se nourrit de partages !

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