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Double coup de chapeau

On May 17, 2012, in Uncategorized, by benoit
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GPS 20.5755 -73.4093

Depuis Shroud Cay, nous sommes descendus tranquillement vers Georgetown, avec une escale évidente et obligatoire à Warderick Wells, notre endroit préféré. Là, nous avons retrouvé totalement par hasard nos amis Canadiens de Raftan, avec qui nous avons partagé nos expériences sur les Bahamas. Et là aussi, nous avons retrouvé Miaouss, un bateau copain que nous avions vite aperçu à Saint Martin, mais sans faire vraiment connaissance. Ils connaissaient plusieurs de nos amis d’alors, notamment Iod’l, alors il était tout naturel que cela finisse autour d’un bon plat des familles sur Lam ! On a vraiment accroché avec cette chouette famille d’Antibes, en France. Christophe est sur le point de ramener le bateau en France avec un ami pour traverser l’Atlantique, tandis que Marie Suzanne et deux de leurs mousses – Xavier et Sophie – rentreront en France par avion (mal de mer non inclus, c’est quand même pas négligeable comme avantage !). Bref, une belle soirée improvisée que nous avons savourée en leur compagnie en même temps que l’excellent Côtes du Rhône qu’ils avaient eu la bonne idée d’amener avec eux ! Ensuite, descente sur Georgetown, contre les vents dominants et en passant par l’océan. Mais finalement, une belle voile par petit temps, nous avons vite fait le trajet. Dernier avitaillement à Georgetown, dont nous aimons bien le mouillage et l’ambiance. Et mardi matin, nous sommes partis de Georgetown pour 10 jours de traversée (peut-être plus, on ne sait pas encore) vers les Îles Vierges. On sait que la route ne va pas être facile. Pour preuve, tous les guides nautiques spécifient qu’il faut être un peu fou pour faire la route dans ce sens là ! Et c’est vrai que c’est culotté de se taper du vent de face pendant des jours avec des courants dans le mauvais sens. Mais bon, pas le choix ! En attendant, on est dans la meilleure saison pour le faire, puisque les alizées sont plus faibles en ce moment. Mais on a commencé dur en sortant de Georgetown, puisqu’on a eu une nuit de vents de face avec des vagues très courtes et au moteur, ça tapait dur… Pas marrant. Surtout lorsqu’on doit faire des quarts de nuit et que les moments de repos sont troublés par les bruits des vagues sur la coque. Aujourd’hui, on est à Great Inagua, escale que nous avions bien aimée à l’aller pour le calme du coin, et la gentillesse des gens. Premier coup de chapeau. Car nous avons eu un coup de cœur pour ces gens prévenants, simples, et d’une gentillesse affolante. Ce matin encore, la dame de la station essence nous a laissés faire de la monnaie au magasin du coin et a bien voulu garder les bidons que nous venions de remplir jusqu’à notre retour. Mieux, elle a amené les bidons jusqu’à notre dinghy pour nous éviter le voyage à pied ! On a depuis presque deux mois été touchés par le flegme et la générosité des gens d’ici. Un gros merci pour cet accueil dont nous nous souviendrons. Deuxième coup de chapeau. En arrivant à Matthewtown, à Great Inagua, ce matin, nous avons aperçu une demi douzaine de vieux gréements. On croit d’abord à une régate, ou à une manifestation de bateaux. En s’approchant de plus près, on se rend compte que ces bateaux sont en fait de vieux sloops mal entretenus, très rudimentaires et qui semblent bricolés pour tenir encore sur l’eau tant bien que mal. Plus tard, en allant en ville, on les croise et on salue de la main leurs occupants. De jeunes hommes noirs dans la trentaine robuste qui se reposent sur les ponts sous une chaleur écrasante. Ils semblent attendre, mais quoi ? En arrivant dans le vieux port, on aperçoit des américains en uniforme – probablement des gars de l’armée américaine – qui contrôlent le contenu de centaines de cartons qui jonchent le pont d’un vieux raffiot à quai. Notre madame de la pompe à essence nous apprend alors que ces denrées et produits de première nécessité que contrôlent les gars de l’armée vont être acheminés à Haïti par les bateaux aperçus devant le port. C’est apparemment une chose qui se produit souvent. Ces gars viennent dans ces bateaux de fortune pour récupérer des denrées et des meubles, tout ce qui peut être récupéré, afin de les ramener en Haïti. Nous avons vu, près du port, un conteneur sur lequel étaient empilés des vieux matelas, quelques vélos, des objets donnés. Une belle preuve que les objets collectés dans les pays occidentaux arrivent à bon port… malgré des détours parfois longs ! En les saluant au moment de notre retour sur Lam, nous avions tout de même un serrement de cœur à l’idée de l’état de dénuement dans lequel se trouvent les Haïtiens en ce moment…

 

Magie dans la mangrove…

On May 6, 2012, in Uncategorized, by benoit
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ATTENTION! petite nouvelle:a la demande generale, j’ajouterai desormais les coordonnees GPS des endroits sur lesquels j’ecris, comme cela, vous pourrez aller voir dans GOogle map! pour ce faire, copier les coordonnees directement, et vous pourrez meme voir les photos satellite!
Pour shroud cay: 24.4000, -76.6500

 

AUTRE NOUVELLE: Sacha a terminé sa fiche de lecture sur Eragon, à lire dans le coin des enfants!

Bonne fête à toutes les mamans (à commencer par la mienne !).

Je vous emmène aujourd’hui dans un endroit magique. D’emblée, l’approche est époustouflante, puisque depuis 2 jours, pas de vent et grosse chaleur aux Bahamas… L’eau est d’une limpidité d’aquarium, on aperçoit sur le sol jusqu’aux traces des lambis, gros coquillages habités qui se meuvent avec lenteur sur le sable. Arrivée à Shroud Cay. Île découpée, mangée d’une épaisse forêt de mangrove, et tout à fait sauvage.

Ce matin, dès le réveil, je suis prise d’une envie irrésistible d’aller faire un tour dans la mangrove. Déjà à notre arrivée la veille, nous avions fait une promenade au milieu d’un banc de sable qui serpente entre les buissons de mangrove. Une haie de palétuviers borde le petit cours d’eau à moitié asséché à marée basse. Le lieu est d’un calme parfait, le soleil se couche tranquillement sur les dunes mangées de palmiers aux feuilles pointues, et nous refaisons le monde avec Ben en marchant dans le sable blanc tandis que les enfants construisent des barrages dans l’eau…

Mais ce matin, autre trip, puisque la marée est assez haute pour que je puisse avancer loin avec mon kayak. D’emblée, faute de vent, l’eau transparente laisse parfaitement voir le fond. À un point tel que je n’ai même plus besoin d’un masque pour aller observer les poissons que je vois depuis mon embarcation en longeant les rochers qui bordent l’île! Je continue jusqu’à la mangrove. En chemin, je dérange deux belles raies pastenague d’un peu plus d’un mètre d’envergure et qui semblent en grande conversation.  Elles fuient à mon approche, mais j’ai le temps d’admirer leurs ailes immenses. Je commence à ramer pour rejoindre le cœur de la mangrove au soleil levant. L’endroit est sauvage, pas une âme qui vive hormis quelques oiseaux. Soudain, je cesse de ramer. J’écoute. Un silence épais s’impose alors, que ne viennent troubler ni le bruit de l’eau, inexistant dans ce calme total, ni le bruit des feuilles, que le vent ne vient pas déranger. Un silence incroyable, à peine le son distant de quelques oiseaux. Il est presque bruyant à force d’être pesant. C’est une expérience nouvelle pour moi, qui ai toujours vécu en ville. Jamais pu me débarrasser du son des voitures, quand ce n’est pas celui des avions ou d’un moteur au loin. Ici, c’est le néant, le grand blanc, le silence qui vous enveloppe totalement pour ne plus vous lâcher. Je me love dans cette absence de bruit avec délectation, n’osant même plus toucher à mes rames. Et à raison : le courant de la marée montante porte le kayak tranquillement, comme pour me faire faire une visite des lieux à son rythme. Le retour se fait dans la même douceur, et je sors de cet endroit le cœur tout amolli par cette beauté que je n’ose presque pas évoquer de peur de la dénaturer…

 

 

 

 

 

 

 

Une journée au pays des stroumpfs

On May 3, 2012, in Uncategorized, by benoit
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GPS 25.0600, -77.3450
Après deux jours passés à briquer Lam, laver tout le linge avant pourrissement total, et faire l’avitaillement, nous avons pris la direction de Atlantis Marina. Ici, à Paradise Island, se dresse un des plus grands parc à riches de ce coin du monde. Il paraît que ça s’appelle l’aquarium de Nassau. Il est en effet, vous le constaterez plus bas, assez impressionnant. Mais ça ressemble quand même grandement à un énorme prétexte pour y faire un terrain de jeu géant pour gens friqués. Pour la petite histoire, des immeubles d’un kitch fini (les québécois diraient que c’est « quétaine au bout ») se dressent dans le ciel, dont les plus hauts sont rejoints par une passerelle. Eh bien il est dit que cette passerelle abrite la plus grande suite du site, et qu’il faut pour y aller débourser la somme rondelette de 25,000 dollars… par nuit ! Pour un minimum réglementaire et obligatoire de 4 nuits… bien sûr ! Il paraît que c’est là que feu Michael Jackson avait l’habitude d’aller et on le croit sans peine ! Toujours est-il que nous prenons la direction de ce complexe monstrueux vers 13h, après avoir dûment amarré Lam entre les yacht super luxe qui habitent le coin. Et là, bienvenue au pays des schtroumpfs, puisque autour de la marina, les maisons sont petites, proprettes et colorées, comme les aiment ces américains aisés qui adorent se rendre au Mont Tremblant de notre Québec. Derrière les immeubles roses super laids déjà décrits, s’étendent des km de sites pour les gens qui louent des chambres dans les multiples hôtels qui bordent le terrain de jeu géant. On trouve une succession de piscines immenses de formes variées, des jeux aquatiques qui font le bonheur des enfants et des adultes, des palmiers, des plages donnant sur l’océan, des mers de transats collés tellement serrés qu’ils bannissent d’emblée la plus simple idée d’intimité, des femmes qui ont fait refaire la quasi totalité de leur corps (exception faite toutefois des orteils, et peut-être des cheveux – encore que j’ai parfois des doutes…), des hommes bedonnants qui arborent des couleurs rouge vif attestant de l’absence notoire du soleil dans leur pays d’origine (à moins que ce ne soit les gènes de blonds vénitiens qu’ils tentent de cacher tant bien que mal), des colonies de petits îlots de restauration rapide vendant burgers et sandwiches à prix d’or, un casino envahi de férus du jeu et des restaurants de luxe à plus de 200 dollars le repas, re-tapis de transats et ce jusqu’à l’horizon… Cela tourne la tête tant il y a de choses qui défilent dans tous les sens, et on se félicite d’être venus en fin de saison, tant une grande affluence aurait rendu la chose intenable. Cependant, on est conquis par les aquariums qui sont en effet étonnants. De larges étendues laissent des raies léopard et pastenagues s’ébattre gaiement sous nos yeux, quand ce ne sont pas des requins marteau ou des tortues marines. On trouve assez vite les jeux d’eau, et on fait un voyage sur des trips (boudins en caoutchouc) le long d’un parcours assez long qui fait le tour du parc, avec vagues incluses et arrosages intempestifs, super sympa ! Plus loin, on tente le temple maya : glissade géante qui se termine par un tunnel qui passe à l’intérieur du bassin des requins… dans un tube en plexiglas ! Ça a l’air sympa, comme ça, mais on se rend très vite compte (quelques dixièmes de seconde au plus) que ça tient de la folie : descente sur le dos à presque 90 degrés sur quelques dizaines de mètres, à se demander comment on fait pour ne pas décoller de la paroi !!! Même pas le temps de hurler, on se prend plein d’eau dans la tronche, et on débouche dans une piscine, les jambes flageolantes, et en se jurant qu’on ne nous y reprendra pas !! On enchaîne donc un peu plus loin sur la Power Tower. Là encore, on se retrouve dans les hauteurs, mais avec un trip cette fois. Ben et moi laissons aller Laé en premier et on se demande très vite si on a pas fait une bêtise. Il a pourtant la taille réglementaire, mais à le voir aller sur une pente aussi raide, à une vitesse aussi folle, on a peur qu’il s’envole, le lardon ! Mais tout est calculé et il reste accroché à son boudin, tandis qu’on hurle à notre tour parce que l’expérience reste quand même assez violente ! Les enfants adorent tellement qu’ils le feront plus de 4 fois ! Fin de journée impressionnante, à visiter The dig, qui est le plus grand aquarium au monde. Jugez plutôt : on y voit des poissons plus gros que Laé (en taille et en poids !), des raies mantas de plusieurs mètres d’envergure, des mérous qui ont l’air d’être centenaires tant ils sont monstrueux… L’aquarium s’étend ainsi au pied des immeubles roses, tels des douves immenses, et serpente sur des centaines de mètres. On peut aussi le voir depuis les jardins conçus à l’extérieur, au-dessus duquel ils passent. Laé trouve même le moyen de tomber dans un aquarium – celui des petites raies pastenagues, des diodons et des petits poissons. Je vous fais grâce du regard affolé qu’il arbore dans sa chute, et de la vitesse spectaculaire avec laquelle il revient sur le bord… Ouais, ça fait pas mal étrange, ce monde hors du monde. Surtout quand on sait que ça ressemble à un parc d’attraction le jour, mais que ça devient boîte de nuit géante après le coucher du soleil, avec une ambiance différente autour de chaque piscine… N’empêche, on a adoré ça, on a eu un fun pas possible avec les enfants, et ça restera dans nos annales des plus chouettes parcs à date !

 

 

Montée sportive sur Nassau…

On May 1, 2012, in Uncategorized, by benoit
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Aujourd’hui, Anne est repartie pour Montréal. Nous étions un peu tristes de la voir s’en aller, d’autant que nous avons tous adoré passer ces 10 derniers jours en sa compagnie. Mais force est de constater que le beau temps n’a pas été de la partie! Parce que 3 dépressions en 3 semaines, ça tient du record pour nous jusque là! Surtout, les 2 derniers jours ont été plus que rock’n roll… Parce qu’après notre découverte de Warderick Bay, jour post snorkelling, on a dû précipiter notre départ, attendu que la météo annoncée pour les jours suivants était dantesque. Après avoir hésité une heure ou deux, nous avons pris le parti de rejoindre Nassau au plus vite, histoire de ne pas se mettre dans une situation trop compliquée en devant faire le trajet de 70 milles en une seule journée. Dimanche, donc, départ sous la pluie et un bon début de vent. On passera par les banks, histoire d’éviter la grosse houle qui ne manquerait pas de nous rattraper si nous passions par l’océan. Très vite, le vent monte, et on s’en tire toute la journée avec pas moins de 25 nœuds et des pointes à 35, avec des vagues de côté qui sont assez inconfortables. La fin du trajet consiste à faire 6 milles en vent de face, et on mettra à le faire les 3 heures que nous a pris le trajet pour faire les premiers 20 milles ! Si on avait mis Laé à la rame pour faire avancer Lam, on aurait été plus rapides !

On finit par se poser à Highborne Cay, un des seuls endroits des Exumas où il est possible de se mettre à l’ancre sans s’user les yeux à détecter les hauts fonds (tâche ingrate s’il en est par 30 nœuds de vent et sous une pluie battante). N’empêche, la remontée vers l’ancrage est tellement violente que Ben en perd son latin (dont il ne reste de toute façon pas grand chose) et jure à tous les vents parce qu’il a un mal fou à contrôler le bateau !

Le lendemain, une splendide surprise nous attend. Il s’avère que ce jour est un jour à Murphy. Vous savez, le sympathique mauvais sort qui s’acharne de temps en temps et qui transforme toutes les minutes en une succession interminable de crasses… Bref, on lève l’ancre en plein orage vers 6h30 du mat’, parce que la météo prévoit l’enfer sur Nassau à partir de 14h et qu’on veut arriver avant. Comme de fait, les vents montent de suite, pointes à 36 nœuds, pluie torrentielle (au moins, ça a le mérite de laver le bateau ! J’hésite presque à envoyer les enfants avec le balai brosse en avant pour aller frotter la coque…), vagues de côté qui envoient valdinguer dans tout l’habitacle notre batterie de cuisine, couverts compris… On a barricadé le cockpit en mettant les rideaux de plastique transparents, tout l’intérieur du bateau suinte l’humidité et ça commence à sentir des odeurs un peu repoussantes qui ne font rien pour le mal de cœur de Théo, vaseux sur son siège… Puis la mer devient plus grosse, malgré les îles qui arrêtent la houle de l’océan, et je mets un peu de jazz pour alléger l’atmosphère et rendre le trajet plus vivable pour Anne, qui en est à son baptême « es tempête ». Finalement, arrivée à Nassau avec une mer pas le fun du tout, mais on se cache derrière « paradise island » pour se couper de la houle, c’est déjà ça. Là revient notre ami Murphy, avec un vieux sourire sadique, car il nous faut trouver un ancrage… L’idéal serait la marina, mais Ben hésite à se taper des manœuvres dans un petit espace avec les vents de fou et… les courants de marée !!! On finit, après moultes hésitations et une presque collision avec un énorme yacht de luxe (Ben ne parvenait plus à manœuvrer en raison du vent de face et du courant… belle trouille !) par se mettre à l’ancre sur le côté protégé de la passe entre Nassau et Paradise Island. En passant, on a loupé de justesse un échouage sur LE haut fond du coin, très mal signalé et que notre GPS ignorait superbement ! Une belle journée, on vous a dit !!! Qui se termine mieux qu’elle a commencé, puisque Ben, après s’être décidé à appeler une par une toutes les marinas pour en trouver une qui nous accueillerait, finit par nous dégotter une place accessible et près de là où nous nous trouvions ! Ouf ! Reste que sa manœuvre pour nous glisser dans la place de port, avec 30 nœuds de vent et 5 nœuds de marée dans les fesses tient du grand art, voire de l’exploit. On amarre le bateau avec au moins 6 ou 7 cordages, et on l’applaudit tous des deux mains ! Le soir sera synonyme de fête au restaurant de la marina, pour célébrer cette fameuse arrivée, vider notre trouille dans les verres à bière que nous enchaînons, et terminer en beauté le séjour d’Anne, qui aura eu ce jour là un beau baptême du feu !

 

 

 

Warderick Wells la belle

On April 29, 2012, in Uncategorized, by benoit
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Ce matin, départ de Warderick Wells pour Highborne Cay, à quelques 30 milles de là. Pas de chance, encore une dépression, nous avons gagné le gros lot ! Mais attendu qu’il nous faut arriver lundi à Nassau pour déposer Anne qui doit reprendre son avion, pas vraiment le choix. Alors à nous les 25 à 30 nœuds de vent et les pluies diluviennes !
En attendant l’arrivée, quelques mots sur l’endroit le plus beau que nous ayions fait jusqu’ici dans les Antilles… Que dire de Warderick Wells… Arrivée dans une sorte de lagon merveilleux. Imaginez seulement une petite île qui s’étire le long de la côte Atlantique. On y arrive en slalomant entre les récifs de corail et les hauts fonds (tout ce qui est beau se mérite !). L’endroit est entouré de rochers qui forment avec l’île un lagon ovale. Des hauts fonds habitent le lieu, serpentant entre des langues de mer plus profondes et par lesquelles les voiliers peuvent se frayer un passage pour atteindre les bouées. Au milieu du lagon, une étendue de sable blanc recouvert par l’eau, mais dont la blancheur en fait une tache laiteuse qui contraste si joliment avec le turquoise alentour… Nous sommes tous conquis par l’endroit, et notre bouée, idéalement placée, est si proche du banc de sable qu’on pourrait presque sauter dessus depuis la jupe du bateau ! Les enfants s’aventurent sur l’eau peu profonde, jouent avec un chien qui s’ébat sur le haut fond avec un bonheur évident. Ce matin, j’y ai aperçu Bruce qui s’était avancé jusqu’au sable pour finalement s’en dégager d’un coup de nageoire. Bruce est le requin du coin. On est pas sensé nourrir les animaux sauvages, mais les gens d’ici le font pour Bruce, probablement pour qu’il ne soit pas trop agressif avec les touristes. Ou peut-être simplement parce que c’est sympa, d’avoir un requin dormeur de 3 mètres de long avec qui causer lors des longues journées de printemps ! Toujours est-il que Bruce est passé à côté de nous ce matin. Une chance, on ne l’a pas vu hier, quand on est allés voir les récifs de coraux de la place. Là encore, époustouflante visite. D’ailleurs, ils appellent ce paradis des snorkellers du dimanche le « Reef Garden ». Comme de fait, ce sont des patates de corail éparses qui poussent sur le fond comme des champignons. L’endroit est habité par toutes sortes de poissons énormes et magnifiques, pagres, mérous, poissons perroquet arc-en-ciel, des raies pastenagues qui jouent à poursuivre les plongeurs (trouille garantie, leur dard situé au bout de la queue peut vous tuer un bonhomme !)… Nous avons profité de toutes ces beautés, et j’ai pu rire en voyant la déception immense de Sacha qui, avisant les langoustes royales monstrueuses (40cm de la tête à la queue !), était horriblement frustré de ne pas pouvoir en pêcher, réserve naturelle oblige !

Le matin, nous avons fait une balade sur l’île. Un moment unique là encore, à zigzaguer entre les palétuviers, à marcher sur la roche curieuse de l’endroit, faite de creux arrondis qui se découpent le long de la mer avec des arêtes pointues. Ce petit microcosme vit au rythme des marées, abritant des espèces végétales qui survivent à la présence du sel, soit en filtrant l’eau de mer, soit en allant chercher l’eau douce dans les nappes qui se forment sous l’île… Un peu plus haut, une longue pointe de terre et de roche se termine dans l’océan, abritant cette fois des espèces d’oiseaux qui viennent nicher là. Le site est d’ailleurs fermé afin de permettre aux volatiles d’avoir un peu la paix ! L’histoire de ce coin de paradis sauvage est d’une tristesse monotone. On y trouve une fois de plus la trace de l’homme, venu là pour décapiter le lieu, pas d’autre mot, puisqu’il en a arraché tous les arbres d’une forêt qui existait depuis des lustres. Le résultat, c’est que des dizaines d’années plus tard, la nature peine encore à reprendre ses droits, l’érosion n’étant plus arrêtée par les arbres. Un peu plus loin, des « blow holes », trous qui partent de grottes battues par les vagues et qui remontent jusqu’à 20 mètres pour creuser la roche au-dessus. Un résultat rigolo à cela (mais que nous n’avons pas eu le temps d’observer, malheureusement) : à la marée montante, l’eau s’engouffre là-dedans et remonte d’un coup jusqu’à la surface, formant un jet d’eau puissant qui aurait éclaboussé Sacha et Laé qui ont mis leurs frimousses juste au-dessus ! Avant d’achever cette belle balade, nous arrivons au sommet de l’île. Là, vue à 360 degrés sur l’Atlantique d’un côté, les ‘banks’ de l’autre. Les « Banks » sont les hauts fonds qui tapissent le côté ouest des Exumas et rendent ainsi l’eau d’une couleur aussi belle et unique. Le contraste est frappant : le calme vert d’un côté, la furie bleue de l’autre. Sur le point culminant, un cadeau de nos prédécesseurs. Il faut dire qu’ici, la règle, c’est « Here, take only photographs, leave only footprints ». Même les magnifiques coquillages que laisse l’océan sont récoltés et exhibés sur des rochers, sans être emportés en souvenir. Alors les gens se sont amusés à ramasser du « bois flotté », charrié par la mer, et y ont laissé le nom de leur bateau, une date, un dessin peint dessus… Le résultat est assez désordonné, très coloré et franchement sympathique. Dommage, on avait rien sous la main, sinon on aurait volontiers laissé un bout de Lam sur ce coin de Terre !

 

 

 

Émeraudes et courants à Compass Cay

On April 26, 2012, in Uncategorized, by benoit
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Compass Cay. Une horreur de chemin à faire entre les hauts fonds, navigation à vue sous peine de s’échouer sur les bancs de sable (ce qui nous avions recommencé hier et le matin même !). En fin de compte, on se trouve un mouillage près de la marina de Compass Cay, un endroit désert avec en toile de fond un bleu turquoise à perte de vue, coupé par le blanc crémeux des bancs de sable qui l’agrémente de nuances délicates. Camaïeu de saphirs, cyan, et émeraudes éclatants. L’endroit est à couper le souffle. Mais on se rend vite compte qu’un tel mouillage se mérite, entre hauts fonds, rochers et courant, et on s’y reprendra à trois fois pour l’ancrage, puisque le courant nous déportait plus encore que le vent ! À terre, la marina, toute petite, accueille des gros bateaux à moteur qui sont amarrés aux traditionnels pontons en bois entre les poutres hautes. Dans l’eau, on aperçoit des requins. Ici, ils sont les gardiens du coin, presque apprivoisés. Moyennant une somme de 8$ par tête de pipe, on peut se baigner avec ces prédateurs impressionnants, marcher sur l’île pour aller sur la magnifique plage en arrière, ou accéder à des bains à bulle naturels sur la pointe de l’île. Vu l’heure avancée, on se contente d’observer nos amis les ‘nurse sharks’ (requins infirmière, fallait l’inventer !) qui tournent autour du ponton d’où un local découpe des poissons pour les vider, nourrissant du même coup les requins. On fait aussi un tour à la plage qui débouche côté Atlantique. Splendide, recueillant les rouleaux de houle de l’océan dans lesquels les enfants se baignent avec délectation, et dotée d’un sable d’une finesse que je n’avais encore jamais touchée ailleurs. Un sable si doux qu’on dirait de la farine, et d’une blancheur de robe de mariée. L’endroit est très poétique, sous la lueur crépusculaire un peu laiteuse qui jette un voile pastel sur les choses et les gens.

Côté vie à bord, Anne semble apprécier le bateau, même si l’idée de se baigner dans une mer qui abrite raies pastenagues au dard méchant, ou requins dormeurs qui ne le font peut-être que d’un œil (dormir, bien sûr !), ça la fait un peu freaker out ! Mais elle tient bon et s’est mise à cuisiner avec bonheur des pains délicieux ! Les enfants quant à eux ne sont pas en reste, entre les cochons à câliner et les requins à redouter autant qu’à admirer… de loin ! Ils se sont récemment livrés à un mouchicide en règle à bord de Lam, le bateau étant infesté de ces bestioles volantes horripilantes. Alors ils ont choisi un moyen à leur portée : les pistolets à ventouse… Contre cette arme fatale, les mouches n’ont aucune chance ! Et Laé de venir benoîtement m’expliquer que « moi, j’ai tué deux mouches qui faisaient l’amour et qui faisaient des œufs ! Et même qu’après ça faisait du sang partout ! ». Joyeux programme, espérons seulement qu’ils s’en tiendront au meurtre de mouches harceleuses…

 

 

 

 

L’île aux cochons nageurs!

On April 24, 2012, in Uncategorized, by benoit
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Aujourd’hui, navigation plus tranquille jusqu’à Staniel Cay. En route, nous pêchons deux barracudas. Le premier s’échappe (on a décidément pas encore le coup de main). Le deuxième se fait remonter, il fait un bon mètre de long, mais on lui ôte l’hameçon du bec, à cause du risque de ciguatera, la fameuse toxine que les gros prédateurs comme notre ami à écaille accumulent et qui peut avoir des répercussions malheureuses sur le système neurologique des piscivores ! Bref, chou blanc, mais on est pas mal fiers d’arriver enfin à pêcher !

Staniel Cay. Premier échouage sur un banc de sable, petit stress, mais on s’en sort en utilisant le génois pour se bouger de l’endroit. La marina est adorable, entourée de pontons surélevés sur des poutres qui doivent absorber la montée des eaux lors des ouragans. Petites maisons en bois de couleurs vives au bord de l’eau. À terre, d’autres maisonnettes proprettes en bois peint, ça sent la richesse tranquille, de petites pancartes peintes nous indiquent directions et commerces. C’est joli, la mer au loin a des teintes improbables de bleu saphir et de turquoise clair sous le soleil. On a encore froid en raison du vent, mais l’endroit est si beau… On se dépêche d’aller au supermarché local faire quelques emplettes. En guise de grand magasin, on se retrouve dans une pièce de taille modeste, avec quelques étagères où s’empilent des denrées en nombre limité et à prix d’or… On se ruine donc, sous l’œil indifférent d’une madame locale d’un âge certain qui ne s’émeut pas de nous entendre pousser des cris d’indignation en voyant le litre de lait à 5$ ! Petite escale heureuse au yacht club de l’île, dont le resto nous sert des hamburgers délicieux que nous dévorons voracement : il est quand même plus de 15h et nous n’avons rien mangé à midi ! Le soir, nous filons à l’île aux cochons pour une surprise de taille. Là-bas, nous avait-on dit, vous verrez des cochons nageurs ! Allons-y donc !

Les cochons nageurs étaient cachés, lorsque nous sommes allés nous amarrer au bord de la plage. Qu’à cela ne tienne, les enfants ont tôt fait d’embarquer sur le kayak avec quelques vieux morceaux de pain en guise de présent. On les suit de près, sur le dinghy. À peine ont-ils mis le pied à terre qu’une armée de cochons sauvages, d’une taille honorable pour certains, se précipite sur nos moussaillons ! On débarque rapidement pour les aider à se débattre contre les groins affamés qui les assaillent littéralement avec des gémissements et des cris de frustration des petites et grosses bestioles. On sort les pains, qu’ils avaient déjà senti depuis un bout, et ils se jettent dessus comme la misère sur le pauvre monde ! On rit, les cochons sont vraiment jolis, les enfants sont comme des fous, et Ben manque de se faire mordre par un cochon entreprenant… Après quelques minutes, quand ils s’aperçoivent qu’on a plus rien à leur donner, ils se mettent à trottiner vers leur abri favori, ou bien se mettent à marcher à droite à gauche. Des bébés arrivent, adorables petits babes qu’on fusille de photos, avec leur petite queue en tire-bouchon et leur poil rêche qu’on essaie de caresser. Finalement, au soleil couchant, on assiste à la touchante scène qui réunit ces énormes bêtes, avachies sur le sable, et les petites mains de nos enfants, agenouillés auprès d’elles, et qui caressent avec bonheur l’épiderme épais de ces bestioles pacifiques. C’est tellement adorable, les enfants sont parvenus à émouvoir ces animaux qui semblaient si agressifs à notre arrivée, et qui semblent à présent totalement domestiqués !

Le lendemain matin, dès la première heure, Laé passe la tête par la porte de notre cabine : « Les parents, dites, est-ce que je peux prendre le kayak pour aller voir les cochons ??? ». Et les voilà repartis tous les trois pour aller retrouver ceux qu’ils ont désormais baptisés « Capucine, Pepsi, Capuce noir, Capoin» et tous les autres. Chacun s’en est trouvé un préféré et lui colle aux sabots ! Plus tard dans la matinée, alors que les mousses prennent leur petit déjeuner, un bateau rempli d’américains en vacance nous dépasse. Ils nous demandent où sont les cochons, on leur indique donc la plage, et ils mouillent juste à côté. Sur un kayak, ils vont voir de plus près nos nouveaux amis mais, surpris par les ébats pré-repas de ces animaux énormes, ils font demi-tour en vitesse à coup de pagaie effrayés! Les enfants rient en les voyant, et ne tardent pas à retourner voir leurs amis à poils. Un peu par bravade, histoire de montrer à ces touristes qu’ils n’en ont pas peur, eux, des cochons nageurs ! Comme de fait, les américains, rendus en sécurité sur leur gros bateau, regardent aux jumelles les enfants faire des mamours aux animaux qui viennent de leur fiche une grande frousse et ils rient comme des fous de leur réaction, admirent peut-être aussi un peu le culot de cette bande d’enfants qui ont apprivoisé les grosses bébêtes ! Juste avant que nous repartions pour la prochaine île, d’autres touristes sont arrivés en bateau et se sont arrêtés à quelques dizaines de mètres de la plage. Les cochons sont alors allés les rejoindre en nageant ! Ils sont venus quémander la nourriture, concurrencés par les sternes habiles qui volaient autour du bateau pour aller choper en vol les morceaux de pain que les gens jetaient aux cochons. Deux cochons sont allés jusqu’à nager vers Lam, à notre grand étonnement, compte tenu de la distance couverte ! Ça nage drôlement bien, un cochon !

 

Puis nous profitons du beau soleil pour aller faire du snorkeling a Thunderball cave, la grotte qui a servi de décor au James Bond du même nom. Un super souvenir pour enfants et parents que de plonger dans le tunnel pour ressortir dans la grotte, illuminée de puits de lumière, une eau d’un bleu incroyable. Et des milliers de poissons qui nagent dans le courant et se promènent d’un rayon de lumière a un autre. Au final, un spectacle de toute beauté. Avec Staniel Cay, notre excursion dans les Bahamas trouvent leur justification. OK, par rapport au Caraïbes on trouve l’eau un peu froide (24 degrés au lieu de 28), mais les paysages sont vraiment différents et le dépaysement total.

 

 

Fait froid aux Bahamas!!!

On April 23, 2012, in Uncategorized, by benoit
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WE tranquille à Georgetown. Anne est bien arrivée, mais une dépression nous cloue de nouveau au mouillage, vents de 35 à 40 nœuds dehors, pas un temps à sortir. Alors Anne nous fait ses crêpes délicieuses, on paresse sur Lam et on se repose. Lundi, première nav vers les Exuma, ça chahute drôlement à bord, en raison des vents qui se lèvent et de la grosse houle qui nous trimballe, tandis qu’on progresse en vent de face pour atteindre Big Farmers Cay, notre première escale. Escale que nous ne rejoindrons pas, on décide de s’arrêter avant, trop grosse mer et contre vent, courants et marée, on avance qu’à 3 petits nœuds… Mais Lee stockings Island nous accueille, et nous allons à terre faire une magnifique balade sur une île mangée de végétation séchée par les vents et le soleil. Après une promenade sur les roches et entre les feuilles de palmier pointues, on arrive au bord d’une longue plage de sable fin totalement déserte ! Bonheur des enfants, qui sautent à l’eau dans la seconde. Mais… surprise ! L’eau n’est pas franchement chaude !! D’ailleurs, depuis notre arrivée à Georgetown, on trouve que la chaleur est loin d’être au rendez-vous, on se languit des Bahamas qu’on attendait, avec sable chaud et mer délicieuse… Qu’à cela ne tienne, Anne et moi faisons notre yoga sur le sable blanc, Ben quant à lui termine la balade au sommet de la colline d’à côté.

 

 

Peace & Plenty & Bonheur en famille

On April 20, 2012, in Uncategorized, by benoit
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Arrivée jeudi à Georgetown après une nuit de navigation ! Ben nous a fait passer par un ‘cut’, passage avec des hauts fonds entre deux îles. On a retenu notre respiration pendant longtemps, parce que, sur des km, c’est seulement deux mètres de fond sous la coque, parfois moins… Surtout, au moment de franchir le cut, les cartes indiquent des profondeurs inférieures à notre tirant d’eau, et nous n’étions pas trop tentés par l’idée de s’échouer ainsi au milieu de nulle part… Les bleus là-bas sont hallucinants, s’étalant sur des couches qui se superposent à l’horizon. Bref, on finit par passer, malgré les courants, les hauts fonds et les rochers environnants!

Quelques milles plus loin, Georgetown la fameuse, avec ses petites baraques colorées, les rues un peu sales et le pittoresque des petits commerces locaux. Le soir de notre arrivée, on décide qu’on se mérite un bon petit resto pour fêter la fin de la nav fatiguante qu’on vient d’achever, et nous voilà partis, marchant sur le bord de la route, en quête d’une échoppe attirante. Une voiture de police nous dépasse, le gars nous demande si l’on cherche quelque chose, serviable. On lui explique, il nous indique un bouiboui vers lequel lui-même se rend pour souper ! Finalement, on n’ira pas, trop loin, le long d’une route achalandée, on va pas risquer notre vie pour un poisson grillé ! À la place, on choisit d’aller à Peace & Plenty, petit hotel restaurant qui domine la baie, apparemment connu sur la place, et qui nous fait de l’œil avec son BBQ au bord de la piscine. Soirée mémorable. Bouffe simple et bonne, on en profite pour goûter à la bière locale et Ben au rhum du coin. Puis orchestre local. On commence à danser Ben et moi. Et là, déclic. Les enfants déclarent que c’est la première fois qu’ils nous voient danser ensemble !!! Alors on s’en donne à cœur joie, enchaînant quelques rocks et un slow, sous leur regard attendri… Soirée délicieuse, on prend la mesure de ce qui nous réunit et cela en fait un moment magique…

Demain, Anne débarque pour 10 jours ensemble, on a bien hâte de la voir !

 

 

 

Arrivée aux Bahamas

On April 17, 2012, in Uncategorized, by benoit
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Ce matin, tentative pour reprendre la nav vers Georgetown après une escale forcée à Great Inagua. L’île est grande, par rapport à ses petites sœurs des Bahamas. Il reste que c’est plat comme une galette (protection anecdotique contre les vents…) et que la végétation est peu présente, battue par les vents et les embruns. Ici, les gens vivent au ralenti, l’activité économique y est à son minimum. Des pick up énormes transportent les locaux, qui seront nombreux à s’arrêter pour proposer leurs services à notre petite famille marchant sur le bord de la route. On débarque au ‘general store’ pour voir ce qu’on peut acheter en nourriture, et, sur le pas de la porte, Ben demande à une femme où sont les services de douane et d’immigration. Elle prend d’emblée son téléphone portable, leur envoie un SMS pour leur indiquer notre arrivée. Ensuite, on commence à marcher dans les rues à moitié désertes de ce samedi matin. Vieilles baraques mal entretenues, blancheur éblouissante des murs sous la chaleur écrasante, la route poudroie tandis que le soleil blanchoit… Ici, les ouragans font des désastres tous les ans. Une pitié. Alors les gens de l’île passent leur temps à reconstruire, quand ils ne sont tout simplement pas fatigués de ces efforts assez vains… Il reste que nous dégottons quelques chantiers de constructions qui semblent vaguement à l’abandon. Au loin, le vrombissement continu de la centrale thermique qui fournit pour tout le coin de pays.

Finalement, un autre gros pickup nous dépasse soudain : « Are you looking for immigration services ? ». Et voilà. La demoiselle avec son SMS a rameuté la garde locale, et nous voici dans le pickup qui nous amène aux services d’immigration tant cherchés. On nous avait dit qu’ils étaient pourtant fermés le samedi, mais en fait, ils se déplacent à la demande ! Efficacité et gentillesse en prime !

Nous resterons plusieurs jours à cet endroit, attendu qu’une dépression nous cloue sur place, avec des vents (au mouillage) qui atteignent les 30 nœuds… On imagine les vagues que cela doit produire au large… De toute façon, la pause est bienvenue, étant donné que Ben traîne une grippe attrapée plus tôt aux îles vierges, et qu’il a malgré tout fait ses quarts de nuit sans broncher, alors même qu’il était inapte à la tâche ! Tout le monde en profite donc pour s’adonner à une activité qu’on a pas faite depuis le début de ce tour du monde : NE RIEN FAIRE !!! On fait cocooning à volonté, ça nous rappelle le Canada des tempêtes de neige, quand on ne peut rien faire d’autre faute de pouvoir sortir. L’eau est miraculeusement transparente, les couleurs ici nous sidèrent tant elles sont improbables. Des tons dans les camaïeux de bleus se déclinant sur toutes les lumières imaginables. C’est le temps de faire des crêpes et de regarder des films, alors on s’en donne à cœur joie et on s’endort à coup de siestes qui s’étirent en longueur. Bonheur !

Mais ce matin, donc, tentative de repartir pour être à Georgetown à temps pour accueillir notre amie Anne, à qui on a finalement demandé de se rendre directement là-bas et  non à Nassau comme prévu initialement. Ça nous épargne 24h de navigation et sachant que le temps n’est pas fameux, on se préserve des catastrophes. Car il n’est rien de plus dangereux que de prendre la mer avec des impératifs d’horaire. On a donc rebroussé chemin, en raison des 25 nœuds de vent entre autre, mais surtout parce que les grosses vagues désordonnées que Lam prenait de côté (allure de travers) faisait dangereusement vibrer les haubans, menaçant du même coup notre mât, qui n’aime pas les chocs trop sévères. Ben a jugé plus prudent de remettre la navigation au lendemain, plutôt que de subir ces mouvements pendant les 20 prochaines heures… Ça nous prend plusieurs heures pour rejoindre Man of War Bay, dans un autre coin de Great Inagua. Là aussi, eau merveilleusement turquoise et transparente. Nous sortons masques et tubas pour vérifier si les patates de corail alentour sont assez basses pour laisser Lam passer sans s’écorcher au mouillage. Et là, stupeur. Le corail est magnifique, les poissons énormes. Ça ressemble à une nature intouchée et qui prolifère de l’absence des humains. Car l’endroit est loin d’être fréquenté, exposé au vent et aux ouragans, dénuée de toute route et de maisons. Sauvage.